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Review Pilot – Kin : on continue ou pas ?

Présentée cette année à Séries Mania, Kin est la nouvelle série irlandaise de Peter McKenna pour RTÉ et AMC+. Que vaut le premier épisode de cette saison sur la guerre des gangs au cœur de Dublin ?

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Si l’on vous dit famille soudée, accents irlandais et gangs adverses, vous nous dites… Peaky Blinders ? Raté, quoique les deux séries aient des acteurs en commun. Kin est une histoire contemporaine et le premier épisode nous emporte dans la capitale irlandaise.

Comme dans la famille Shelby, quand les affaires ne vont pas, les liens du sang sauvent la mise. Dur dur d’être impliqué dans le milieu du crime quand un baron de la drogue se donne pour mission de nous écraser. Mais les Kinsella n’ont pas dit leur dernier mot ! Parfois ce qui rassemble le plus les membres d’une même famille, ce n’est pas l’amour… mais la soif de vengeance. Quand l’un des leurs est assassiné, le clan n’a d’autre choix que de faire front ensemble pour défendre leur avenir.

« Kin », c’est bien évidemment la particule du nom irlandais Kinsella (qui signifie « proud », « fier », NDLR) ; mais c’est également un mot d’anglais un peu plus ancien, qui désigne les liens de sang et l’attachement familial. Un titre parfait pour une série de cette envergure. Dans ce premier épisode, il est clair dès les premières minutes de la « petite entreprise familiale » est en réalité bien ancrée dans la vie de chacun des membres. Ici, pas de secrets, tout le monde est impliqué. Tout est prétexte à blanchir de l’argent et à paraître « réglo », même le concessionnaire de la belle-fille ou l’institut de beauté de la nouvelle petite amie de l’un des leurs…

Car Kin n’échappe pas vraiment au cliché des séries du genre : les gangs et la drogue sont un milieu essentiellement masculin. Mais ! Car oui, il y a un mais. Si elles sont peu nombreuses, les femmes Kinsella n’ont pas dit leur dernier mot.

On pourrait difficilement demander mieux en matière de photographie et de casting. Dans la famille Kinsella, je voudrais… Jimmy (Emmett J. Scanlan, vu dans Peaky Blinders ou Gangs of London), le père de famille, qui n’hésite pourtant pas à torturer un client à grand coup de fer à repasser pour récupérer son dû. Je demande ensuite à la mère, Amanda (Clare Dunne, Spider-Man: Far From Home) qui n’a d’autre choix que de participer à la magouille familiale avec l’espoir que ses deux fils restent loin, très loin, de l’héritage traditionnel.

Mais ce n’est pas tout. Il y a également Michael, (le génialissime Charlie Cox, Daredevil) tout juste sorti de prison et qui espère se remettre dans le droit chemin afin de voir sa fille, Anna. Ce qui ne plaît pas au patriarche, le grand-oncle Frank (l’incomparable Aiden Gillen, Game of Thrones, Peaky Blinders) qui voit son petit empire s’écrouler, car les nouvelles générations de son clan comme des adversaires se sont mis en tête de tout renverser. En haut de la liste, il y a le troisième frère, Eric « Viking » (Sam Keeley, Misfits, Raw), une tête brûlée dont le sang chaud mènera peut-être la famille entière à sa perte.

Heureusement, il y a aussi Bridget “Birdie” (Maria Doyle Kennedy, Outlander, Orphan Black) la tante, la force tranquille et la poigne de fer dans un gant de velours. Face à eux se trouve Eamon Cunningham (le monument sacré Ciarán Hinds, Game Of Thrones, Rome), un baron de la drogue qui compte bien ne faire qu’une bouchée des Kinsella. Va-t-il réussir ?

À travers les rues de Dublin, la toile de fond du premier épisode de Kin se déroule et s’étire pour faire comprendre au spectateur toute la complexité (voire la toxicité) des liens de sang. Quand on est un clan soudé, on ne fait pas ce qu’on veut. Dur de dire non et de décider de ne plus faire partie de l’entreprise. Tout le monde ou presque vit dans la même rue, à proximité suffisante pour être protégé par les autres… ou surveillé. Difficile d’échapper à la drogue, à son destin et surtout… à sa famille.

En conclusion, impossible de ne pas continuer après ce premier épisode de Kin. Certes le rythme est lent et l’intrigue s’installe calmement, mais les dernières secondes sont un coup de point, un retour aux premières images, qui ne nous donne d’autre choix que de poursuivre. Si Kin n’a pour l’instant pas de diffuseur français, la série a déjà été renouvelée pour une saison 2, de quoi nous faire apprécier encore un petit moment les combats de la famille Kinsella.

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