Entretien avec l’équipe de Nos vies en l’air (France TV Slash)

C’est lors du Festival de la Fiction de La Rochelle que nous avons eu l’occasion de rencontrer l’équipe de la série Nos vies en l’air, lancée ce vendredi 25 octobre sur France TV Slash.

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Adaptée du roman éponyme de Manon Fargetton, Nos vies en l’air aborde la thématique sensible du suicide adolescent. Elle met en scène deux jeunes en détresse, Mina et Océan, qui vont se rencontrer dans des circonstances dramatiques et qui vont vivre une nuit unique. Composée de 8 épisodes, la série sera disponible dès le vendredi 25 octobre sur la plateforme France TV Slash et sera par la suite diffusée en soirée sur France 2.

Produite par Bertrand Levallois et Patrick Barbier pour Wanda Productions, la fiction a été écrite par Margaux Bonhomme et Victor Lockwood et réalisée à quatre mains par Jonathan Cohen-Berry et Anthony Jorge. Au casting, on retrouve Inès Kermas dont c’est ici le premier grand rôle, Anthony Goffi vu dans Déter, tout comme Bastien Savarino, mais aussi Flavie Delangle (Skam) et Ophélia Kolb (Panda) ainsi qu’Adam Abdo, Bétina Flender, Julien Boisselier, Nadia Roz et Raphaëlle Agogué.

Nous avons eu l’occasion de rencontrer une partie de la très sympathique équipe de Nos vies en l’air lors du Festival de Fiction de La Rochelle où la série concourait dans la catégorie Compétition Française – Séries 26′. Etaient présents : le producteur Bertrand Levallois, les auteurs Margaux Bonhomme et Victor Lockwood, le réalisateur Jonathan Cohen-Berry et les comédiens Inès Kermas et Anthony Goffi.

Découvrez dès à présent notre entretien avec l’équipe et retrouvez dès demain notre critique du pilote de la série.

Pouvez-vous nous présenter Nos vies en l’air ?

Anthony Goffi : C’est l’histoire de deux adolescents, Mina et Océan, qui viennent tous les deux d’un milieu social très différent, qui ne se ressemblent pas du tout et qui se retrouvent par un pur hasard sur le même toit parisien, avec la même idée en tête : en finir avec la vie. Cette rencontre va court-circuiter leur plan respectif et ils vont décider de sceller un pacte et de se laisser la nuit dans Paris. Une nuit comme un sursis pour faire tout ce dont ils auraient envie pour régler leurs problèmes, ce genre de choses. Et à l’aube, s’ils veulent toujours se suicider, il sauteront.

Comment est née la série ?

Bertrand Levallois : Le point de départ de ce projet vient d’Anthony Jorge et Jonathan Cohen-Berry, les réalisateurs de la série avec lesquels j’avais déjà collaboré en amont. Wanda Productions nous a demandé une série sur des thématiques qu’ils avaient envie d’aborder et m’avaient fait un brief assez précis de ce qu’ils recherchaient. Et malheureusement, je n’ai jamais trouvé ce qu’ils cherchaient, mais je suis tombé sur un livre qui, je pensais, leur correspondrait parfaitement. J’ai bien fait parce que le jour où je l’ai envoyé, ils m’ont rappelé assez rapidement en disant « Oui, l’histoire est canon , il faut absolument partir là dessus ». Par la suite, on a obtenu les droits d’adaptation, on a engagé Margaux pour pour faire la bible et nous permettre de présenter le projet aux diffuseurs. Ils ont été rapidement conquis par le concept et l’histoire et nous sommes partis en développement. Du coup on a monté l’équipe d’écriture : Margaux a écrit la série avec Victor et après ça a été mis en image par Anthony et Jonathan avec le duo de comédiens qu’on a sous la main et qui a déchiré l’écran.

Qui a lu le livre parmi vous ?

Bertrand Levallois : Je l’ai lu. Les réalisateurs et les auteurs aussi mais j’avais interdit aux comédiens de le lire.

Jonathan Cohen-Berry : Mais Anthony l’avait déjà lu en arrivant au casting. Parfois, il me sortait des répliques du livre qui n’étaient pas dans le scénario !

Anthony Goffi : Ah mais tu l’avais senti ? Je pensais avoir été discret (rires) !

