Canneseries : rencontre avec Maximilian Mundt et Danilo Kamperidis, les acteurs de la nouvelle série Netflix How to Sell Drugs Online (Fast)

Aujourd’hui, une nouvelle série originale venue d’Allemagne débarque sur Netflix. Les six épisodes de 30 minutes de How to Sell Drugs Online (Fast) rejoignent le catalogue de la plateforme de streaming. La série comique raconte l’histoire d’un nerd (personne passionnée par les sciences, les technologies et l’informatique) se mettant à vendre de la drogue en ligne pour impressionner son ex. Il devient l’un des plus gros dealers d’Europe. Lors du Festival Canneseries, nous avons eu la chance d’assister en avant-première mondiale à la projection des deux premiers épisodes de How to Sell Drugs Online (Fast). Après avoir rencontré Philipp Käßbohrer et Matthias Murmann, les créateurs de la série, nous avons eu l’occasion d’interviewer les acteurs Maximilian Mundt et Danilo Kamperidis pour parler drogues, génération Z et personnages de série.

Just About TV : Pouvez-vous nous en dire davantage sur la génération Z citée dans How to Sell Drugs Online (Fast) ?
Maximilian Mundt : Nous faisons partie de cette génération. Il y a plein d’avantages pour notre génération. On voit tous les mouvements se battre pour l’avenir et d’un autre côté on est dans notre chambre derrière notre ordinateur à ne penser qu’à nous, à prendre des selfies… Alors que certains essaient de sauver la planète.
Danilo Kamperidis : Je suis d’accord avec Maximilian. Le problème avec la génération Z, les médias et la technologie pour toutes les générations que l’on ait 15, 20, 30 ou 40 ans, on est en permanence sur notre téléphone. C’est une chose sur laquelle on devrait travailler dans notre société et utiliser par exemple Instagram pour des choses importantes.

Vos personnages sont des nerds et doivent faire face à la maladie, l’abandon… Comment vous êtes-vous préparés ?
M.M. : Pour moi, ce n’était pas si compliqué. Depuis mon enfance, j’étais un outsider à l’école. J’ai toujours été un peu étrange avec des passe-temps un peu bizarres. Ils n’étaient pas vraiment bizarres mais je faisais par exemple du théâtre.
D.K. : Par rapport à la maladie, c’était assez difficile pour moi car Lennya tendance à rester bloquer sur les aspects négatifs de sa vie. Il ne montre pas beaucoup d’empathie par exemple pour sa mère qui fait très attention à lui. C’était compliqué pour moi de comprendre mon personnage et de comprendre pourquoi il était si dur avec sa mère.

Partagez-vous des choses avec vos personnages ?
M.M. : Nous sommes tous les deux des outsiders. J’ai la volonté de fer, pas pour la même chose mais par exemple, j’essaie de suivre mes rêves. Même si je n’ai pas eu énormément d’auditions ces dernières années, je ne suis toujours préparé à fond, fais des ateliers et du théâtre.
D.K. : J’apprécie beaucoup Lenny. J’aimerais énormément l’avoir comme ami, il est très loyal et attachant. J’essaie d’être comme cela avec mes proches, même si je n’y parviens pas tout le temps.

Quels prochains rôles aimeriez-vous incarner à l’avenir ?
M.M. : J’adorerai jouer un gangster ou un méchant qui lutte intérieurement. Je suis fan de End of the F***ing World, interpréter un personnage comme Alicia serait vraiment cool.
D.K : C’est assez marrant, quand j’ai commencé à jouer, j’ai cru que j’allais tenir des rôles de méchants ou d’étrangers. Je crois que j’ai eu une seule fois un personnage turc, autrement j’ai toujours eu des rôles d’Allemands gentils. Ce serait cool d’être le méchant pour une fois.

Pensez-vous que Netflix change la télévision en représentant des personnes plus ordinaires de toutes religions, genres et tous les corps ?
M.M. : Plus que la télévision allemande qui est très propre avec des acteurs beaux… c’est certain. C’est pour cela que je me suis abonné à Netflix, voir des histoires étranges et des personnages spéciaux. J’ai beaucoup aimé Sex Education qui propose plein de personnages à la fois farfelus et attachants.
D.K. : Je pense que c’est ce que l’on a essayé de faire dans How to Sell Drugs Online (Fast). Même si tu n’es pas la personne la plus populaire de ton école ou la plus connue dans ta ville, tu auras des personnages de la série auxquels tu peux t’identifier.

