The Miniaturist : l’avis de la rédac sur la mini-série !

The Miniaturist se base sur le roman du même nom de Jessie Burton, disponible chez Gallimard et en format poche en Folio en France. La mini-série de deux épisodes, diffusée pendant les fêtes de Noël sur la BBC nous offre une reconstitution historique d’Amsterdam qui prend rapidement des airs de thriller. On a vu la série, on vous en parle !

The Miniaturist nous raconte l’histoire de Nella (incarnée par Anya Taylor-Joy) de son nom complet Petronella Oortman, une jeune fille pauvre de 18 ans originaire de la campagne néerlandaise, qui arrive à la Courbe d’Or, l’un des quartiers les plus chics d’Amsterdam. Elle y rejoint son récent époux, Johannes Brandt (Alex Hassell), un riche commerçant. La jeune femme va devoir évoluer dans une maison pleine de secrets, jalousement gardés par Marin (Romola Garai), la sœur de Johannes, mais également par les serviteurs Cornelia (Hayley Squires) et Otto (Paapa Essiedu).
En cadeau de mariage, Nella va recevoir une maison de poupée qui représente en miniature, les pièces de la maison. À l’aide d’un mystérieux miniaturiste, elle réalise l’ameublement des pièces en commandant trois objets de sa vie d’avant. Mais lorsque sa première commande arrive, des objets non commandés et identiques en tous points à des meubles de la maison sont également présents. Persuadée d’être espionnée, Nella devient méfiante. Mais la maison de poupée semble vouloir la prévenir d’éléments concernant son avenir et des dangers qui pourraient la menacer. Petit à petit, le téléspectateur est pris à témoin et vient à reconnaître les éléments exposés dans la maison de poupée, au fur et à mesure que le scénario progresse. Mais le miniaturiste n’est pas aussi mauvais qu’il le paraît…

La série commence par une intrigue qui se veut pourtant assez banale : une jeune femme du 17ème siècle découvre sa nouvelle vie après son mariage arrangé avec un riche commerçant. Cependant, son époux ne semble pas lui porter beaucoup d’attention et chacun dans la maison semble cacher ses petits secrets. Les non-dits pèsent rapidement sur l’ambiance dans la demeure et l’atmosphère de la série change petit à petit, grâce à la mise en scène, aux lumières et surtout à la musique qui se fait de plus en plus grave. La relation entre Johannes et sa sœur Marin a quelque chose d’étrangement curieux et malsain. Avec la maison de poupée, Johannes trouve une distraction à Nella. C’est finalement l’arrivée des objets non commandés qui lance réellement le scénario et donne des allures de thriller à la série : tout s’accélère, les secrets de chacun viennent rattraper Nella et les habitants de la maison. La maison de poupée et le miniaturiste deviennent alors les personnages centraux de la série et contrôlent tout le scénario. Le jeu du miniaturiste se referme comme un piège sur Johannes, Marin et les autres.
Les secrets de chacun prennent rapidement place dans l’intrigue, les langues se délient, les non-dits se dévoilent… Chacun à droit à sa part sombre, même les personnages secondaires. En deux épisodes, nous n’avons pas le temps de nous ennuyer et le rythme est parfaitement étudié.

Au fur et à mesure que les deux épisodes avancent, Johannes et Nella se construisent une certaine complicité, mais elle n’a rien d’une relation de jeunes mariés. Il apprécie sa compagnie et la prend plutôt comme une amie que comme sa femme. Marin semble quant à elle, être toujours présente dans leur relation, à les espionner, à contrôler Johannes, comme un poids qui pèserait sur sa conscience. Un triangle assez étrange s’installe, poussant le téléspectateur à se questionner sans cesse sur chacun des personnages et sur leurs motivations. La série repose sur les performances des trois acteurs principaux et fonctionne sur un système de duo et d’alliances : tantôt Johannes et Marin, tantôt Marin et Nella ou Nella et Johannes… Nous sommes ravis de retrouver Romola Garai, d’autant plus dans un rôle sombre et torturé comme celui de Marin. Anya Taylor-Joy est une vraie révélation, elle dégage une fraîcheur et une innocence qui colle parfaitement au personnage de Nella. Les relations et échanges entre les personnages, fonctionnent à merveille grâce à l’alchimie des acteurs.

L’importance donnée aux détails est le véritable point fort de The Miniaturist. En seulement deux épisodes, nous nous retrouvons totalement plongés dans le Amsterdam du 17ème siècle grâce au soin porté aux décors et aux costumes. L’utilisation des couleurs joue un rôle capital dans la série. Dès le début, une opposition s’installe et demeure assez flagrante tout au long des deux épisodes. Elle impose Nella comme un personnage lumineux et frais, positif et auquel le téléspectateur s’attache immédiatement. Sa robe aux couleurs vives et son teint pâle se démarquent dans le décor sombre et les autres costumes des personnages. De même, lorsqu’elle arrive dans sa chambre, Marin ouvre les rideaux pour remplir la pièce de lumière, une jolie métaphore de ce que va représenter Nella : un véritable tournant dans la vie de cette maison qui fera lumière sur les secrets les plus sombres de chacun.

Conclusion, The Miniaturist est une excellente mini-série qui mérite le détour. Un véritable coup de cœur pour cette série historique qui tourne à la course poursuite et au jeu du chat et de la souris entre Nella et le miniaturiste. Des secrets, des non-dits, des manipulations, le tout porté dans des décors et des costumes somptueux et dans un contexte historique intéressant. Notre note : 5/5

Owlhazel

Owlhazel

Aude, 24 ans et apprentie libraire sur Paris. Je divise mon temps libre entre les séries et la lecture. Mon genre de prédilection reste de loin les séries en costumes et historiques, majoritairement anglaises, appelées aussi period drama. Je regarde aussi beaucoup de séries fantastiques, mais j'ai beaucoup de mal avec les comédies. J'aime pleurer et voir mes personnages préférés en baver avec la vie. Mes séries préférées vont des Tudors à Game of Thrones en passant par The White Queen et Outlander, avec un petit détour par Vikings et Peaky Blinders.

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