Bertrand Levallois : On parle tout de même d’un livre qui est très bon et qui se lit bien, avec une mécanique et une construction littéraire hyper efficaces. Nous, on est sur un autre support, un format sériel, donc il y a une vraie adaptation. Forcément on ne travaille pas de la même manière et on raconte l’histoire autrement. D’où notre demande de ne pas lire le livre avant pour ne pas s’en imprégner. Ce que je trouve intéressant pour le public, c’est de découvrir la série, puis ensuite d’aller voir de quoi c’est tiré et de se rendre compte des différences qui sont liées à ces différents supports. Il y avait un enjeu assez fort. Quand on lit le bouquin, on se dit tout de suite que c’est un film, qu’il y a une fulgurance car ça se passe la nuit. Qu’en une heure et demie, on peut raconter l’histoire. Ça, c’est un peu ce qui nous a été dit partout. Nous par contre, on voulait vraiment en faire une série. Donc il a fallu reconstruire le récit, se baser davantage sur le passé pour raconter d’où les personnages venaient. Et sur l’écriture sérielle, il fallait trouver des plot twists, des cliffhangers et refaire toute une construction qu’il n’y a absolument pas dans le livre. Finalement, les deux sont complémentaires.

Le projet a-t-il été pensé spécifiquement pour France TV Slash ?

Bertrand Levallois : Non, on ne s’était pas fixé de diffuseur. C’était le projet en lui-même qui nous intéressait avant de le « formater » pour une chaîne ou une plateforme. Et après, il y a eu une sorte d’évidence avec Slash, qui était LE diffuseur avec lequel il fallait collaborer.

Que diriez-vous aux téléspectateurs pour leur donner envie de regarder la série ?

Victor Lockwood : Quand on parle du thème de la série et qu’on évoque le suicide adolescent, ce n’est pas ultra vendeur mais la série va plus loin que cette seule question. Avec Margaux, on a construit une histoire qui travaille le lien entre deux personnes vulnérables et en grande détresse. On a pensé cette histoire comme un mystère puisque ces deux personnages ne se connaissent pas du tout mais se découvrent à un moment clé de leur existence : celui d’y mettre potentiellement fin. Ils se voient tous deux au plus vulnérable, mais ils doivent faire tout le chemin de savoir qui ils sont et qui ils ont en face d’eux. Il y a donc une vraie curiosité qui se crée l’un pour l’autre immédiatement. Et le chemin de la série s’avère être le leur. Leur intention est de faire tomber les masques et de savoir qui se cache derrière tous les discours que l’un et l’autre tiennent. En tout cas, on espère que c’est en ça que repose la série. Ces mystères et ces pérégrinations font qu’à chaque étape, on découvre un peu plus l’histoire de chacun, jusqu’à comprendre pourquoi ils se sont retrouvés sur ce toit et pourquoi ils sont dans une telle détresse.

Y avait-il des tabous lors de l’écriture ?

Margaux Bonhomme : Ce sont des sujets qui paraissent glauques mais qui touchent les ados. Pour eux, ce sont des besoins, des nécessités, des urgences. Donc c’est vrai que tout le monde avait peur des sujets qu’on voulait traiter. Il fallait une série lumineuse malgré le thème, ce qui pouvait nous crisper un peu parce que le plus important, c’était de s’adresser aux ados, de parler de leurs problèmes et de les toucher. Au final la série a été rendue lumineuse par Anthony et Jonathan avec une très grande sensibilité. Elle est tournée de nuit à Paris, c’est une traversée nocturne, une errance qui, je pense, va interpeller les adolescents. Et oui, les adolescents se scarifient, se droguent, se plantent, se relèvent. Mais je ne trouve pas ça glauque. C’est la vie.

C’est une sensibilisation à leur égard ?

Margaux Bonhomme : C’est plus une urgence à ce que les ados s’ouvrent sur tout ça. Et ce qu’on aimerait, c’est que cette série leur permettent de parler et de garder le lien.

Bertrand Levallois : Ce qui était important surtout, c’est qu’il n’y ait aucun jugement qui soit posé. Effectivement, comme le disait Margaux, il y a de la souffrance, des gens qui se font du mal… Mais on ne donne pas un point de vue moral en disant « c’est bien » ou « c’est pas bien ». C’est une série qui se passe du point de vue des adolescents. Pour nous, c’est un critère fondamental et crucial. De ne pas avoir cette perspective adulte parfois très moralisatrice. Non, justement, ces deux gamins sont en capacité, comme tous les gamins, à partir du moment où ils trouvent un soutien, de pouvoir se dire « Ok, maintenant je sais à quoi me raccrocher ». Et que l’adulte n’ait pas forcément tout le temps la bonne solution, c’était une alternative essentielle. Mais ce n’est pas pas forcément le point de départ. Pour nous, c’était vraiment important qu’il n’y ait absolument pas de point de vue moralisateur sur ce que les adolescents peuvent traverser.