Est-ce différent de travailler pour une production Netflix ?
D.K. : On ne s’en rend pas compte au moment du tournage.
M.M. : Il n’y a pas vraiment de différence au niveau du travail. Tu te mets plus de pression et tu as davantage peur car tu sais que les gens du monde entier peuvent voir la série. C’est un vrai challenge.

L’un des sujets principaux de How to Sell Drugs Online (Fast) est la drogue. Quelle est votre opinion sur la légalisation de celle-ci ?
M.M. : L’éducation est essentielle. Parler davantage de drogues, de sexe et de maladies à l’école. Nous sommes encore extrêmement prudes. En parler aiderait énormément à prévenir toutes les personnes qui tombent malades à cause de la drogue ou qui deviennent dépendants, car ils connaitraient les risques. C’est ce que l’on a essayé de faire avec How to Sell Drugs Online (Fast) : montrer tous les effets de la drogue, les bons comme les mauvais.
D.K. : On ne peut pas légaliser la drogue et dire « c’est bon, le problème est réglé. » Cela doit être contrôlé. Ce que l’on sait avec certitude est que la non légalisation n’est pas la solution. Peut-être la décriminalisation des consommateurs car les prisons sont pleines de personnes en prennent et je ne pense pas que ce soit une bonne chose.

Pensez-vous que la série devrait éduquer le jeune public, au-delà de le divertir ?
D.K. : Ce n’est pas uniquement du divertissement ni une série qui a vocation à dire aux téléspectateurs « ne vous droguez pas. » Elle ne dit pas « droguez-vous » mais elle les laisse avoir le choix. Elle montre aussi que ce n’est pas bon si on est trop jeune. Si on légalisait la drogue, on en parlerait. Une façon d’en parler est de proposer des séries montrant les côtés positifs et négatifs de la drogue destinées au jeune public avec des personnages auxquels ils pourraient s’identifier.

Quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris que How to Sell Drugs Online (Fast) était sélectionné en compétition officielle à Canneseries ?
M.M. : Incroyable ! Tout le monde connaît le Festival du film à Cannes, c’est dans la même ville, dans le même Palais des Festivals… Nous avions vu les photos et des interviews de la première édition. Faire partie de cette seconde édition, du début de ce mouvement et Festival, c’est génial.
D.K. : J’espère que ce ne sera pas le dernier Canneseries, mais je ne pense pas.

Qu’avez-vous ressenti lors de la projection ?
M.M. : Nous avons vu uniquement les deux premiers épisodes de la série mais je suis vraiment heureux et très fier. Je pense avoir fait de mon mieux. Durant la projection dans la Salle Lumière il y avait tellement de gens ! Avoir l’opportunité de voir la réaction de tant de personnes en même temps, observer s’ils vont rire ou pas, c’était une vraie expérience. Quand on joue dans une série, on imagine seulement les téléspectateurs derrière leur télévision ou seuls dans leur chambre.
D.K. : Je comprends ce que dit Maximilian mais personnellement j’aime bien voir les erreurs que l’on commet. Cela permet de retravailler certains moments. C’était vraiment cool de pouvoir voir la série et maintenant j’ai hâte de voir la suite de la saison.

AgatheBaie

AgatheBaie

Agathe, 24 ans, ex-sorbonnarde et ex-étudiante en journalisme culturel à l'ESJ Paris. Je suis à la fois passionnée par le cinéma hollywoodien - que ce soit celui qui nous met des étoiles plein les yeux ou celui qui nous fait réfléchir - et fan de séries ! J'aime énormément de genres différents : science-fiction et fantastique, super-héros, drames, historiques, horreur... Mes plus gros coups de cœur : Game of Thrones, Glee, Ally McBeal, Buffy contre les vampires, Outlander et Sweet/Vicious. Elles ont un point commun : des personnages féminins forts et charismatiques, avec du caractère et traitent de sujets culturels ou de société qui nous touchent tous et toutes.

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