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Ginny & Georgia : l’avis de la rédac’ sur la série Netflix

Le 24 février, Netflix a mis en ligne une nouvelle teen série, Ginny et Georgia, avec Brianne Howey et Antonia Gentry respectivement dans les rôles de Georgia, jeune mère de 30 ans et sa fille Ginny, adolescente métisse de 15 ans. Celles-ci viennent d’arriver avec le deuxième enfant de Georgia, Austin (Diesel La Torraca), 9 ans, du Texas à la Nouvelle-Angleterre, suite au décès du précédent mari de Georgia et beau-père des enfants. Tous les trois espèrent s’intégrer et démarrer une nouvelle vie…
En moins de deux semaines, la série a déjà beaucoup fait parler d’elle, en bien comme en mal. Nous avons regardé les dix épisodes de la saison 1, chacun durant environ 50 minutes pour vous livrer notre avis. Alors, que vaut Ginny & Georgia ?

 

*  attention, dans un souci d’être précise, cette critique comporte des spoilers * 

  • Une série qui parle de sujets importants

Ginny & Georgia est une série de type comédie dramatique. Bien qu’on y trouve beaucoup d’humour, elle traite aussi de sujets sérieux. On apprécie particulièrement le fait que la série ait pour point central le racisme, notamment lié au fait d’être métis, comme Ginny qui est à moitié blanche et à moitié noire, ou son ami Hunter (Mason Temple) qui est à moitié blanc et à moitié asiatique. Le mal-être de Ginny, sa gêne, le fait qu’elle se sente “entre deux cases” est plusieurs fois évoqué, ainsi que le fait que ses cheveux soient durs à coiffer, qu’elle ait été accusée de vol alors que sa camarade blanche a également volé sans être accusée, qu’elle ait l’impression de subir du racisme de la part de son professeur ou de laisser tomber une camarade noire.
Le racisme envers des personnes non blanches et non-noires est aussi évoqué, ce qui est apprécié, notamment lorsque Hunter (eurasien) et Ginny se disputent, celui-ci lui expliquant qu’il subit aussi du racisme. D’ailleurs, deux personnages d’origine indienne sont aussi représentés : Joe (Raymond Ablack) et Padma (Rebecca Ablack), tandis que Norah (Chelsea Clark), l’une des amies de Ginny, a été adoptée et est asiatique.
Du côté des minorités non raciales, la question des personnes handicapées est évoquée également avec Clint, le père de Maxine (Sara Waisglass) et Hunter (voisins de Ginny) qui est sourd-muet (il est interprété par Chris Kenopic).
Enfin, du côté des minorités sexuelles, Maxine est lesbienne, de même que Sophie (Humberly Gonzalez) avec qui elle entretiendra une relation amoureuse – Sophie représente une double minorité puisqu’elle est hispanique. Nick (Daniel Beirne), l’assistant du maire est gay et parfois travesti.

Ginny & Georgia a aussi le mérite de traiter d’un sujet d’importance : l’automutilation, notamment chez les adolescents, ce qui est assez rare pour être salué. Le générique de fin des épisodes concernés contient d’ailleurs le numéro d’une hotline américaine dédiée. On aurait aimé que le thème soit d’autant plus exploré, que Ginny puisse en parler davantage et être aidée.

De ce côté-là, il y a donc beaucoup de positif dans cette série qui se révèle également amusante.

  • Des messages étranges et des personnages peu attachants

Dans le même temps, malheureusement, Ginny et Georgia distille aussi des messages étranges et donne à voir des moments qui plongeront le.a spectateur.trice dans l’incompréhension.
A commencer par des comportements adolescents extrêmes à répétition. La série étant destinée avant tout aux adolescents, on peut tout de même s’étonner d’y voir des jeunes qui boivent, se droguent et ont des comportements sexuels pas toujours maîtrisés ou réfléchis. La série a un côté franchement racoleur qui envoie les mauvais messages aux adolescents et pourra en frustrer plus d’un, notamment ceux qui n’ont pas la chance d’appartenir à un groupe d’amis faisant tout ensemble, comme Ginny, ou de devenir une star des réseaux sociaux et du lycée – son petit ami Hunter a composé une chanson pour elle devenue virale ! Si celle-ci est exclue du groupe d’amis dès qu’elle agit librement, ce n’est toutefois pas suffisant pour délivrer un message de dénonciation. On se demande pourquoi la série insiste à ce point sur ce groupe d’adolescents se prenant déjà pour des adultes.
De la même manière, Georgia ainsi que son amie Ellen (Jennifer Robertson), la voisine, semblent avoir une bouteille d’alcool greffée à la main !