Louis-Adrien Le Blay/Wanda Productions/France Télévisions©Louis-Adrien Le Blay/Wanda Productions/France Télévisions

Y a-t-il eu des mises en garde de la part de Slash ? Par exemple, que ce ne soit pas dans la lignée de la série 13 Reasons Why qui a pu être perçue comme une apologie du suicide ?

Bertrand Levallois : L’énorme différence avec 13 Reasons Why, c’est que ça débute par le suicide de Hannah. Et à chaque épisode en voix off, elle explique sur treize cassettes les raisons de son geste. Tout se passe de son point de vue. Donc pas de mise en garde pour nous par rapport à 13 Reasons Why. Notre référence, qui n’a rien à voir avec la thématique mais qui peut s’en rapprocher sur le côté autodestruction et direction artistique, c’était Euphoria. Et là-dessus, il y a eu un warning pour des choses sur lesquelles on ne pouvait pas aller qui étaient dans le livre. Typiquement, ils se mettent en danger de manière très forte, notamment en traversant le périphérique ou une voie de métro. Dans Euphoria, on peut parfois se demander s’il n’y a pas une apologie de la drogue et ça, c’était un warning car la série est destinée à France Télévisions qui est le service public. Donc au-delà du traitement artistique qui est intéressant, c’est un non très clair de la chaîne d’aller sur le traitement narratif d’Euphoria.

Victor Lockwood : La ligne rouge qu’on se pose d’abord à l’écriture, puis ensuite à la réalisation, c’est de ne pas glamouriser le propos. Or, cela a été beaucoup fait, notamment dans 13 Reasons Why avant qu’ils n’enlèvent la fameuse scène de la baignoire. Parce que le suicide est montré comme une issue un peu romantique, voire enviable. Parce que c’est un peu « sexy ». Et ça, on veut absolument éviter. Lors de l’écriture, quand il y a des moments de scarification par exemple, c’est toujours extrêmement sensible car on veut pas inciter qui que ce soit. On reste le plus possible dans la suggestion du mal plutôt que dans la représentation pure et d’une certaine forme d’esthétisation de quelque chose qui est évidemment à éviter.

Quelles étaient les intentions de réalisation ?

Jonathan Cohen-Berry : Comme on remonte dans le temps d’environ 10 ans, on a utilisé des flashbacks, mais sans les traiter comme des flashbacks classiques avec des effets de transition trop évidents. On a voulu faire quelque chose de très brut avec un traitement d’image légèrement différent. Comme les flashbacks se passent quasiment tous de jour, un contraste se crée naturellement entre eux et la nuit d’errance de Mina et Océan. Le montage est plus lumineux, plus nerveux, comme si des souvenirs bruts apparaissaient aux personnages. Donc il y a un montage plus cut, une caméra qui bouge un peu plus dans les flashbacks. Et à l’opposé, il y a cette nuit comme une bulle dans laquelle ils sont et dans laquelle d’autres viennent s’insérer. L’ambition de départ, c’était ça. D’avoir quelque chose de plus apaisé dans cette nuit, quand ils errent, quand ils marchent, etc. Et dans les flashbacks, quelque chose de plus vivant. Là, ils sont en suspend dans une parenthèse un peu un peu magique.

Victor Lockwood : Je ne sais pas si on peut tout à fait faire un distinguo entre les flashbacks de jour qui représentent la vie et ce qu’il se passe la nuit qui serait forcément morbide… Dans la nuit telle qu’on l’a écrite, il s’agit en fait de pulsion de vie très forte. C’est évidemment lié à la pulsion de mort et on est toujours sur le fil entre les deux. Mais il y a des moments très positifs dans cette nuit, autant que des moments très dramatiques.

Inès, Anthony, comment avez-vous abordé vos personnages ?

Anthony Goffi : Le livre, que j’avais lu pour me préparer au personnage, est malgré tout resté secondaire par rapport au scénario. C’est pour ça qu’Inès (qui n’avait pas lu le roman, ndlr) n’était pas simplement en attente des directions des réalisateurs, mais elle pouvait travailler sur le scénario. C’était notre bible à nous. J’ai plutôt utilisé le livre comme un bonus, parce que j’ai parfois ce besoin de savoir dans quoi je m’inscris. L’avantage du livre, c’est qu’on est dans la tête des personnages, même si ce ne sont pas les mêmes. Et j’avais bien repéré les différences, même si à certains moments de la nuit, mon personnage se rapproche de celui du livre. Et pour certains épisodes, cela m’a aidé à trouver la vérité et ce qu’a voulu écrire l’auteure, Manon Fargetton.

