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Loki : l’avis de la rédac’ sur la saison 1 !

La saison 1 de Loki vient juste de se terminer. Après ses deux prédécesseurs, WandaVision et Falcon et le Soldat de l’Hiver, Loki est vite devenue la série la plus attendue de l’année puis le plus gros lancement de la plateforme Disney +. L’attente de cette première saison en valait-elle la peine? La réponse de la rédac’ ci-dessous.

SPOILERS ALERT :
Cet article contient des éléments importants de l'intrigue.
  • Erreur sur la marchandise

loki saison 1 variant

© Disney + / Loki

En découvrant la bande-annonce de Loki il n’est pas difficile pour notre imagination de s’emballer. On pense directement à des épisodes fous, décalés avec beaucoup d’humour, sur les pas de Loki (l’excellent Tom Hiddleston) et de ses variants. Loki qui court derrière d’autres versions de lui-même ? Cela promet. Pourtant la vérité est tout autre. Ce n’est pas grave, on y suit le personnage principal sur la voie de la rédemption, ce qui pourrait être très intéressant. Ce n’est pas la première fois que Disney + table sur la santé mentale de ses héros, sur leur deuil et sur leur façon d’aller de l’avant. WandaVision et Falcon et le Soldat de l’Hiver l’avaient très bien réussi.

Pourtant dans Loki, tout retombe comme un soufflet. Dès le pilot on se demande : où sont les variants ? Chaque semaine, le trailer des nouveaux épisodes nous montrent d’autres versions de Loki. Et chaque semaine, ces variants n’ont pas plus de cinq minutes à l’écran (Quel dommage pour Président Loki ! ) C’est la déception.

  • Un pas en avant, trois en arrière

loki sylvie saison 1

© Disney + / Loki

Loki a été reconnu genderfluid dans le MCU, comme en témoigne son fichier à la TVA. Cela fait des années que le dieu d’Asgard l’est dans les comics mais c’est une victoire de le voir pour la première fois à l’écran. Les spectateurs ont également pu se réjouir quand Loki et Sylvie (l’impressionnante Sophia Di Martino) se sont avoué.es – certes de façon très timide – être bisexuel.les. Une autre victoire de représentation pour un personnage si intéressant et complexe que Loki.

Néanmoins, ce n’est qu’un écran de fumée, une nouvelle fois. Si la complicité de Sylvie/Loki est attendrissante (tout autant que celle avec Mobius, joué par Owen Wilson) faire de leur relation quelque chose de plus qu’un amour platonique semble forcé, voire malsain. On nous le répète tout le long de la série : ils sont la même personne. Pourquoi les faire tomber amoureux ? Parce qu’ils sont du sexe opposé ? Pourquoi ne pas utiliser leur rapprochement comme la première amitié saine des Loki ? Comme une façon pour le dieu de s’aimer et de faire confiance à d’autres personnes ?

  • Un gros problème de rythme

mobius loki

© Disney + / Loki

Le gros point noir de cette saison 1 de Loki, c’est le rythme. Les épisodes sont inégaux tant par leur durée que par l’équilibre des scènes de combat et des explications (beaucoup trop) longues. On se demande même si des scènes n’ont pas été coupées à cause des changements de diffusion entre les séries Disney + et les films de l’Univers Cinématique Marvel, comme Black Widow par exemple. Nous ne nous sommes pas alarmé.es au premier épisode un brin plan-plan car nous comprenions la nécessité d’expliquer aux spectateurs un concept aussi compliqué que la TVA. Une organisation à l’esthétique des années 70 veillant à la bonne santé de la sacred timeline (l’éternel flux temporel), ne peut pas être présentée en quelques minutes.

Pourtant l’impression d’avoir affaire à beaucoup de « blabla » persiste au fil des épisodes. Ceux-ci se font d’ailleurs plus courts au fur et à mesure, passant d’une heure environ à presque quarante minutes. On est perdu.es entre l’envie d’avoir une saison 1 plus longue (seulement six épisodes ?!) et des épisodes plus courts mais plus percutants et captivants. À chaque fois qu’on a l’ombre d’une action, elle vient se faire couper par des monologues et autres discussions interminables, comme c’est par exemple le cas dans l’épisode 5, qui reste à ce jour, le meilleur de la série. Pourquoi avoir interrompu tous ces easters eggs (clins d’oeil, ndlr.) et autres scènes de combat pour contempler un nuage pendant dix minutes ?