Des moments franchement cringe (donnant une impression de malaise) ponctuent aussi la série : les amies de Maxine lui tendant des Oreos dont elle lèche la crème avant de leur rendre pour la consoler d’une rupture (?!), une très longue et gênante scène de frottage entre Ginny et Marcus (Felix Mallard) dont on ignore s’il s’agit d’une scène d’amour, Ginny, quinze ans, se donnant du plaisir avec les poils d’une brosse à dents électrique… La perte de virginité de Ginny interloque aussi par sa rapidité et son côté peu crédible. Il ne s’agit en rien de diaboliser la sexualité ou l’excentricité : on ne comprend simplement pas pourquoi ces actions sont montrées de cette manière à l’écran, à l’exception d’une volonté artificielle de racolage.

Enfin, un autre des problèmes de Ginny & Georgia est le fait que certains de ses personnages principaux ne soient pas attachants. Si Georgia est amusante (notamment son accent du sud, en VO), on est tout de même perplexe étant donné les indices de son passé criminel (on parle tout de même d’assassinat…). La voisine et amie Maxine, quant à elle, est souvent insupportable, tant elle est survoltée. Son écriture fatigante en mode drama queen donne l’impression d’avoir affaire à une Madonna du pauvre.
Le problème majeur restant Ginny. Si au début, elle donne l’image d’une adolescente mature, on s’aperçoit rapidement qu’elle ne fait que se plaindre, scène après scène, notamment en deuxième partie de saison où cela devient presque dur de poursuivre le visionnage lorsqu’elle est présente dans une séquence. Ginny se plaint auprès de son copain Hunter, de sa mère, et de sa vie en général, elle se plaint à Marcus, elle se plaint à sa mère, à son père, à tout le monde, constamment. Bien qu’elle ait eu des difficultés dans la vie (rien en comparaison de celles de sa mère), Ginny est insatisfaite en permanence, elle crée des disputes, râle et gâche l’anniversaire-surprise que sa mère lui a organisé. Elle trompe son copain sans arrière-pensée alors qu’il lui fait de grandes déclarations qu’elle ne détrompe jamais. Ginny est un personnage égocentrique qui rapporte tout à elle y compris lorsque la situation concerne la souffrance des autres. C’est le cas lorsque sa mère lui explique qu’elle ne lui a pas parlé de ses grands-parents car elle a été abusée enfant, ou que son père lui apprend que sa mère et lui ne vivront pas ensemble. La réaction de Ginny n’est pas de leur demander comment ils se sentent mais de se plaindre une fois de plus, en ramenant cela à elle. Poursuivre la série dans ces conditions est difficile.

 

  • Du faux drama à tout va qui lasse

 

