Contact (TF1) : entretien avec Alexis Loret

A l’occasion du lancement de la seconde saison de Contact ce soir à 21h sur TF1, l’interprète du Lieutenant Eric Adam, Alexis Loret, a pris le temps de répondre à nos questions. Entretien avec un acteur aussi sympathique que charmant et accessible.

 

Votre personnage se retrouve en bien mauvaise posture à la fin de la saison 1. Pouvez-vous nous dire ce qui l’attend ?
La saison débute par un saut dans le temps de quelques mois durant lesquels Eric a été convalescent. On rouvre donc la série sur son retour précipité au travail où il va reprendre le fil de l’enquête qu’il a dû abandonner, contraint et forcé du fait qu’on lui tire dessus, toujours avec l’aide de son frère Thomas (Thomas Jouannet). On reprend le fil rouge de la saison 1 tout en ayant le principe d’une enquête bouclée par épisode, c’est-à-dire que dans chaque épisode, on débute et clôt une enquête, mais chaque fin d’épisode se termine en cliffhanger sur le fil rouge de la saison, le fil rouge étant l’enquête familiale (sur le meurtre des parents des frères Adam, ndlr).

 

(Comment) cette condition physique a-t-elle impacté votre jeu d’acteur ?
Pour répondre à cette question je suis obligé d’avancer dans la saison… [SPOILER] L’idée, c’était qu’Eric retrouve assez rapidement ses facultés physiques. Comme on fait un bond en avant de 6 mois et qu’il reprend le boulot, c’est qu’il peut marcher. On l’a d’abord fait marcher comme quelqu’un qui est en rééducation avec l’aide d’une canne, puis petit à petit la marche se libère jusqu’à ce que lui décide de s’en séparer à un moment où il se passe un événement bien précis. On a donc fait en sorte que, crescendo, il retrouve ses facultés et qu’il soit apte au service au fil de la saison.

 

La série est basée sur une relation fraternelle, plutôt conflictuelle au début et sûrement plus fusionnelle par la suite. Comment se passe le tournage avec Thomas Jouannet, qui joue votre frère ?
Avec Thomas ç’a été assez simple. On n’a pas vraiment eu de temps pour s’apprivoiser puisqu’on s’est tout de suite « plu » et ç’a tout de suite collé donc on n’a pas eu peur de jouer cette relation. L’intérêt de cette série, c’est cette fratrie. Il n’y a pas de série policière où ce sont deux frères qui mènent l’enquête, ce sont souvent des coéquipiers. Mais comme dans Contact le fil rouge est l’enquête familiale, c’est important d’avoir quelque chose de fusionnel et de ne pas avoir peur de jouer très proches l’un de l’autre, de se toucher, de se parler à l’oreille, etc. Comme il y avait une vraie confiance et une complicité entre nous -parce que rapports très amicaux-, ça n’a pas été compliqué et ça s’est fait complètement naturellement.

 

Contact est réalisé par Frédéric Berthe. Vous venez de tourner Les Crimes Silencieux avec lui et Les Innocents qu’il réalise également. Pouvez-vous nous dire pourquoi vous aimez travailler avec lui ?
Car c’est facile de travailler avec lui ! C’est quelqu’un qui aime son équipe -que ce soit l’équipe technique ou artistique- et c’est important d’avoir « un chef d’orchestre » qui soit bienveillant. Et Frédéric a cette bienveillance pour les acteurs et pour les techniciens, ce qui fait que c’est très plaisant de travailler avec lui. Pour moi qui aime fabriquer les choses, qui aime cet esprit de groupe, je trouve que c’est un réalisateur idoine pour ça. Il sait embarquer tout le monde et laisse une grande liberté aux acteurs et ça, c’est tout de même une chance ! Il sait quand quelque chose ne le convainc pas complètement, ou quand il a envie de partir sur une autre direction et il sait nous y amener sans heurt, ça se fait tout seul et on se laisse guider. Il a également un vrai regard, une vraie science du cadre que je trouve très moderne. Du coup, oui j’adore travailler avec Frédéric et je ne sais pas comment le dire autrement, mais je me sens vraiment chez moi avec lui.

