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Cruel Summer : l’avis de la rédac’ sur la nouvelle série à suspense

D’abord diffusée aux Etats-Unis sur la chaîne Freeform, Cruel Summer est une série exclusivement disponible en France depuis le 6 août 2021 sur Prime Video. Produite par Jessica Biel, la série est rapidement montée dans le Top 10 des programmes les plus regardés sur la plateforme de streaming légal. La teen série fait parler d’elle pour son pitch glaçant – une adolescence secourue d’un enlèvement en accuse une autre d’avoir su où elle était captive et de n’avoir rien dit – et sa superbe capacité à créer le mystère et le suspense. Alors, que vaut Cruel Summer ?

  • Du mystère sur trois ans

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Le premier atout de Cruel Summer est indéniablement son intrigue qui fait prendre partie sans pour autant ôter le mystère. Kate Wallis (Olivia Holt) disparaît à la fin de l’été 1993. Un peu moins d’un an plus tard, en été 1994, elle est libérée de la maison où elle était retenue prisonnière, son ravisseur ayant été abattu. Racontant son calvaire à la télévision, elle lâche alors une bombe qui va secouer la ville : Jeanette Turner (Chiara Aurelia), une autre adolescente qui connaissait Kate, l’aurait vue alors qu’elle était retenue captive et n’aurait pas alerté la police, prolongeant ainsi le calvaire de Kate pendant plusieurs mois. Enfin, en 1995, alors que Kate avait accusé Jeanette sans preuve, c’est celle-ci qui l’attaque en justice pour diffamation.

Dès lors, le.a spectateur.trice est scotché.e jusqu’à la fin de la saison en dix épisodes. Qui, de Kate ou de Jeanette, dit la vérité ? Pourquoi Kate mentirait-elle, si ce n’est pour se venger du fait que Jeanette aurait usurpé sa vie durant sa captivité (allant jusqu’à sortir avec son petit ami Jamie et récupérant ses amies) ? Quant à Jeanette, aurait-elle pu tenir à son nouveau rang social au point de préférer ne pas secourir Kate, ou n’a-t-elle que profité de la situation, sans avoir participé à sa captivité ?

Un épisode sur deux est dédié à chacune des protagonistes. En plus de cette alternance au niveau des personnages, les quarante-et-une minutes de chaque épisode passent d’une année à l’autre – 1993, 1994 et 1995. Les événements se répondent tout en épaississant le mystère. Cette alternance entre chaque année est idéale pour créer une véritable dynamique dans la série.

  • Une ambiance parfaitement maîtrisée

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L’ambiance de Cruel Summer, et même les trois ambiances, une pour chaque année, sont parfaitement maîtrisées. Si, au début de la série, on peut avoir un peu de mal à bien situer les événements, qu’est-ce qui a lieu à quel moment, etc., cette difficulté s’estompe à mesure que la saison progresse. On continuera toutefois de se poser une ou deux questions de temporalité de temps en temps.

Pourtant, chaque année est bien reconnaissable grâce à une photographie différente : classique pour 1994, saturée de jaune pour 1993 et enfin passée au filtre gris-bleu pour 1995. De même, les apparences des adolescents sont très différentes : en 1992, âge de l’innocence, Jeanette porte encore des bagues aux dents et des lunettes, elle a aussi des boucles enfantines, pas de maquillage et des vêtements de petite fille, tandis que Kate ressemble à une poupée au brushing blond. Un an plus tard, Jeanette a découvert sa féminité en même temps que le fer à lisser et les lentilles de contact tandis que Kate abandonne l’apparente perfection que lui imposait sa mère. Enfin, en 1995, les deux jeunes filles ont viré grunge et arborent des coupes plus courtes.

L’ambiance de chacune des trois années est maîtrisée, nous permettant de (re)découvrir l’atmosphère si particulière des années 90 (pas de téléphone portable, un internet rudimentaire, beaucoup d’activités en communauté, etc.). Ambiance crédible également grâce au jeu impeccable des interprètes qui nous livrent des prestations sans faille, en particulier Chiara Aurelia dans le rôle de Jeanette Turner, passant comme un caméléon de la petite fille à la jeune femme trouble. L’ensemble du cast est pourtant à saluer, adultes comme adolescents sont tous très bons : Froy Gutierrez (Jamie, le petit-ami), Allius Barnes et Harley Quinn Smith (Vince et Mallory), Brooklyn Sudano, Sarah Drew, Michael Landes, Andrea Anders et Ben Cain (les adultes et parents), et bien sûr Blake Lee (le ravisseur de Kate). Enfin, on apprécie cette bande-originale subtile, composée de reprises des grands tubes des années 90 – on la doit à Wendy Melvoin et Lisa Coleman.

  • La vérité, un concept relatif ?

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Qu’est-ce que la vérité ? Un ensemble de faits indéniables et lisibles depuis un seul point de vue ? Ou un concept vivant et insaisissable avec lequel on peut jouer ?
Ce qui fonctionne aussi remarquablement dans Cruel Summer, c’est sa capacité à créer du mystère et du suspense en donnant à voir au.à la spectateur.trice des éléments d’intrigue en apparence contradictoires. Jeanette serait une menteuse. Kate aussi. Pourtant Kate dit la vérité, mais Jeanette aussi. L’une aurait-elle vu l’autre sans que l’autre la voie ? Les deux jeunes femmes ont leur part d’ombre. De quoi nous changer de l’habituel.lle héros.ïne parfait.e en tous points. Malgré le fait qu’on sente que l’une, sinon les deux, ne sont pas innocentes, on apprécie leur histoire et on s’attache aux deux, cherchant une issue qui permettra aux deux adolescentes de s’en sortir. Tout en faisant des pronostics et en émettant des hypothèses sur comment les choses auraient pu se passer. Qui est méchant et qui ne l’est pas ? Jusqu’à ce final après le final qui nous apprend que la vérité a plusieurs facettes…

Cruel Summer s’avère donc être une série de très bonne facture, addictive et très satisfaisante. Son épisode final produit non pas un mais deux twists, dont un dans les dernières secondes, qui modifie l’ensemble du regard porté sur les événements dépeints à l’écran. Rien de pire que de décevoir le spectateur en n’allant pas au bout de ses attentes : ce n’est certainement pas ce qui s’est produit dans les dix épisodes de Cruel Summer. Bien écrite, bien interprétée, bien mise en scène et bien montée : Cruel Summer est à voir absolument. 

Notre note :

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