Inès Kermas : Je n’avais pas lu le roman parce que, comme c’était la première fois pour moi tout ça, j’avais un peu peur d’être influencée et de vouloir trop plaire aux personnes qui connaissaient déjà le roman. Personnellement, quand je lis des romans et que je vois des adaptations, je suis parfois très dure et je dis « Mais non, ce n’était pas comme ça dans le livre ! » ou « Ils ont oublié tel moment super important ». Du coup, pour éviter de me mettre trop de pression, je ne l’ai pas lu mais de toute façon, j’avais déjà suffisamment de quoi bosser avec la matière du scénario et en interagissant avec les réalisateurs, les auteurs et la production car tout le monde était ouvert à la discussion et connaissait le projet jusqu’au bout des doigts. On a donc fait pas mal de réunions et de lectures où on a pu poser toutes les questions qu’on voulait et on a aussi pu retravailler les dialogues pour éviter que ça fasse trop « d’jeuns ». Mais vu que c’était déjà merveilleusement bien écrit, on n’a pas eu à faire beaucoup de modifications. Je n’ai donc pas utilisé le roman mais j’ai fait des playlists. J’en avais une pour Mina, une pour sa relation avec Océan, une pour sa relation avec Alix qui est sa meilleure amie, une autre pour un personnage qui s’appelle Enzo, etc. C’est plutôt comme cela que je travaille et j’aime bien me « charger » de cette façon.

Inès, tu nous disais que c’était nouveau pour toi. Dans quel sens ?

Inès Kermas : C’était mon premier rôle principal dans une fiction. Avant, j’avais juste fait trois jours de tournage au Maroc pour un docu-fiction pour Canal+. Mais là, il y avait un vrai travail de composition à faire. On a eu la chance car on nous a laissé beaucoup de place pour pouvoir être force de proposition et pouvoir créer nos propres personnages. Je n’avais donc pas envie de trop m’embrouiller en me donnant trop d’informations d’un seul coup. Et je trouvais que d’avoir le scénario avec les personnes qui ont écrit tout ça à portée de main pour poser toutes les questions dont j’avais besoin, c’était super. Même avec Antho on en parlait parfois, quand on avait des séquences compliquées, on pouvait appeler Margaux ou Victor une heure avant pour discuter et poser des questions.

Victor Lockwood : Et c’était drôle d’ailleurs la question de la musique. Je me souviens, en prépa, tu es venue me dire que tu créais une playlist sur Mina et tu m’as demandé ce qu’elle écoutait et ensuite Anthony pareil. C’est hyper touchant pour des auteurs parce qu’on sent déjà qu’il y a un investissement fort des comédiens dans la construction de l’identité du personnage qui est très importante Et du coup, j’étais un peu désarçonné parce que je n’avais pas poussé jusque là. Donc on en a parlé ensemble et ils ont fait un travail de fou. Dès le début !

Inès Kermas : Pas que pour la musique. On avait aussi parlé des médias qu’ils consommaient. Mina adore les mangas, les animes. On a  ça en commun elle et moi Et les films aussi. Pour s’inspirer un peu de cette relation de binôme assez unique vu qu’on ne sait pas trop ce que sont Océan et Mina l’un envers l’autre. On a cherché sur quoi on pouvait se baser par rapport à ce qui avait déjà été fait.

Anthony, comme tu avais déjà travaillé avec France TV Slash sur Déter, est-ce qu’on est venu te chercher pour ce rôle ?

Anthony Goffi : Pas du tout. Ça s’est fait par le format classique. J’avais une self tape, c’est à dire une vidéo, à faire chez moi. Et à l’issue de ça, il y a eu un call back où j’ai rencontré Jonathan, un des deux réalisateurs, et ensuite un dernier rappel où on a fait la rencontre en croisé de deux potentielles Mina et deux potentiels Océan.

Inès Kermas : On n’était pas encore pris à ce moment-là. Et c’était notre première rencontre.

Et toi Inès, comment es-tu arrivée sur le projet ?

Inès Kermas : Moi, tout pareil. C’était un casting pour lequel mon agent m’avait appelée et j’ai commencé aussi en distanciel. Mais par contre, j’avais plus de tours qu’Anthony. J’en ai fait quatre et comme lui à la fin, on a terminé par les castings croisés où j’ai joué avec deux Océan et il a joué avec deux Mina face aux réalisateurs.