 

Vous jouez aussi bien dans des films que des séries ou des téléfilms. Avez-vous une préférence ou choisissez-vous un tournage par rapport au rôle proposé et non au format ?
Il faut surtout que le projet me plaise. Concernant le format, c’est très compliqué. D’abord, le cinéma et la télévision n’ont du tout la même audience et ce n’est pas la même démarche de consommation. De nos jours à la télévision, il y a aussi la consommation en replay donc cela ne touche pas les mêmes publics. Pour ma part, quand je travaille avec Téchiné (André Téchiné, réalisateur français avec qui Alexis a travaillé plusieurs fois, ndlr), je sais qu’il a son public qui va le suivre, mais en même temps je sais que certains films ne dépasseront pas la barre du million. Je le fais donc pour d’autres raisons. Quand on fait une série pour TF1, on sait que le facteur « audiences » va être important, il va falloir être à 5 millions de téléspectateurs par exemple. Pour Arte, le seuil sera nettement plus bas. Donc en fait non, ce n’est pas le format qui m’intéresse mais plutôt les opportunités de travail. Certes, n’importe quel acteur doit travailler mais il faut aussi se dire qu’on a ce segment-là, on va donc essayer de faire un produit qui plaît à ce public-là avec différentes contraintes. C’est-à-dire que sur une série, on aura moins de temps pour tout mettre en images et pour autant le matériel est le même puisqu’on a des moyens techniques identiques. Or, la difficulté est de réussir à mettre en boîte un épisode en 11 jours et demi environ, tout en crossboardant plusieurs épisodes en même temps afin de couvrir plus de marge et de latitude. Sur un téléfilm, comme par exemple sur Les Crimes Silencieux (récemment diffusé sur France 3, avec Odile Vuillemin et Richard Berry, ndlr), on tourne en 22 jours. Tout dépend aussi du travail avec le metteur en scène et avec les acteurs. Au final, ce qui est intéressant, c’est de fabriquer. Alors qu’on fabrique une série, un long-métrage ou un téléfilm, la fabrication est somme toute la même, bien qu’il y ait des choses imposées comme par exemple en terme de temps, etc. Et ces contraintes rendent la fabrication plus ou moins difficile ou confortable. En tout cas, je m’éclate autant dans une série que dans un film. Tout dépend aussi ce qu’il y a à jouer, mais je ne suis pas sectaire et je peux m’épanouir autant dans une série que dans un film.

 

Quid du théâtre ?
Ça ne s’est jamais présenté encore. Je suis un « autodidacte », j’ai eu l’opportunité de travailler au cinéma grâce à Téchiné (dans Alice et Martin en 1998, ndlr) sans jamais avoir mis les pieds dans un cours. Par conséquent, j’ai fait mes gammes sur un plateau, et n’ayant pas mis les pieds dans un cours où l’on fait nos gammes sur scène -puisque, que l’on travaille des scènes de cinéma ou de théâtre, on fait de la scène-, eh bien je n’ai pas pu montrer des choses, faire corps avec une troupe et monter un projet théâtral, donc je suis passé à côté de ses opportunités-là.

 

Ça vous intéresserait ?
Ça m’intéresserait, oui. Je sais que mon agent souhaiterait que j’en fasse mais pour l’instant nous n’avons pas eu d’opportunités qui se sont présentées. Pour autant, je suis assez ouvert mais il faut également qu’un metteur en scène en ait envie, qu’un directeur de théâtre ne soit pas frileux… Parce qu’à 42 ans, avoir envie de faire du théâtre ça peut paraître curieux ! Je suis ouvert aux propositions mais je ne me vois pas provoquer les choses, sachant que finalement, je vais arriver sans l’expérience du théâtre. Il faut que les gens aient envie de m’y emmener et je ne peux pas m’imposer.

 

Avez-vous un projet idéal ? Quelque chose que vous n’avez encore jamais fait et que vous aimeriez vraiment faire ?
Idéal non. Mais je trouve qu’on ne me propose pas assez souvent des rôles de salauds et j’aimerais bien « me salir » un peu. On me propose souvent des rôles de « types biens » qui, certes, vont avoir un parcours mais qui vont toujours pour aller vers une forme de lumière. J’aimerais qu’on m’amène vers des choses plus sombres donc j’attends le projet qui m’y amènera ! Mais à part ça, je n’ai pas de désir particulier. Comme n’importe quel acteur, j’aime le costume car c’est un élément nous fait partir dans un autre monde et c’est toujours excitant. Ce sont des rencontres aussi. Pourquoi aller vers le projet si c’est pour ne pas être bien accompagné par un réalisateur et finalement être malheureux ? Donc ce qui m’intéresse, ce sont les rencontres, la synergie du plateau. Après, les projets sont divers et variés et c’est aussi ce qui fait la richesse de la production française, que ce soit en fiction télévisée ou au cinéma.

 

Aimeriez-vous tourner dans une production américaine ?
Oui. Il y a des choses qui se sont présentées mais qui n’ont pas abouti pour diverses raisons, et ce ne sont pas des histoires de jeu, mais plutôt des choses contractuelles un peu compliquées… Je suis assez à l’aise avec la langue de Shakespeare donc ça arrivera peut-être un jour mais ce n’est pas une obsession, et si ça doit arriver je le ferai avec grand plaisir bien sûr !

