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Désordres : l’avis de la rédac’ sur la saison 1 !

Désordres, la série que signe Florence Foresti, s’achève ce lundi 24 octobre sur Canal+. C’est l’heure du bilan !

SPOILERS ALERT :
Cet article contient des éléments importants de l'intrigue.

Désordres n’est pas le titre du nouveau spectacle de Florence Foresti mais bien celui de la série qu’elle vient de signer, jouer et co-réaliser avec Pascal Serieis. Une envie qui habite l’artiste depuis bien longtemps et qui concrétise enfin ce projet débuté en 2016 ! Tourné en 2021, le show compte 8 épisodes de 30 minutes et est diffusé entre le 3 et le 24 octobre 2022 sur Canal+ à raison de deux inédits par semaine. L’intégralité est disponible sur l’application MyCanal.

Derrière et devant la caméra, on retrouve Florence Foresti qui met en scène sa vie quotidienne de femme, d’amie, de maman, de célibataire et d’artiste. Au casting à ses côtés, son agente et amie Béatrice est jouée par Béatrice Facquer ; ses bonnes copines Manue et Julia sont respectivement interprétées par Laetitia Vercken et Anouk Feral ; Christophe Canard prête ses traits à son horripilant voisin ; son complice de toujours Pascal Serieis est incarné par Clément Bresson ; son jeune béguin est joué par Renan Pacheco ; le papa de Lise est interprété par Stéphane Debac et la figure de la Mort par Luc Antoni. A noter les apparitions dans leurs propres rôles d’Audrey Lamy et Baptiste Lecaplain.

Décrit comme un Sex & the City à la française, qu’en est-il vraiment de ces Désordres ? Voici notre avis sur cette première saison.

  • La vraie-fausse vie de Florence Foresti

©Canal+/Désordres

Son véritable ancien appartement, le neveu de son propre chien, sa vraie femme de ménage, des prénoms identiques… Seule sa fille reste dans l’ombre pour des raisons évidentes et la seule facette de l’actrice que l’on ne voit pas vraiment est celle de maman. Mais à part ça, tout est fait pour brouiller les pistes entre la réalité et la fiction relatées par la comédienne dans sa série. Le choix de l’autofiction est un risque mais après tout, on n’est jamais mieux servis que par soi-même, n’est ce pas ? Qui mieux que Florence Foresti pour parler de la vie de Florence Foresti ? Ce parti pris va permettre aux téléspectateur·ices de voir l’envers du décor de sa vie d’artiste et même de s’identifier à ce personnage public… qui est finalement comme tout le monde. Car c’est bien là ce que veut démontrer la comédienne : nous sommes tou·tes pareil·les avec nos joies, nos peines, nos espoirs, nos « désordres ». Avec sa série, Florence Foresti parle de l’individuel et touche l’universel.

  • Un Sex & the City à la française ?

©Canal+/Désordres

Florence Foresti se dit amatrice des séries des années 90, et plus particulièrement de celle-ci. L’idée de faire un Sex & the City parisien est d’ailleurs évoquée dans le show dès le premier épisode mais la réalisatrice démonte elle-même ses ambitions dans une parodie à l’américaine de la série et de son adaptation française. Evidemment cela va sans dire, l’auto-dérision est à la base de la série ! Même si Désordres est beaucoup moins glamour que Sex & the City, elle y pioche tout de même quelques ingrédients : l’héroïne connue, son appartement, sa bande de copines et ses sorties. Même son béguin sur le jeune vendeur de chaussures nous rappelle le couple formé par Sam (Kim Cattrall) et Smith (Jason Lewis). Les histoires sentimentales de Florence et ses amies sont bien évidemment abordées dans la série également. Au final, même s’il y a un désir d’hommage de la part de la réalisatrice, Désordres n’a pas besoin d’être comparée à Sex & the City car elle a son identité propre.

  • Une comédie sur la forme...

