L’actrice qui incarne la jeune Catherine de Medici, Liv Hill (The Great) se confie sur les difficultés rencontrées sur le tournage mais aussi sur la complexité de son personnage dans cette interview exclusive. Pour rappel, The Serpent Queen est disponible sur Lionsgate+ en exclusivité.
1 – Que pouvez-vous nous dire sur la série et sur votre personnage, la reine Catherine ?
The Serpent Queen se déroule au 18ème siècle en France et raconte l’histoire de Catherine de Medici et son évolution en tant qu’orpheline italienne jusqu’à son ascension en tant que reine de France. Le spectateur découvre un monde très brutal, très dangereux et menaçant. Cela nous montre la montée en pouvoir de Catherine, mais également ô combien elle était déterminée à survivre. On voit comment elle s’est montrée plus maline que les autres à la Cour pour sauver son mariage avec le prince Henry et survivre.
Je joue la version adolescente de Catherine et Samantha Morton la version adulte de celle-ci. Ma version de Catherine est prudente et discrète, très très intelligente. La façon dont je l’ai construite, c’est à travers ses yeux, son point de vue, sa façon d’être vigilante et sur ses gardes. Elle est constamment dans un état de survie.
Elle est particulièrement connue pour être une figure historique dite “malfaisante”. Apparemment, la méchante reine dans Blanche-Neige et les sept nains a été inspirée par elle. La série montre qu’elle a beaucoup plus de profondeur que ça, et que la grande partie des choix brutaux et sans pitié qu’elle a faits venait d’un état de désespoir. Cela nous fait nous demander : “Jusqu’où pourriez-vous aller afin de survivre ?” C’est exactement ce qu’elle a fait. Je la vois comme une anti-héroïne très cool.
2 – Catherine est très seule, et a une relation compliquée avec la religion et l’autorité, comment avez-vous navigué entre ces aspects ?
C’est une série très pertinente culturellement, notamment grâce à cet aspect religieux, à cette corruption religieuse et politique, l’inégalité de genre et d’autres choses qui sont évidentes par rapport au contexte historique. Je ne veux pas être comme un disque rayé, mais l’intention de Catherine était de survivre. Elle allait s’aligner avec n’importe quelle idée politique et religieuse qui la garderait en vie. Particulièrement au début, elle n’avait pas beaucoup de choix, elle ne pouvait rien faire si ce n’est épouser le prince et tomber enceinte. Ce qui s’est montré très difficile.
C’était mon intention la plus pure sur le tournage, je me répétais “essaye de survivre, essaye de survivre.” Ce qui semble simple, mais… oui, j’imagine que c’est simple.
3 – La façon dont la série casse le quatrième mur semble très moderne pour une série historique, était-ce bizarre pour vous de travailler de cette façon ?
C’est exactement ça ! Quand j’ai lu le script, je me suis dit que je n’avais jamais vu un drame historique, quoique maintenant j’en ai vu un autre récemment… Je n’avais jamais vu de drama historique qui cassait le quatrième mur de cette manière et qui parlait directement à la caméra. C’est un incroyable cadeau de pouvoir faire ça.
C’est une série parfois très brutale et violente, vous avez besoin de ces petits moments où le personnage se tourne vers la caméra et où le public peut enfin respirer. C’était un tel plaisir de pouvoir faire cela. J’aimerais pouvoir faire ça pour chaque rôle pour être honnête ! C’était très sympa. Le scénario prenait vie, je n’avais pas besoin d’en rajouter beaucoup.
4 – En parlant de pièces d’époque, vous portez de magnifiques robes et perruques dans la série, mais tout semble si lourd ! Comment était-ce de jouer avec tout ça ?
Je dois remercier Karen Muller, notre cheffe costumière, ainsi que toutes les personnes qui travaillent au maquillage et aux costumes, ce sont les meilleures personnes avec qui j’ai pu travailler. Tout était magnifique, l’attention aux détails sur ces costumes, on voit qu’ils aiment cela également, on sent leur passion à travers le tissu.
En effet, c’était très très lourd et nous avons tourné en été dans le sud de la France vers la Loire, où il faisait évidemment très chaud. J’essaye de ne pas me plaindre, je ne pense pas l’avoir fait sur le tournage, mais je me suis plainte auprès de mes collègues. “C’est terrible, c’est horrible !” Dans tous les cas, c’était très fun de pouvoir porter ces costumes et ça a changé ma posture. Même maintenant, je me tiens plus droite, c’est une leçon de vie.
5 – La nuit de noces avec Henry est particulièrement gênante, comment avez-vous réussi à travailler avec autant de personnes, d’acteurs et de membres de l’équipe sur le plateau ?
Pour être honnête, on est tellement couvert, les costumes sont extraordinaires, ça laisse place à l’imagination. On ne peut rien voir si ce n’est nos visages. En réalité c’était extraordinaire. C’était gênant à filmer évidemment, mais les acteurs étaient tellement bienveillants, l’équipe également. Ils étaient tous français, ils étaient peut-être moins coincés sexuellement que les Britanniques, je ne sais pas.
C’était en vérité assez mécanique, ce qu’on a tourné. La réalisatrice Stacie Passon était merveilleuse, elle détendait l’atmosphère. Tout s’est fait très rapidement, c’était top !
