Journée mondiale de lutte contre les LGBTphobies : les représentations LGBTQIA+ dans les séries

Nous sommes le 17 mai, mais c’est surtout la Journée Mondiale de lutte contre les LGBTphobies. Une fois n’est pas coutume, nous avons voulu marquer cette journée par un dossier spécial. Les personnages LGBTQI+ ne sont pas légion à la télévision (malgré ce qui peut se dire çà et là), pourtant, leur présence est indéniablement importante. Aujourd’hui, nous faisons le point sur la place des représentations des LGBTQI+ et sur l’importance de celles-ci.

  • LGBTphobies ? Kézako ?

Avant toute chose, peut-être que certain.es d’entre vous ne connaissent pas encore la signification exacte de LGBTQIA+. Contrairement à ce que l’on peut entendre parfois, « c’est les gays » n’est pas du tout une définition correcte du terme. Il s’agit même d’une interprétation très réductrice voire insultante de l’anagramme. Le L est pour lesbienne, le G pour gay, le B pour bisexuel.le, le T est pour transgenre, le Q est pour queer, le I pour intersexe et la A pour asexuel.le/aromantique. Le petit + est pour toutes les autres identités de genres ou orientations sexuelle ne se reconnaissant pas dans la case cis et hétéronormée. Si certains termes vous échappent, n’hésitez pas à vous renseigner, sur internet ou même sur les réseaux sociaux auprès de personnes concernées.

Les LGBTphobies englobent donc tous les types de discrimination envers la communauté LGBT+. De l’homophobie, à la transphobie en passant par l’embyphobie, ces actes sont totalement illégaux et peuvent être condamnés. Pourtant, ils sont monnaie courante, et pour cause, les violences LGBTphobes peuvent prendre diverses formes. Tout le monde connait et admet (en théorie) les violences physiques et les insultes frontales, pourtant, elles sont loin d’être les seules. Puisque la liste est longue et que le but d’aujourd’hui n’est pas d’en faire une énumération, nous allons nous intéresser particulièrement au fait de nier et cacher l’existence des membres de la communauté LGBT+. Le fait d’ignorer totalement quelqu’un et de nier une partie de son identité est une violence psychologique qui peut avoir de graves conséquences.

Unique (Alex Newell) dans Glee (FOX)

En cela, les représentations à la télévision (tout comme au cinéma, dans la littérature ou partout ailleurs) sont importantes puisqu’elles peuvent être un soutien, une aide voir un modèle pour les plus jeunes (ou moins jeunes d’ailleurs). Les questionnements autour de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre ne sont pas rares et les représentations dans la pop culture favorise le sentiment de légitimité auprès des concerné.es.

  • Les premières représentations

De 1965 à 1969 la chaîne américaine CBS a diffusé la série Les Mystères de l’Ouest, et même si aucun personnage n’est ouvertement LGBT+ dans la série, beaucoup y voient un sous-texte. En effet, la série suit l’histoire de James (Robert Conrad) et Artemus (Ross Martin), deux agents du United States Service qui parcourent l’Ouest Américain afin d’affronter leurs adversaires. Malgré les mœurs de l’époque, le producteur de la série Michael Garrison était, déjà à l’époque, out. Une partie de l’audience a vu dans la série un sous-entendu homosexuel ainsi que des allusions dans ce sens tout au long des épisodes du show. C’était un peu maigre, mais à l’époque nous devions nous en contenter.

Dans les années 80, la série Dynasty intègre un personnage gay en la présence de Steven Carrington. A l’époque, c’est révolutionnaire puisque très peu de personnages LGBT+ sont présents à l’écran, et Dynasty est une série populaire diffusée en Prime Time. Steven est d’ailleurs considéré par beaucoup comme le premier personnage LGBT+ de l’histoire de la télévision. Evidemment, la représentation est bancale, le personnage n’est pas traité correctement, ce qui vaudra d’ailleurs à l’interprète original, Al Corley, de laisser sa place à Jack Coleman. Dans la même lignée (et avec des amélioration sur le traitement réservé au personnage au passage), nous retrouvons Matt Fielding (Doug Savant) dans Melrose Place en 1992, puis en 1998, Jack (Kerr Smith) dans Dawson.