Et son identité c’est avant tout une comédie (mais pas que). Florence Foresti nous propose ce qu’elle sait faire de mieux : l’humour. Que ce soit quand elle « fait parler » son chien, quand elle galère au yoga, quand elle se retrouve à la pharmacie avec des serviettes hygiéniques XXL et un anti-hémorroïdes face à son crush, qu’elle se coupe les cheveux en voyant une couverture de magazine ou qu’elle se ridiculise dans des événements officiels, elle nous fait rire. Même si certaines situations sont parfois cliché, elles sont assumées puisqu’il s’agit d’une convention de fiction. Alors bien évidemment ce sera la yogi surdouée qui s’avèrera être la copine de son premier coup de cœur et ce sera la top-model du magazine de mode qui se trouvera être celle de son dernier, mais cela fait partie du jeu.

©Canal+/Désordres

Autre singularité de la série : les moments de playback de l’héroïne. Une marque de fabrique qui date du confinement de 2020 en temps de crise pandémique où la comédienne s’amusait sur Instagram à pousser pour de faux la chansonnette. Mais sous couvert d’humour, la réalisatrice « dénonce » certaines réalités quotidiennes à différents niveaux : les mères d’élèves odieuses qui finalement ne font pas mieux qu’elle, le sexisme inversé (#NotMe) lorsqu’elle et ses copines reprochent aux hommes leur comportement de goujats et qu’elles se mettent à siffler des pompiers, son rapport avec la célébrité pas toujours évident et les attentes des gens qui la pensent toujours disponible (mention spéciale à son horripilant voisin), etc. En bref, Désordres tend vers la dramédie et des sujets souvent très sombres… 

  • ... avec un fond dramatique

Anxiété, hypocondrie, avortement, thanatophobie, dépression, suicide… Les sujets sensibles évoqués dans le show ne manquent pas et donnent même leur nom au titre, Désordres. C’est dire s’ils tiennent un rôle important dans la vie de l’artiste ! Ces thèmes sont souvent amenés mine de rien de façon légère voire parfois humoristique. Par exemple, lors de la crise d’angoisse de Florence dans le final du premier épisode, la mise en scène se veut comique : la comédienne pensait qu’elle allait mourir, elle a donc appelé les pompiers mais ils sont tellement habitués à ses fausses alertes qu’ils sont familiers avec elle et vice-versa. Ou encore : la concurrence drolatique entre elle et Audrey Lamy amène en réalité à une réflexion sur le jeunisme ambiant et la difficulté de ce métier… Surtout que son image la travaille puisqu’elle a peur de vieillir… et de mourir.

©Canal+/Désordres

En effet, la Mort rôde (au sens propre). Ce compagnon de vie qu’elle traine comme un boulet la suit au quotidien et empoisonne son mental. En fin de saison, Florence Foresti traverse un épisode dépressif qui la plonge dans une apathie et neurasthénie profondes. La dépression n’est pas glamourisée, nous vivons sa maladie telle que la comédienne la vit. Et même si elle a « tout pour être heureuse » comme lui dit son ami Pascal en pensant l’aider, elle n’y arrive tout simplement pas. La réalisation retranscrit parfaitement son état : d’abord bancale et enfermée, elle devient lumineuse et extérieure. Puis Florence trouve des petites joies pour remonter la pente (voir sa fille danser, caresser son chien, monter sur scène) et Florence apprend à s’accepter (elle a notamment progressé au yoga et n’a finalement rien à envier à la jeune yogi aux orteils cauchemardesques). Chaque petit pas qu’elle fait en est un grand pour elle. Et c’est ainsi que Désordres termine sur une note positive : l’espoir et l’avenir.

En conclusion, Florence Foresti signe une série sur elle mais aussi sur nous. La force de Désordres, c’est d’aller de l’individuel vers l’universel. Malgré quelques maladresses parfois, on se prend à suivre le quotidien de l’artiste et à ressentir ses joies et ses peines. La créatrice-actrice-réalisatrice nous fait rire mais elle nous surprend également, notamment avec l’allégorie de la Mort. Même si le ton devient plus sombre en seconde partie de saison, nous terminons la série le sourire aux lèvres. Nous ne voyons pas le temps passer tant le show est divertissant et nous avons envie de chanter sur l’entraînante bande-son avec l’héroïne ! Avec Désordres, Florence Foresti réussit son pari. A quand la saison 2 ?

Notre note :

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