Review Pilot – Les Misérables : on continue ou pas ?

Cosette, Jean Valjean, Fantine, Javert… Tous ces noms vous disent forcément quelque chose. S’ils ne vous évoquent pas Les Misérables (1862) de Victor Hugo, dont ils sont issus, peut-être vous rappellent-ils le film oscarisé éponyme de 2012 où Hugh Jackman, Anne Hathaway et Russell Crowe, poussent la chansonnette ? Il existe une trentaine d’adaptations cinématographiques et une dizaine télévisuelles du chef-d’oeuvre de Victor Hugo. En 2018, la BBC One livrait sa version des Misérables en six épisodes. Cette mini-série débarque aujourd’hui en France sur StarzPlay, le service de streaming vidéo par abonnement de la chaîne américaine Starz. Que présage le premier épisode de cette nouvelle adaptation ?

Les Misérables version BBC One est adaptée par Andrew Davies (House of Cards, Guerre et Paix) et réalisée par Tom Shankland. Lily Collins en Fantine, Dominic West en Jean Valjean, David Oyelowo en Javert et Olivia Colman (Broadchurch, The Crown) en Madame Thénardier, la mini-série promet des interprétations d’exception avec un tel casting. Ce premier épisode reste cependant assez timide dans le jeu des acteurs et des actrices. Après une superbe scène d’ouverture d’un champ de bataille recouvert de cadavres au lendemain de la défaite française de Waterloo, la série revient dans une forme de mise en scène très classique de l’adaptation du roman de Victor Hugo. Les robes et le mobilier de style empire sont très beaux et s’intègrent parfaitement dans le décor, les personnages sont tous coiffés et maquillés comme on s’y attend, aucun élément ne semble attirer l’oeil ou surprendre. La mise en scène au bagne à Toulon, où Jean Valjean est condamné à passer 19 ans pour avoir volé du pain et rencontre pour la première fois Javert, rappelle même celle du film de 2012. On attendrait presque que Dominic West et David Oyelowo commencent à fredonner.

Jean Valjean, Javert, Fantine et ses longs cheveux, Monsieur Thénardier, Marius, Cosette, tous les personnages principaux sont introduits plus ou moins directement dans l’épisode. En 50 minutes, il plante le décor et instaure les différents arcs narratifs du récit, sans longueur particulière mais aussi sans surprise. Les répliques suivent fidèlement le texte de Victor Hugo et la narration se concentre principalement sur deux histoires : celle de Jean Valjean et celle de Fantine. (Attention spoiler) Après un rappel du passé des deux personnages, l’épisode s’achève avec les deux premiers rebondissements de la série : le début de la rédemption de Jean Valjean qui s’est engagé à devenir un honnête homme et, en opposition, le commencement de la descente aux enfers de Fantine qui vient de se faire quitter par « l’amour de sa vie » et accessoirement le père de son nouveau-né. (fin du spoiler) De nombreuses péripéties restent encore à venir…

Bien que Les Misérables d’Andrew Davies ne semble pas, de prime abord, prendre de grands risques ni révolutionner l’histoire des adaptations audiovisuelles de l’oeuvre de Victor Hugo, la mini-série a le mérite de transmettre avec justesse un monument de la littérature française et de toucher un public peut-être plus friand de séries télé que de livres.

Après cet agréable pilot, on se laisserait bien porter encore le temps des six épisodes de la série, autant pour replonger dans l’histoire de Victor Hugo que pour découvrir la Madame Thénardier d’Olivia Colman.

AgatheBaie

AgatheBaie

Agathe, 25 ans, ex-sorbonnarde et ex-étudiante en journalisme culturel à l'ESJ Paris. Je suis à la fois passionnée par le cinéma hollywoodien - que ce soit celui qui nous met des étoiles plein les yeux ou celui qui nous fait réfléchir - et fan de séries ! J'aime énormément de genres différents : science-fiction et fantastique, super-héros, drames, historiques, horreur... Mes plus gros coups de cœur : Game of Thrones, Glee, Ally McBeal, Buffy contre les vampires, Outlander et Sweet/Vicious. Elles ont un point commun : des personnages féminins forts et charismatiques, avec du caractère et traitent de sujets culturels ou de société qui nous touchent tous et toutes.

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