Steven Carrington (Al Corley) dans Dynasty (ABC)

En ce qui concerne les relations lesbiennes, le Royaume-Uni s’impose en 1985 avec son saop EastEnders en y intégrant le personnage de Ruth Lyons (Judy Liebert). Aux Etats-Unis il faudra attendre Ellen en 1994 pour avoir une représentation notable. L’actrice qui l’interprète, Ellen DeGeneres, elle-même lesbienne, est encore aujourd’hui considérée comme une des icônes les plus influentes de la communauté LGBT+. Plus tard, en 1997, c’est le personnage de Willow (Alysson Hannigan) dans Buffy contre les vampires qui fait son apparition et qui reste aujourd’hui emblématique, et pas seulement de par son orientation sexuelle, ce qui est assez important et rare pour être noté. Aujourd’hui iconique, nous noterons également la série Xena La Guerrière. Même si le show tourne autour du pot longtemps, la relation de couple de Xena (Lucy Lawless) et Gabrielle (Renée O’Connor) est indéniable. C’est un schéma qui se répétera plutôt souvent puisque les lesbiennes à la télévisions (et pas seulement) sont invisibilisées lorsqu’elles ne sont pas carrément fétichisées. C’est un peu la double peine puisque les lesbiennes subissent à la fois l’homophobie et le sexisme. Autant dire que les bonnes représentations ne sont pas légion, et que nous avons dû les attendre longtemps.

Le sujet des personnages bisexuels est assez complexe. En effet, s’il faudra attendre 1993 aux Etats-Unis dans Star Trek: Deep Space Nine pour avoir un personnage ouvertement bisexuel à l’écran (non humain mais encore une fois il fallait s’en contenter), le fait est que, souvent, certains personnages le sont mais le terme est invisibilisé. La plupart du temps les concernés « deviennent gay » ou « deviennent lesbienne », il y a rarement un entre deux. Comme les lesbiennes, les bisexuel.les sont souvent invisibilisés, même si ce n’est pas pour les mêmes raisons. En 1997, nous pouvons tout de même retrouver pas moins de deux personnages bi dans la série HBO Oz. Aujourd’hui, les représentations se démocratisent un peu mais restent timides : le terme est très rarement utilisé/prononcé, et c’est encore pire en ce qui concerne les pansexuel.les.

Jadzia Dax (Terry Farrel) dans Star Trek Deep Space Nine (Syndication)

Il en va de même pour les personnages transgenres. Longtemps mal vus par la société, les mœurs ont un peu évoluées mais il faut dire que c’est difficile. En 1977, la première représentation transgenre se fait dans la série The Jeffersons avec le personnage d’Edie Stokes (Veronica Redds). La cultissime série Friends (1994) incorporera un personnage transgenre, mais les retours sont plutôt négatifs. La série sera de nombreuses fois accusée de transphobie. La co-créatrice de la série, Marta Huffman a d’ailleurs récemment déclaré que le traitement bancale de l’homosexualité et de la transidentité était son plus gros regret concernant le show. Il faudra attendre 2007 pour qu’une femme transgenre soit jouée par une personne concernée dans la série Dirty Sexy Money par Candis Cayne.

En ce qui concerne les autres membres de la communauté LGBT+ il aura fallu s’armer de patience avant de pouvoir parler de réelle représentation. Pour certains, elles sont d’ailleurs toujours inexistantes. Freaks and Geeks, série culte de 1999 intégrera tout de même un personnage intersexe, mais il s’agit d’un personnage très secondaire et son traitement demeure bancale. Les représentations intersexes sont, encore aujourd’hui, extrêmement rares et nous pouvons les compter sur les doigts d’une main. Pour les personnages asexuels, il faudra carrément attendre 2014 avec le personnage de Todd (Aaron Paul) dans la série animée BoJack Horseman pour que le terme soit mentionné.

  • Des séries LGBT+

C’est à partir des années de la fin des années 90 et début des années 2000 que les premières séries dédiées aux thématiques LGBTQI+ se développent peu à peu. Toutefois, nous remarquons assez aisément que les représentations ne concernent globalement que les gays, les lesbiennes et les bi, voire que les gays et lesbiennes, voire même… Que les gays. Les représentations sont souvent stéréotypées ce qui a créé dans l’esprit collectif une image (erronée) d’à quoi est censé ressembler un gay ou une lesbienne. C’est en partie à cause de ça que nous pouvons entendre « Oh mais tu es gay ? Ça ne se voit pas du tout, j’aurais jamais deviné ! » Le fait est que nous sommes tou.tes différent.es, peu importe notre sexualité.

En 1999 est diffusé le premier épisode de Queer As Folk, une série précurseur dans le genre et plébiscitée par le public de par son réalisme (utilisation de préservatifs, problématiques pertinentes…). La série fera d’ailleurs l’objet d’un remake américain dès 2000. En 2004, la série The L Word est révolutionnaire pour l’époque puisqu’elle contient une majorité de personnages lesbiens. Elle représente donc, en plus de la communauté lesbienne, une majorité de femmes. La série a d’ailleurs récemment eu droit à un revival, The L Word Generation Q, qui est encore plus inclusive que la série mère, ce qui n’est pas peu dire.