D’ailleurs, vous avez du beau monde au casting ! Certains n’ont pas été réticents à l’idée de jouer dans une fiction destinée à une plateforme publique ?

Bertrand Levallois : Non, non ! D’entrée de jeu, on annonce le diffuseur pour qu’il n’y ait justement pas de malentendu. Il n’y a eu aucune hésitation de la part des comédiens parce qu’ils ont tous lu les textes et ils sont tombés amoureux des personnages qu’on leur a proposé. Il y avait quelque chose de différent par rapport à ce qu’ils ont l’habitude de faire, une liberté qu’ils n’avaient pas forcément parce qu’on leur disait de s’investir dans leurs personnages, de les réinterpréter et de les améliorer. Les retours étaient unanimes sur le sujet à traiter, qui était touchant, mais aussi sur la qualité des textes à lire, et ils se disaient que ça allait être une belle série à laquelle il fallait participer.

Vous avez été sélectionnés en compétition officielle au Festival Fiction de La Rochelle. Qu’est-ce que ça vous fait ?

Jonathan Cohen-Berry : C’est l’occasion de voir le rendu final sur grand écran, ce qui est rare pour une série. Et c’est cool d’avoir des gens dans la salle, d’écouter les réactions… C’est quelque chose qu’on n’aurait peut-être pas eu l’occasion de faire sauf s’il y a une avant-première avec l’équipe. Donc ça c’est vraiment chouette, ça permet de se rendre compte de certaines choses. Il y avait notamment des rires dans le premier épisode alors que les personnages sont sur le toit et qu’ils veulent sauter. Et là on se dit que l’effet recherché fonctionne, on a su faire un truc très grave avec des moments plus légers. C’est toujours très intéressant de pouvoir avoir ce contact-là avec le public. Parce que sur les plateformes, à part les commentaires, on ignore la réaction des gens.

Bertrand Levallois : Ce qui est effectivement hyper appréciable en festival, c’est de présenter l’œuvre au public, autre qu’à des professionnels. Là, on avait des lycéens avec qui on a pu interagir car il y avait des questions / réponses prévues avec la projection. Les interactions avec ces lycéens étaient très intéressantes et importantes.

La visibilité du festival, c’est un tremplin ?

Jonathan Cohen-Berry : Ça donne de l’attention à la série. Pour les professionnels en tout cas. S’ils ne doivent en regarder que quelques-unes, ce sera celles qui gagnent les prix ou celles qui sont nommées.

Bertrand Levallois : Bien sûr, c’est un outil promotionnel de dingue dès qu’on est sélectionné dans un festival. Surtout quand on voit le nombre de séries qui sortent par an. Là, nous voilà dans la catégorie 26 minutes où on est quatre en compétition, donc forcément ça met la série bien en avant. Et après si on a des récompenses, ça multiplie encore les choses. [Pour rappel, cette interview a été réalisée avant le palmarès du Festival de la Fiction de La Rochelle et la série n’a malheureusement pas été récompensée dans sa catégorie, ndlr]. Pour Inès ou Anthony qui tiennent des rôles principaux pour la première fois, ça leur donne une exposition assez phénoménale puisqu’on ne voit quasiment qu’eux à l’image. Donc bien sûr que ça va être un tremplin pour tout le monde. Chez Slash, il y a une opportunité pour des jeunes producteurs, auteurs, réalisateurs ou comédiens, de pouvoir accéder à ce qu’on ne peut pas faire quand on est à l’antenne en linéaire vu qu’ils cherchent des gens plus confirmés.

Jonathan Cohen-Berry : Et c’est valable pour tout le reste de l’équipe. Il y avait des gens pour qui c’était la première fois à leur poste, comme le premier assistant de réalisation ou le directeur de production.

Bertrand Levallois : C’était une volonté de notre part en production de rendre un peu la pareille à tout le monde. On se dit toujours quand il n’y a pas forcément beaucoup d’argent qu’il faut plutôt prendre des gens chevronnés pour s’assurer de la faisabilité du projet. Nous, on a eu la démarche inverse. On va jusqu’au bout et on laisse la chance à tout le monde. Forcément, il y a parfois eu des petits couacs mais c’était super !

 

Les 8 épisodes de Nos vies en l’air seront visibles sur la plateforme France TV Slash dès ce vendredi 25 octobre. 

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