Victoria : l’avis de la rédac’ sur la première saison

La monarchie britannique est à l’honneur en l’année 2016 avec la série Victoria et la prochaine série Netflix, The Crown. La série de ITV nous présente l’accession au trône de la jeune Victoria, à 18 ans à peine. La série vient d’être renouvelée pour une deuxième saison et un épisode spécial Noël, comme ITV avait l’habitude de le faire pour la série Downton Abbey. La rédac’ vous donne son avis sur cette première saison.

  • Une nouvelle série historique pour ITV

ITV n’en est pas à son coup d’essai en ce qui concerne les séries historiques puisqu’elle est la chaîne qui a diffusé la célèbre Downton Abbey pendant six ans. Lancée en 1955, le réseau ITV avait pour but de faire concurrence à la BBC et tel était encore le cas avec Victoria puisqu’elle était diffusée le même jour et à la même plage horaire que Poldark, la série historique phare de la saison de la BBC, adaptée des romans de Winston Graham et avec Aidan Turner, Eleanor Tomlinson et Heida Reed dans les rôles principaux. C’est également à ITV que nous devons certaines séries historiques célèbres telles que Sherlock Holmes, Hercule Poirot adaptée des romans d’Agatha Christie et avec David Suchet dans le rôle titre, mais également Upstairs, Downstairs.
Ici, nous nous attaquons cependant à une autre époque et à un personnage très apprécié des britanniques et la chaîne n’avait pas vraiment le droit à l’erreur puisque la reine Victoria est la seconde reine la plus aimée après Elizabeth II, que l’on retrouvera prochainement dans la série The Crown, produite par Netflix. Victoria a commencé sa diffusion le 28 août 2016, la première saison se concentre sur le début de la vie de Victoria en tant que reine, à partir de son accession au trône à l’âge de 18 ans, sa relation avec Lord Melbourne, avec sa mère, avec ses conseillers et surtout, son mariage avec le Prince Albert et sa première grossesse.

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  • Des changements historiques qu’on ne compte plus

Si vous êtes bon public et pas très à cheval sur les faits historiques, cette section de l’article ne vous intéressera peut-être pas, mais il est toujours bon de savoir où se trouve la réalité quand on regarde une série historique, d’autant plus quand elle est basée sur un personnage qui a réellement existé et qui a eu autant d’importance que Victoria. Ne prenez jamais pour acquis des faits présentés dans une série historique.
Le premier gros point qui a été embellit pour rajouter un peu de romance dans le scénario de la série concerne le fameux Lord Melbourne, incarné par le merveilleusement charismatique Rufus Sewell. La première partie de la saison nous montre une Victoria complètement obsédée par son premier ministre, sous son charme et prête à tout pour obtenir ne serait-ce que sa bénédiction, au point même qu’elle va jusqu’à le demander en mariage… mais rien ne prouve qu’une telle relation ait existé. Victoria a toujours vu en Melbourne un mentor, écoutait ses conseils et voyait en lui comme une figure paternelle. Il était une personne rassurante, toujours présente à ses côtés mais il n’a jamais été question d’amour ou de flirt comme la série semble le suggérer. Melbourne avait 58 ans quand Victoria, 18 ans à l’époque, a accédé au trône. Une grande différence d’âge, donc. La première partie de la saison se focalise bien trop sur l’aspect romantique de leur relation, qui n’a donc jamais existé d’après les journaux de Victoria, alors que son règne était surtout marqué par des changements sociaux et politiques.
La série présente une Victoria miséricordieuse, qui accorde le pardon aux Chartistes de Newport alors que nombre d’entre eux avaient été condamnés à mort après la rébellion de 1839. Ce n’est en fait jamais arrivé. Il n’y a aucune preuve que Victoria s’intéressait à son peuple dans le besoin, mais ces changements scénaristiques étaient nécessaires pour que le public puisse ressentir de la sympathie pour le personnage principal. Le 19ème siècle est marqué par les réformes politiques et la reine n’était pas très fan des progrès sociaux, politiques ou économiques dont bénéficiaient la classe ouvrière.
À 18 ans, Victoria était une jeune femme coléreuse, obstinée et assez potelée, ce qui n’est pas vraiment la description que l’on pourrait faire du personnage incarné par Jenna Coleman. L’actrice est talentueuse, très belle et joue son rôle à merveille, mais elle mesure presque 8 centimètres de plus que la véritable reine et a 12 ans de plus que le personnage qu’elle incarne, mais ce n’est pas rare à la télévision. Victoria n’était pas une reine très expressive, elle était plutôt froide et ne souriait pas facilement. Malgré tout le talent dont fait preuve Jenna Coleman pour interpréter Victoria, ce n’est pas un portrait fidèle à la réalité qui est représenté dans cette série et même si l’on aurait pu tolérer quelques changements, c’est presque un personnage de fiction qui nous est présenté.