Affiche promotionnelle pour The L Word: Generation Q (Showtime)

Pas essentiellement centrée sur la communauté LGBT+, la série Glee a été et est encore connue pour les représentations qu’elle contient. Beaucoup de millenials ont grandi avec la série et les personnages de Kurt (Chris Colfer), Santana (Naya Rivera), ou encore Unique (Alex Newell) qui ont énormément inspiré et aidé cette génération. La série est co-créée par Ryan Murphy (American Horror Story), lui même ouvertement homosexuel. La série contient quelques maladresses mais a le mérite d’avoir su partager de la positivité et des valeurs comme la tolérance, le vivre ensemble et l’ouverture d’esprit avec beaucoup de jeunes. La série traverse d’ailleurs les générations maintenant que l’intégrale est disponible sur Netflix.

Sur Netflix, c’est la série qui a « cassé internet » lors de son annulation qui a est devenue partie intégrante de la culture LGBT+. En effet, Sense8, en plus de contenir un large panel de personnages LGBT+, est créée et écrite par les soeurs Wachowski (Matrix), toutes deux transgenres. La série est également connue pour la diversité ethnique de ses personnages. Pour l’anecdote, Aml Ameen, le premier interprète de Capheus dans le show, a été recasté après avoir eu des propos transphobes. Il fut remplacé par Toby Onwumere qui repris le rôle en saison 2 et pour le film final. Sense8 a notamment tourné une séquence complète de la deuxième saison lors de la Pride de Sao Paulo.

Lito (Miguel Angel Silvestre) et Hernando (Alfonso Herrera) dans Sense8 (Netflix)

D’autres séries sont aujourd’hui connues et reconnues pour représenter les minorités : The Fosters (homosexualité, homoparentalité, bisexualité et transidentité), Shameless (homosexualité, bisexualité, transidentité), Sex Education (homosexualité, bisexualité, homoparentalité), ou encore le revival Tales of the City (transidentité, homosexualité, bisexualité…) par Netflix qui ne nécessite pas forcément d’avoir vu les saisons précédentes. Steven Universe, bien qu’elle soir une série animée et donc trop souvent oubliée, est une reconnue pour ses représentations de personnages LGBT+ puisqu’elle contient à la fois des personnages, gays, lesbiens, bi, pansexuels ou même intersexe et non-binaire.

  • Et en France ?

En France les représentations LGBT+ à la télévision se font tardivement. Si en 1998 le feuilleton Sous le soleil intègre le personnage de Benoît Chouchan dans sa saison 4, le personnage reste secondaire et plutôt stéréotypé. Il faudra attendre 2004 avec Plus Belle La Vie pour qu’une série intègre un personnage homosexuel, toujours avec des maladresses, mais qui a le mérite de banaliser la thématique.

Les moeurs évoluent peu à peu les représentations LGBT+ se font maintenant une (petite) place à la télévision française. Dans la série Clem (2011), Bruno (Arnaud Binard) et Didier (Mathieu Bisson) sont directement intégrés comme gays le temps de quelques épisodes, et bien d’autres personnages LGBT+ feront leur apparition au cours de la série diffusée sur TF1. Chez France 2, l’excellente série Dix Pour Cent a trouvé en Camille Cottin l’actrice parfaite pour interpréter Andréa Martel, personnage principal et lesbien grâce auquel la série abordera d’ailleurs le thème de l’homoparentalité. Sur Studio 4, nous avons pu découvrir en 2017 Les Engagés, une web-série au format court de 10 épisodes qui nous plonge dans le milieu militant LGBTQIA+. En 2018, Arte diffuse la mini-série Fiertés qui suit l’histoire de Victor (Samuel Theis) et Serge (Stanislas Nordey), un couple homosexuel. Il s’agit d’une des premières fiction française pour la télévision ayant pour thématique principale l’homosexualité.

