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Journée Internationale de la Visibilité Transgenre : ces séries parlent de transidentité, et le font très bien !

Nous sommes en 2021 et même si beaucoup aiment penser que les minorités de genre ont la visibilité qu’elles méritent (voire même plus), nous savons que c’est faux. Les représentations dégradantes, fétichisantes ou carrément transphobes (coucou le cinéma français) sont encore légion. Heureusement, il existe des exceptions, mais des exceptions dont on parle bien trop peu. En ce 31 mars, Journée Internationale de la Visibilité Transgenre, nous faisons un tour du côté des séries qui parlent de transidentité, mais qui le font bien.

  • Sense8, Lana et Lilly Wachowski – Netflix

Sense8, injustement annulée par Netflix, est la preuve que laisser la parole aux concerné‧es fait des merveilles. La série est créée, produite et réalisée par les sœurs Wachoswki, deux femmes transgenres, qui ont donc mis en scène l’une des séries, si ce n’est LA série la plus inclusive jamais diffusée. Sense8 compte sur un casting extrêmement diversifié avec plusieurs minorités ethniques, mais aussi des minorités sexuelles ainsi qu’un personnage transgenre. Nomi Marks est interprétée par Jamie Clayton, une actrice transgenre talentueuse qui crève littéralement l’écran dans Sense8. Le fait que l’actrice soit concernée brise l’idée préconçue qu’une femme transgenre est un homme déguisé en femme. Dans Sense8, pas de doute sur l’identité de genre de Nomi, c’est une femme, et toutes les personnes qui disent ou pensent le contraire sont mises en porte-à-faux. Elle fait partie des huit personnages principaux de la série et si nous avons l’occasion de la voir aborder des problématiques en rapport avec sa transidentité, tout ne tourne pas autour de ça. Elle est assez bien écrite pour que l’on puisse l’apprécier en tant que personne, comme n’importe quel autre personnage de la série.

  • Euphoria, Sam Levinson – HBO, OCS

Si vous n’avez pas encore entendu parler d’Euphoria, où étiez-vous ces derniers mois ? Un poil déprimante (c’est un euphémisme) la série créée par Sam Levinson suit l’histoire de plusieurs adolescent‧es à East Highland. Parmi elles, la mystérieuse Jules vient d’emménager avec son père… Euphoria a la capacité d’aborder des thématiques délicates sans jamais n’épargner aucun détail. Ainsi, la transidentité de Jules n’est jamais cachée et n’est pas non plus traitée comme un potentiel problème ou comme quelque chose dont elle devrait avoir honte. Interprétée par Hunter Schafer (une personne concernée par la transidentité), le personnage de Jules est central dans la série qui lui dédiera même un épisode spécial. Cet épisode, qui se déroule dans le cadre d’une thérapie, parle plus profondément de transidentité et pour cause, il est co-écrit par Hunter Schafer elle-même. Transition, male gaze, hormones, sans jamais nourrir une curiosité mal placée qui motive trop souvent les productions hollywoodienne, cet épisode nous parle de transidentité comme aucune autre œuvre l’ayant précédée.

  • Pose, Ryan Murphy et Brad Falchunk – FX, Canal+

Pose, c’est la série avec le plus large casting transgenre jamais réalisée. Si la série est créée par Ryan Murphy, qui a toujours traité la transidentité de façon très discutable dans ses œuvres précédentes (principalement dans Nip/Tuck), force est de constater que Pose est un petit bijou. La série est une ode à la diversité et, en plus de proposer un casting d’une rare qualité (Indya Moore, Billy Porter…), Pose est sublimement bien écrite et nous transporte dans un univers singulier dont nous avons toujours un peu de mal à nous sortir. Concernant la transidentité, elle fait partie de l’ADN de la série. Bref, Pose est une série à voir.

  • Skam France, Julie Andem – France tv slash

Et les séries françaises ? Avec son remake de SKAM, nous aussi en France, nous avons eu l’occasion de parler transidentité dans les séries. Skam France, qui s’est détachée de la série mère suite à son renouvellement pour des saisons 6 et 7, aborde la thématique de la transidentité à travers l’histoire de Max. Si le personnage est plutôt secondaire lors de son arrivée, le charisme de son interprète, Sohan Pague, ne laisse pas indifférent. C’est dans la dernière saison en date que le personnage devient plus central. Skam France aborde finalement pas mal de thème autour de la transidentité comme la transition social, le militantisme, et bien sûr la question du genre dans sa globalité. Sans pour autant en faire des tonnes, Skam France peut être un outil éducatif intéressant en plus d’un bon divertissement, et pour ça, nous sommes très heureux‧ses de pouvoir la compter dans le paysage sériel français.

