The White Princess : l’avis de la rédac sur la série !

The White Princess s’est achevée hier soir sur Starz. Suite et héritière de The White Queen, la série nous présente Elizabeth d’York lors de son mariage avec Henry VII pour mettre enfin un terme à la Guerre des Deux-Roses, afin d’unir leurs deux maisons : les Lancaster (Lancastre en français) et les York. Très emballés par le pilot, nous vous donnons notre avis sur la saison !

  • Une suite risquée

Avant The White Princess, Starz avait déjà adapté les romans de Philippa Gregory dans la série The White Queen. Gregory est une auteure très appréciée au Royaume-Uni, elle écrit surtout des romans historiques dont la particularité est d’être racontés du point de vue des femmes. Les personnages secondaires de l’histoire britannique prennent parfois une part plus importante dans ses romans, elle se permet des libertés avec les faits historiques pour servir ses intrigues, mais le but ultime de ses romans est toujours de donner le pouvoir aux femmes. Dans la série The White Queen, plusieurs de ses livres étaient condensés : The White Queen, The Red Queen, The Lady of the River et The Kingmaker’s Daughter, portant respectivement sur les vies d’Elizabeth Grey, de Margaret Beaufort, de Jacquetta Woodville et d’Anne Neville. The White Princess est donc la petite sœur de The White Queen, puisqu’elle suit Elizabeth d’York, la fille d’Elizabeth Woodville, lors de son mariage forcé avec Henry VII. Une héritière qui nous permet de retrouver des personnages que nous connaissons déjà bien, mais également d’en découvrir de nouveaux.

Bien sûr, des changements ont été effectués pour cette nouvelle série : les moyens ne sont pas les même et cela se ressent énormément au niveau des costumes et des décors qui sont beaucoup plus imposants et impressionnants que dans The White Queen. Mais le principal changement demeure dans la distribution des rôles : les personnages principaux de The White Queen deviennent presque secondaires dans The White Princess et ont tous eu droit à un nouveau visage. Nous retrouvons par exemple Essie Davis à la place de Rebecca Ferguson, Michelle Fairley à la place d’Amanda Hale, Freya Mavor est remplacée par Jodie Comer qui interprète le rôle titre… La comparaison entre les deux séries est malheureusement inévitable et l’on ressent rapidement le changement d’équipe : les enjeux ne sont plus les mêmes. The White Queen était très axée sur les sentiments des personnages et la politique générale du pays, alors que The White Princess s’axe énormément sur les manipulations, les intrigues et un certain suspense. Il n’est donc pas indispensable de regarder The White Queen avant The White Princess, mais pour comprendre pleinement les relations entre les personnages et les tensions entre Elizabeth et Margaret, cela reste intéressant. Sans oublier que The White Queen reste une excellente série !

C’était une prise de risque certaine que de vouloir adapter la suite de la série, tout en faisant des changements si importants. Mais la prise de risques à payée puisque The White Princess est une vraie réussite ! La réalisation est servie par le jeu des acteurs qui est absolument fabuleux, surtout le trio Jodie Comer / Michelle Fairley / Jacob Collins-Levy. Essie Davis offre également une performance incroyable, et nous aurions adoré la voir plus longtemps à l’écran ou avoir plus d’échanges avec les autres acteurs. Les quelques confrontations entre Elizabeth Woodville et Margaret Beaufort faisaient des étincelles.

  • Une série féminine et féministe

La série se déroulant sur plusieurs années nous permet tout de suite une plus grande évolution des personnages, qu’ils soient principaux ou secondaires, mais également un meilleur développement des intrigues. The White Princess, comme les romans de Philippa Gregory est raconté du point de vue des femmes et plus particulièrement de celui de Lizzie, qui se retrouvé mêlée à toute cette histoire de mariage avec Henry VII bien malgré elle. Elle devait seulement épouser le vainqueur de l’affrontement entre ce dernier et Richard III, dont elle était amoureuse, mais c’est finalement le premier qui a remporté sa main pour mettre fin à la guerre entre leurs familles. En plus de perdre l’homme qu’elle aime, elle est forcée d’épouser son pire ennemi : le fils Lancaster et maintenant roi d’Angleterre. Lizzie est le personnage qui évolue le plus au fil des épisodes : nous la voyons d’abord en victime, épuisée de la situation et refusant de jouer le jeu de sa mère Elisabeth qui veut que Lizzie mente à Henry VII pour pouvoir aider la maison York à revenir sur le trône. Mais Lizzie découvre ensuite une autre facette de la personnalité de son époux : il est, comme elle, manipulé par sa mère, Margaret Beaufort, qui n’agit que d’après sa foi en Dieu et les visions qu’elle a pu avoir de son fils sur le trône. Henry est aussi fatigué qu’elle de n’être qu’un objet politique et de ne pouvoir faire ses propres choix. Quand les deux époux découvrent qu’ils ne sont finalement pas si différents l’un de l’autre, la situation va tourner en leur faveur. Le rapprochement entre Henry et Lizzie permet une véritable avancée dans le scénario, puisque le duo prend enfin la tête des événements et combat ses ennemis de front, en véritable couple royal.