Andréa Martel (Camille Cottin) et Colette (Ophélia Kolb) dans Dix Pour Cent (France 2)

Impossible de ne pas s’apercevoir que les LGB (lesbiennes, gays et bi) sont les plus représentés que les autres en France. Les personnages transgenres sont, eux, encore rares. Le feuilleton de France 3 Plus Belle La Vie est une nouvelle fois précurseur sur la thématique. La série est la première à avoir intégré un personnage trans joué par un acteur trans en 2018. Si Antoine Blommel est malheureusement interprété par une femme (Enola Righi), Dimitri, lui, est joué par Jonas Ben Ahmed qui s’est d’ailleurs vu attribué un OUT d’or pour son rôle dans le show. Plus Belle La Vie a d’ailleurs abordé le thème de dysphorie de genre, terme que l’on entend très rarement en dehors des cercles militants ou auprès des concerné.es. Bien qu’il soit aujourd’hui possible de mentionner quelques séries françaises ayant intégré un personnage transgenre, la liste reste courte. Pour les plus connues nous pouvons citer Demain nous appartient avec le personnage de Morgane Guéhaut (Marie Catrix) ou plus récemment encore Skam France dans sa sixième saison actuellement en cours avec le personnage de Max (Sohan Pague).

Si nous nous comparons aux autres pays Européens, il est évident que nous sommes en retard à ce niveau surtout lorsque nous constatons que nos voisins espagnols ont récemment produit une série avec un large casting transgenre ayant pour thématique principal la transidentié (Veneno). En ce qui concerne la non-binarité, c’est encore pire. La seule représentation approximative se trouve dans Osmosis avec le personnage de Billie, mais rien n’est clairement dit à son sujet puisqu’iel est non-genré du début à la fin du show. L’interprétation fait le reste pour les sensibilisés au sujet, mais difficile de parler de réelle représentation selon certain.es téléspectateur.rices. L’acteur qui l’interprète, Yuming Hey, s’identifie tout de même comme genderfluid.

Billie (Yuming Hey) dans Osmosis (Netflix)
  • Qu’est-ce qu’une bonne représentation ?

Il n’existe pas de réponse universelle à cette question. Chaque personne a un avis différent sur ce que doit être une bonne représentation LGBT+ dans les séries, mais aussi à la télévision ou même dans la littérature. La majorité s’accorde toutefois sur le fait que les concerné.es sont celles et ceux qui en parlent le mieux, que ce soit côté scénario (nous l’avons vu avec Sense8) ou acting. La question d’une « bonne » représentation est compliquée car nous ne sommes pas tou.tes éduqué.es de la même manière sur ces sujets. Une représentation peut-être bonne aux yeux de quelqu’un et problématique aux yeux d’un.e autre. Exemple concret qui a fait débat récemment : le personnage de Manille dans La Casa de Papel P4. L’actrice qui interprète cette femme trans est cis, et beaucoup auraient préféré une actrice trans pour l’incarner.

Il est évident quand même que certains schémas et certaines croyances doivent cesser. D’abord, la sexualité et l’identité de genre des personnages LGBT+ n’ont pas à servir le scénario. Nous n’en demandons pas autant aux personnages cis et/ou hétéros, pourquoi faire une différence de traitement aussi grande avec les personnages LGBT+ ? De même, les personnages LGBT+ n’ont jamais le droit à des histoires d’amour égales à celles des hétéros. Pour que cela soit plus clair, prenons le cas de Gossip Girl avec le personnage d’Eric. Nous voyons le personnage à peine échanger quelques baisers tout au long de la série (6 saisons tout de même) et contrairement à tous les autres personnages (même secondaires) il est très rarement vu en couple. Pourtant, le personnage est régulier, et même s’il a un tempérament discret, difficile de ne pas faire le lien avec sa sexualité. Dans le même genre, Pretty Little Liars a accordé le même traitement à Emily (Shay Mitchell). Alors que toutes ses amies ont droit à des baisers passionnés avec leur moitié, elle, doit se contenter de quelques baisers chastes par ci par là. Il ne faut pas choquer l’audience. Toujours dans la même série, le personnage d’Emily est aussi la moins stable sentimentalement parlant. Un cliché assez honteux accordé aux lesbiennes et à leur supposé instabilité sentimentale. La série a pourtant un peu moins de 10 ans à l’heure actuelle…

Dans beaucoup de séries, un autre problème rencontré par les personnages LGBT+ est la fâcheuse tendance qu’ont les scénaristes à leur refuser un happy ending. Les exemples sont légions. Ce fut notamment le cas de Lexa (Alycia Debnam-Carey) dans The 100. La mort du personnage a choqué les fans de la série, et pour cause, si Lexa est une guerrière, elle meure de façon totalement absurde et indigne du personnage qui était, en plus, une favorite des fans. Impossible de ne pas faire le parallèle avec le fait qu’elle allait enfin avoir droit à une véritable histoire avec Clarke (Eliza Taylor). A ce moment là, le message est clair : il n’y avait aucun espoir à leur amour. La construction de leur histoire et le traitement de leurs personnages respectifs depuis le début nous laissent sur cette amère conclusion. Une fois de plus, la relation entre deux femmes est la moins stable du show. Si l’actrice a techniquement quitté la série pour des raisons d’emploi du temps (elle avait décroché un rôle dans Fear The Walking Dead), le traitement du personnage de bout en bout a laissé un goût amer aux fans.