  • Tales of the city, Lauren Morelli – Netflix

Tales of the City ou Les Chroniques de San Francisco en version française, est une série assez connue pour son inclusivité. Toutefois, la version originale date un peu… Heureusement, Lauren Morelli, qui a également travaillé sur l’excellente Orange Is The New Black, est à l’origine d’un revival d’une saison qui a vu le jour sur Netflix. Ce qui fait de cette série une incontournable, c’est sa façon de traiter la communauté LGBTQIA+. Aucune autre œuvre ne met en scène la communauté de façon aussi forte, aussi positive. Sans pour autant omettre ses déséquilibres, Tales of the City présente la communauté LGBTQIA+ comme quelque chose de fort, d’unique. Comme quelque chose de beau. Plusieurs personnages principaux du revival ne sont pas cisgenres et chacun d’entre elleux vivent des problématiques qui leur sont propres. On met en lumière, de cette façon, que chaque transition est différente, mais aussi que certaines sont plus évidentes que d’autres…

  • Veneno, Javier Calvo et Javier Ambrossi – Antena 3, HBO Max, pas de diffuseur en France

Pas de diffuseur en France malgré son succès mondiale, Veneno est une mini-série qui retrace l’histoire de La Veneno, une icône transgenre espagnole qui s’est faite connaître grâce à ses nombreux passage à la télévision. Nous vous parlions du pilote dans cet article, et depuis, la série ne cesse de faire parler d’elle. Depuis son arrivée sur HBO Max, Veneno enchaine les nominations et énormément de personnalités influentes de la communauté transgenre la recommande chaudement. C’est d’ailleurs le cas de Hunter Schafer dont nous vous parlions un peu plus tôt dans ce même article. Avec un casting composé de plusieurs actrices transgenres ainsi qu’une équipe créative dévouée à l’histoire de La Veneno, la série avait déjà un fort potentiel sur le papier, mais personne ne s’attendait à ce niveau d’écriture. Si la meilleure amie de l’icône a travaillé sur l’écriture du projet, les deux réalisateurs (aussi appelés Los Javis) ont eux aussi tout donné pour cette œuvre. On aborde, dans cette série, certes la transphobie, mais aussi et surtout l’importance des représentations transgenres à travers l’histoire de Valeria, une étudiante en journalisme qui a grandi avec La Veneno pour modèle.


Les représentations transgenres s’éloignent peu à peu des clichés désastreux dont elles ont fait les frais pendant des années, et c’est plaisant même si loin d’être suffisant. En effet, nous déplorons encore des maladresses, qui sont de moins en moins justifiables et encore moins acceptables. Si nous vivons à une époque où des personnalités transgenres font parler d’elles, leurs identités et leur existence sont sans arrêt remise en question par le grand public. Pour cette raison, parler d’elles n’est ni plus ni moins qu’une nécessité. Aujourd’hui, Laverne Cox, découverte dans Orange Is The New Black a déjà marqué l’histoire en étant la première femme transgenre à faire la Une du Times ou encore à avoir été nominée aux Emmy Awards (en 2017 et en 2019). En décembre dernier c’est l’acteur canadien Elliot Page qui fait son coming out transgenre. L’acteur utilisait déjà sa couverture médiatique à des fins militantes. Connu pour ses rôles dans Juno, X-Men et plus récemment dans la série The Umbrella Academy, Elliot est le second acteur trans à faire la Une du Times en mars de cette année. Sa prise de parole dans le magazine est inspirante pour beaucoup de jeunes qui se reconnaissent dans son parcours, il suffit de voir les partages sur les réseaux sociaux. Une fois de plus, le même constat : les représentations transgenres sont importantes, voire vitales. Si elles le sont aujourd’hui à l’occasion de la Journée Internationale de la visibilité transgenre, elles le sont tout autant le reste de l’année !

Quelques ressources supplémentaires :

  • Disclosure, Sam Feder – Documentaire disponible sur Netflix
  • Une Histoire de Genre, Lexie – Essais paru aux éditions Marabout
  • La Feministerie – Plateforme d’ateliers interactifs (féminisme intersectionnel)
  • Un Podcast Trans – Podcast disponible sur toutes les plateformes

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