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  • Une jolie performance malgré tout

Victoria signe le retour de Jenna Coleman à la télévision. En effet, la série avait été annoncée alors qu’elle quittait tout juste Doctor Who et bien qu’elle ait annoncé ne plus vouloir jouer dans une série avant quelques temps, la voilà qui rempile pour une série historique, qui se voit en plus être renouvelée pour une seconde saison ! Jenna Coleman porte littéralement la série sur ses épaules et incarne une Victoria fraîche et naïve qui se doit d’affronter ses nouvelles responsabilités tout en évitant les pièges tendus par ceux qui se disent ses amis les plus proches. L’alchimie avec ses partenaires de jeu est immédiate, qu’il s’agisse de Rufus Sewell (qui manque énormément dans la seconde partie de la saison) ou Tom Hughes qui incarne le Prince Albert, Jenna Coleman crève l’écran et mérite amplement ce rôle principal de premier choix après avoir joué le compagnon de route du Docteur sur la BBC. La série nous permet également de retrouver des acteurs anglais que les amateurs de séries britanniques sauront reconnaître, comme Eve Myles, David Oakes, Nell Hudson, Peter Firth
Malgré tous les changements historiques qui ont été nécessaires pour rendre le scénario plus agréable au téléspectateur, certaines choses sont réelles et ont bel et bien existé pendant le règne de Victoria : le lien entre Victoria et Melbourne était très fort, bien qu’il ne s’agisse pas de romance et des rumeurs courraient sur la relation qu’ils entretenaient, si bien qu’on l’appelait « Mrs Melbourne« . Elle détestait réellement le conseiller de sa mère, John Conroy, et sa gouvernante, Lehzen, n’était pas très appréciée par le reste de la cour. Les changements scénaristiques sont compréhensibles et les ajouts ne sont pas condamnables puisqu’au final, cette série n’est pas vendue comme une série purement historique mais comme une série se voulant distrayante.
Le véritable point fort de cette série est sans conteste son aspect visuel, ITV nous a déjà habitué a de très belles séries historiques et ne déroge pas à la règle avec Victoria. La réalisation est excellente et on ne s’ennuie pas à un seul instant, le scénario de chaque épisode est très bien réalisé puisque chaque scène a son utilité et permet de faire avancer l’histoire de Victoria et de la faire grandir un peu plus. Les costumes, les coiffures et les décors sont tous plus splendides les uns que les autres, sans oublier la musique signée Ruth Barrett et Martin Phipps.

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Ma note : 4/5. Une série magnifique visuellement qui marque le retour de Jenna Coleman à la télévision et remplace Downton Abbey avec brio sur ITV, une série qui saura satisfaire les aficionados de séries en costumes mais peut-être pas les fans absolus d’histoire britannique. 

Owlhazel

Owlhazel

Aude, 24 ans et apprentie libraire sur Paris. Je divise mon temps libre entre les séries et la lecture. Mon genre de prédilection reste de loin les séries en costumes et historiques, majoritairement anglaises, appelées aussi period drama. Je regarde aussi beaucoup de séries fantastiques, mais j’ai beaucoup de mal avec les comédies. J’aime pleurer et voir mes personnages préférés en baver avec la vie. Mes séries préférées vont des Tudors à Game of Thrones en passant par The White Queen et Outlander, avec un petit détour par Vikings et Peaky Blinders.

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