Lexa (Alycia Debnam-Carey) dans The 100 (The CW)

Mais du coup, est-ce qu’une représentation bancale voire mauvaise vaut mieux que pas de représentation du tout ? Une fois encore, la question est complexe car les réponses peuvent comporter des nuances. D’abord parce que, comme nous l’avons précisé plus haut dans cet article, tout le monde n’a pas la même notion de ce que peut être une bonne représentation, mais en plus, certain trouveront que la pire des représentations est celle qui n’existe pas. Le sujet est large et une réponse définitive est probablement introuvable.

  • Pourquoi est-ce si important ?

A peu près tout le monde passe par les questionnements de type « qui sommes-nous ? » Si les cis et/ou hétéros peuvent compter sur un nombre de ressources inépuisables pour tenter d’y répondre (et même avec ça, ce n’est pas facile), les minorités, elles, doivent se contenter de peu. En cela, les représentations de ces dernières dans la pop culture sont essentielles. Parfois, elles sont tout ce à quoi peuvent se raccrocher les plus isolé.es. La solitude est un sentiment qui peut avoir de graves conséquences sur le mental. Or, même si c’est à travers des personnages fictifs, les représentations dans les séries peuvent atténuer ce sentiment, le temps de quelques minutes. Nier l’existence d’une personne est une violence absolue. Oublier voire effacer les minorités dans une oeuvre n’a donc rien d’anodin. Impossible de ne pas avoir une pensée pour celles et ceux qui sont les moins représenté.es. Les personnes intersexes bien sûr, mais aussi les non-binaires (que nous avons eu l’occasion de voir dans The Red Line tout de même) ou encore les asexuel.les et aromantiques.

Le fait de se sentir moins seul.e et de pouvoir mettre un mot sur des émotions/sentiments aide à s’accepter. Il ne faut pas oublier que le temps où l’homosexualité ou la transidentité étaient considérées comme des maladies mentales n’est pas si loin. Il n’est d’ailleurs pas rare, notamment sur les réseaux sociaux, de lire encore aujourd’hui ce genre de propos discriminatoires.

Theo (Lachlan Watson) dans Les Nouvelles Aventures de Sabrina (Netflix)

Représenter au maximum les minorités est également important dans l’optique de dépeindre au maximum la réalité, et plus précisément la société actuelle. Le fait est que les personnes LGBT+ sont bien présentes. Elles existent, et si certain.es parlent d’un effet de mode, il s’avère tout simplement que de plus en plus ont le courage d’être out et de s’assumer aux yeux de tous, malgré ce que cela implique. Les gays, les lesbiennes, les bisexuel.les, les transgenres, les intersexes et toutes les autres minorités sexuelles ou de genres ont toujours existé. Il ne devrait plus être question en 2020 de nier cette évidence.

Pour conclure, les représentations de personnages LGBT+ à la télévision ont une importance quasi vitale. Elles sont à la fois une inspiration et une aide pour celles et ceux qui en ont besoin. Il y a encore du travail car beaucoup de minorités de genres ou sexuelles sont quasi totalement absentes des écrans de télévision, mais nous pouvons constater une nette amélioration depuis les allusions vaseuses de la série Les Mystères de l’Ouest… Le sujet reste vaste et ne peut pas être entièrement traité dans un seul article, aussi, nous conclurons en vous conseillant de vous renseigner auprès de personnes concernées et/ou d’association que vous pouvez, pour la plupart, joindre en ligne. De notre côté, nous vous conseillons cette liste de 7 séries LGBT friendly (qui ne comporte aucun titre mentionné dans l’article pour encore plus de choix) :

7 séries LGBT friendly à voir à tous prix :

  • Vida : personnage principal lesbien
  • Feel Good : personnages principaux lesbiens
  • Orange is the new black : personnages principaux lesbiens, transidentité, bisexualité…
  • Pose : plus large cast trans jamais réuni à la télévision
  • SKAM : homosexualité
  • Euphoria : personnage principal lesbien et personnage principal transgenre
  • Everything Sucks : personnage principal lesbien, bisexualité
Lizzie

Lizzie

Moi c'est Lizzie, accro au cinéma, aux séries, et à la littérature. Il paraît que je suis un mélange étrange de Monica Geller, et Jesse Pinkman. Perso je pense que je suis la dernière sœur Gallagher cachée.

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