 

Avez-vous des coups de cœur pour des séries en particulier ?
Il fut un temps où j’en consommais régulièrement, maintenant un peu moins. Il m’arrive encore de suivre un peu The Walking Dead quand je fais du sport où j’accélère le palpitant au gré de l’apparition des zombies ! Sinon selon moi, la mère des séries c’est Breaking Bad. J’adore ! Elle m’a tellement plu et impressionné que j’ai du mal à me passionner pour les autres. J’ai beaucoup aimé Entourage aussi, parce que c’était drôle et que ça parlait du monde du cinéma à Hollywood. Au final je dévore les séries assez vite et je les prends souvent très en retard. Parfois il y a déjà 5 saisons de sorties et je vais tout regarder en deux semaines ! C’est un peu comme ça que je consomme les séries, mais je ne suis pas à attendre la diffusion sur OCS 24 heures après les États-Unis par exemple. A part ça, je ne suis pas du tout fan d’heroic fantasy donc je suis totalement passé à côté de Game of Thrones. Donc oui, je consomme des séries mais presque au hasard des rencontres, si quelqu’un me parle d’une série par exemple ou si je tombe sur un épisode et que j’aime bien en me disant « ç’a l’air pas mal et je vais regarder la suite » mais je suis assez peu l’actualité des séries. Pour autant, j’ai aussi une série qui s’appelle Transferts et qui sera bientôt sur Arte et dont je suis très fier. Je ne peux pas en parler énormément car si j’en parle, je spoile des choses et c’est très compliqué…

 

C’était justement ma dernière question… On vous a vu récemment sur France 3, on vous voit ce soir sur TF1… Quels sont vos projets ?
Eh bien Transferts. C’est une série d’anticipation qui a lieu dans une sorte de confédération européenne d’ici une dizaine d’années. On ne sait pas trop si on est en France mais ç’a été tourné en Belgique donc cela a permis un peu de brouiller les pistes au niveau architectural avec des voitures aux plaques d’immatriculation de pays qui n’existent pas, etc. On se projette à un moment où les recherches sur le transhumanisme ont avancé au point où on réussit à transférer l’âme de certaines personnes dans le corps d’autres, un peu comme du don d’organe. La série commence au moment où ces transferts sont illégaux. Le personnage que j’incarne a un accident et se fait transférer de manière illégale dans le corps d’un policier assez peu recommandable qui travaille au sein de la BATI (Brigade Anti Transferts Illégaux) donc mon personnage se retrouve pris au piège. L’esthétique est très travaillée. Les réalisateurs sont Antoine Charreyron et Olivier Guignard. Olivier Guignard est, entre autres, le metteur en scène d’Un village français et Antoine Charreyron vient de la direction artistique du jeu vidéo et il a aussi travaillé aux États-Unis me semble-t-il. Tous deux était à la mise en scène de Transferts et Antoine Charreyron était à la direction artistique sur l’ensemble de la série. Ils ont fait vraiment un travail assez fascinant et on va avoir l’impression d’être à la fois très proche et très loin avec des vraies questions morales sur ce que peut être notre futur avec toutes ces recherches sur le transhumanisme et sur la quête de l’immortalité. Concernant Les Innocents, on est dans un polar de 6 x 52 minutes qui est déjà bouclé. C’est une saison complète pour TF1 avec Odile Vuillemin que je retrouve après Les Crimes Silencieux, mais aussi avec Tomer Sisley, Olivier Marchal et deux jeunes acteurs formidables, Jules Houplain et Victor Meutelet. Il s’agit de l’adaptation française de la série norvégienne Øyevitne (Eyewitness) qu’on a tourné dans la région de Perpignan. On a donc des décors assez incroyables, on oscille entre mer et montagne, c’était vraiment très chouette et c’est réalisé par Frédéric Berthe justement !

 

Retrouvez prochainement l’avis de la rédac’ sur la seconde saison de Contact, dont les 6 épisodes seront diffusés chaque jeudi à 21h sur TF1, à raison de 2 épisodes par soirée.

Setsuna

Setsuna

Passionnée de séries américaines depuis toute petite, je suis tombée dans la marmite avec Beverly Hills 90210 et Lois & Clark. Ont suivi Buffy, Charmed, Le Caméléon, Roswell… Assez éclectique, je peux aussi bien regarder Sex and the City que Stargate SG-1. J’ai toutefois une préférence pour le genre fantastique, le quotidien réaliste m’ennuyant quelque peu… Les séries représentent beaucoup pour moi : on s’identifie aux personnages, ils nous font grandir en nous inspirant leur force (Sydney Bristow, Alias) et certains moments qu’ils vivent nous aident à traverser nos propres épreuves. Voilà donc pourquoi je tenais à leur rendre hommage en participant à ce site !

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