Même le final ne nous a pas convaincu.es. Les héros passent la majorité de l’épisode avec une épée à la main, certes, mais surtout assis sur une chaise à dialoguer avec « le grand méchant. » Show, don’t tell ! (Montre, ne raconte pas.)

  • De la magie mais peu de surprises

vieux loki

© Disney + / Loki

Ce qui sauve un tant soit peu cette saison 1 de Loki, c’est le casting, toujours aussi excellent et leurs interprétations. Ce ne sont pas les jeux d’acteurs le problème, bien au contraire. Là où le bas blesse, c’est l’écriture. On nous avait habitué.es à plus audacieux. Après tout, c’est la marque de fabrique de Marvel : surprendre même les fans de comics les plus aguerris. Ici, on a surtout l’impression que la série reste timide, et ne se mouille pas trop. Même Loki, en tant que personnage principal, a du mal à se faire une place dans sa propre série : le Loki de 2012 aurait dû être bien plus féroce et malicieux.

C’est peut-être parce que nous regardons trop de séries du genre, mais nous n’avons pas été surpris.es par les « révélations » de la série. Dès le premier épisode on nous parle des variants Loki masculins, il est donc assez facile d’imaginer que nous allons découvrir une variante féminine. Dans le mille, on nous présente Loki alias Sylvie, un mix de Lady Loki et l’Enchanteresse des comics. Il est également assez logique de deviner que les Time Keepers, ces gardiens du temps, n’existent pas. Un peu comme le Magicien d’Oz. Même « He Who Remains »  n’est pas une surprise : son interprète, le très bon Jonathan Majors, avait été annoncé comme Immortus / Kang le Conquérant il y a des mois par la firme Disney. Il devrait notamment réapparaître dans le prochain Ant-man. De plus, les scènes post-génériques ne sont pas réellement exploitées. On s’attendait à plus de teasing.

  • Et la suite ?

kid loki vieux loki variant

© Disney + / Loki

Le réel point positif ce sont les variants, bien que trop peu exploités. Classic Loki (Vieux Loki) a démontré le potentiel des pouvoirs du dieu d’Asgard. On espère donc que Loki continuera son apprentissage avec Sylvie pour mettre à bien ses capacités d’illusionnistes (et laisser tomber les dagues.) Même Kid Loki était sympathique à découvrir et on espère qu’on le retrouvera bientôt dans un autre projet Disney, comme par exemple les Young Avengers où une série regroupant une nouvelle génération de héros. (Mention spéciale pour Alligator Loki qui restera notre préféré et le seul à vraiment crever l’écran.)

Avant même de voir la scène post-générique du dernier épisode, il est déjà certain que la série aura le droit à une saison 2. Beaucoup trop de réponses sont laissées en suspens, comme le Juge Renslayer (Gugu Mbatah-Raw) et sa quête ou encore les vies passées de Mobius et B-15 (Wunmi Mosaku.) L’ombre au tableau, c’est que Loki n’est pas réellement relié à d’autres projets Marvel. On s’imaginait très bien le lien entre WandaVision et Doctor Strange ou Captain Marvel. The Falcon and the Winter Soldier ouvrait aussi une porte vers Secret Invasion, bientôt sur Disney +. Qu’en est-il réellement de Loki ? On se doute bien que ces nouvelles timelines vont se répercuter sur toute la phase 4 du MCU. Avant ou après la saison 2 ?

En conclusion, Loki souffre surtout du syndrome du petit dernier. Passer après WandaVision, tant révolutionnaire, et The Falcon et The Winter Soldier, avec des sujets de sociétés abordés avec brio, ce n’est pas facile. La série aurait sans doute été mieux appréciée « à sa juste valeur » si elle avait été diffusée en premier, comme cela devait être le cas à l’origine. Nous en sommes les premiers attristé.es. Malheureusement, le personnage de Loki ne brille pas face à ses anciens doubles. Nous avons eu l’impression de regarder une nouvelle version aseptisée du célèbre Trickster (escroc, illusionniste, ndlr.) Même si la série nous a énormément déçu.es, l’annonce d’une saison 2 est une bonne chose. Cela laisse une bonne marge d’amélioration.

Notre note :

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