Ces défauts sont symptomatiques de l’écriture des scénaristes qui rajoutent et rajoutent, sans se soucier si le programme s’avère très cheesy. Ginny & Georgia est une série très bavarde avec des dialogues et parfois de l’humour qui sonnent faux. On a droit à des personnages stéréotypés (notamment Cynthia jouée par Sabrina Grdevich) et une photographie très classique.
S’ajoute à cela une écriture où le mot d’ordre devait être “faux drama“. En effet, tout est prétexte à créer des disputes ou des ruptures dans la série, même lorsqu’il n’y a pas lieu d’en créer. C’est ainsi que Maxine, meilleure amie de Ginny, s’offusque d’apprendre que celle-ci a couché avec son frère jumeau Marcus alors que cela ne la regarde en rien. C’est à Ginny et Marcus de décider s’ils souhaitent évoquer leur relation à d’autres, ils n’ont pas de permission à demander à Maxine. D’ailleurs si les rôles étaient inversés, on trouverait bien machiste un frère qui voudrait se mêler des histoires de coeur de sa soeur. Il n’y a qu’Hunter, copain trompé, qui pourrait en être fâché.
De la même manière, Zion (Nathan Mitchell) et Georgia retombent amoureux dès qu’ils se voient, et ce depuis quinze ans. C’est manifestement le manque de moyens et leur jeune âge qui ont eu raison de leur relation. Pourquoi ne pourrait-elle pas enfin fonctionner à présent que tous deux ont mûri et ont plus de moyens ? Pourtant, encore une fois, la série va vers le faux drama : les parents de Ginny se quittent sans vraiment de raison et Georgia se fiance au maire, Paul (interprété par Scott Porter), qui ne sait rien de son passé trouble.
Le faux drama s’invite aussi dans cette fin ridicule et encore une fois racoleuse dans le genre “badass” (c’est le terme consacré).

Au final, Ginny & Georgia se révèle donc être une série très inégale, avec de gros défauts venant gâcher un programme sinon assez divertissant. Si le passé de criminel de Georgia pouvait être adouci, et si Ginny pouvait être écrite comme moins égocentrée, on pourrait apprécier une saison 2 dans cet environnement très tolérant et inclusif, ce qui fait très plaisir dans le paysage actuel des séries.
On espère que les scénaristes réduiront un peu le faux drama et le cheesy pour nous proposer des épisodes un peu plus remplis avec un meilleur suspense de l’un à l’autre. Bien qu’assez négatif, le bilan n’est pas irrattrapable et la série n’est pas à abandonner. En effet, le pitch reste agréable : une mère trentenaire un peu loufoque essayant d’élever ses enfants (dont l’une métisse) venus du Texas dans une banlieue BCBG de Nouvelle-Angleterre…

Notre note :

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2 commentaires

Tréville

le 5 avril 2021 à 0h33

Série sympa, dynamique et intéressante à regarder mais, hormis le personnage de Georgia dont les actes suivent le caractere et la mentalité de la personne, quite à être sur protectrice au point de tuer pour sauver sa fille et la relation qu elle a avec, la critique correspond assez bien à ce que je pense de la série et de Ginny. Elle surprend, elle est extrême, râle tt le tps, dit tout donc effectivement pas génial en terme de confiance, mais elle fatigue très vite ds la série. Elle ne comprend rien, prend tout mal pour rien et pour tout, ne pense qu à elle et elle fait trop d histoires. La série parle de beaucoup de sujets et causes importantes… Mais en 10 episodes, ils finissent par perdre leur intensités et leurs messages en se confondant les uns dans les autres dans une spirale d émotion dont on sort, si pas déboussolé, vidés. Elle se mutine ? Ok. Pq vrmt en fait ? Et puis après, on en parle plus ? On parle de racisme, ok, mais je sais pas, c est comme si ceka manquait de profondeur. Le chantage avec le prof… Je sais pas. Ca tient pas la route. C tt ? Et c est quoi l idée à retenir alors ? Pas clair et dérangeant. Et tout est ainsi. Et puis, parlons en de la fin, deux ados, pardon 1 ado et 1 gosse sur a moto partant et s échappant ainsi… Comme si elle allait pas se faire vite rattraper, sans argent et petit boulot, avec un demi-frère assez visible et dont elle n a ni la carrure ni la personnalité de sa mère pour se démerdé. Mouais. Et la derniere phrase sonne comme une morale paumée :en gros, j ai voulu savoir, maintenant que je sais, je pardonne mais je peux pas l encaisser donc j aurai pas du insister de savoir et je juge ma mère malgre tout. Bon, ok… Et j embarque mon petit frère ds l aventure, inconsciente. Mouais… Une fin qui ne tient pas la route du tt et décevante. Mais très jolie jeu d actrice pour Georgia.

bahaliou1304@gmail.com

le 17 mars 2021 à 6h37

J’ai trop apprécier la série surtout hunter . Il a déchiré ‘ quant a Ginny j’ai kedal a dire sur elle
Trop frivole