L’affrontement entre Elisabeth et Margaret est l’un des éléments les plus intéressants de la série : Elisabeth, persuadée que la maison York doit revenir sur le trône, fait appel à la Duchesse de Burgundy (incarnée par Joanne Whalley que nous avons pu voir dans la série The Borgias par exemple) et à d’autres alliés pour tenter de renverser Henry VII et reprendre le pouvoir. Mais Lizzie ne comprend plus l’acharnement de sa mère, maintenant qu’elle a réussit à mettre Lizzie sur le trône, elle devrait cesser de comploter. Les deux femmes vont s’éloigner pour finalement se rapprocher, lors des derniers jours d’Elisabeth : un rapprochement initié par Henry. Margaret Beaufort suit le même schéma qu’Elisabeth en ce qui concerne son fils : elle le fait passer avant tout le reste et même avant son propre bonheur, allant jusqu’à sacrifier sa possible relation avec Jasper Tudor (incarné par Vincent Regan), qui ne cesse de l’admirer depuis des années. Ce sacrifice va même la pousser au pire des gestes, et à la ronger de culpabilité.

Les personnages secondaires féminins ne sont pas en reste, puisque nous avons droit à des personnages comme Margaret « Maggie » Plantagenet (incarnée par Rebecca Benson), une femme sensible et prête à tout pour rétablir la vérité, ou Margaret de Burgundy, véritable lionne, ou encore Cathy Gordon qui suit ses pas. Cecily (incarnée par Suki Waterhouse), la sœur de Lizzie, était également un personnage intéressant mais qui malheureusement a été évincé du scénario. La concurrence établie entre les deux sœurs au début de la série a vite été laissée de côté, ce qui est dommage parce que le personnage aurait mérité un peu plus de présence à l’écran.

La présence et la représentation des femmes est la véritable force de The White Princess. Bien sûr, à l’époque, les femmes n’avaient pas autant la parole que ce qui est décrit dans la série, mais voir les voir se battre pour leurs idées pour prendre le pouvoir met du baume au cœur.

  • Une suite est-elle envisageable ?

De nombreuses histoires sont encore à raconter à la télévision concernant la monarchie britannique et toutes les personnalités qui se sont approchées (de près ou de loin) du trône. The White Princess, seconde série adaptée des romans de Philippa Gregory qui a à cœur de raconter l’histoire de l’Angleterre du point de vue des femmes, était prévue comme une série de huit épisodes : une mini-série. C’était déjà le cas de la précédente série Starz, The White Queen, la grande soeur de The White Princess. Mais maintenant que la saison a été entièrement diffusée, nous pouvons nous poser la question : les producteurs et la chaîne iront-ils jusqu’à créer une nouvelle série ?
Alors que The White Princess couvre déjà une longue période, de 1486 à 1499, l’histoire n’est pas encore terminée. Elizabeth d’York n’est en effet décédée que quelques années plus tard, en 1503. Une seconde saison n’est apparemment pas envisagée, mais une nouvelle série pourrait couvrir une autre période, voir même un autre roman de Philippa Gregory.

Les audiences ont été bonnes tout au long de la saison, mais pas suffisantes pour espérer un renouvellement. Elles ont également eu tendances à baisser au fil des semaines, avec environ 1 million de téléspectateurs par épisode. Si les audiences avaient été meilleures, comme cela a pu être le cas avec Big Little Lies chez HBO, une seconde saison aurait pu être envisagée. D’autant plus que la série, qui se veut l’héritière de The White Queen, avait toujours été prévue comme une saison de 8 épisodes seulement.
La dernière scène de la série laisse envisager que les producteurs pourraient bien avoir envie d’aller plus loin. L’introduction de Wolsey n’est sans doute pas totalement innocente. Thomas Wolsey devint plus tard la figure principale dans les affaires de l’Etat sous le règne d’Henry VIII. Nous avons déjà pu voir le personnage dans la série Les Tudors sur Showtime où il était joué par Sam Neill, mais le fait de le présenter ainsi pourrait sous-entendre qu’une série le mettant en scène pourrait peut-être voir le jour. Si nous prenons en compte la richesse de l’histoire de l’Angleterre, et plus particulièrement de la dynastie des Tudors, nous pouvons nous autoriser à espérer.

En conclusion, on s’y attendait mais c’est un coup de foudre. Une magnifique série qui suit la trajectoire lancée par sa grande sœur The White Queen. Pas de fausse note, des acteurs talentueux, des décors et des costumes somptueux, une belle représentation féminine à l’écran… On espère sincèrement qu’une « suite » sera commandée par la chaîne ! Notre note : 5/5

Owlhazel

Owlhazel

Aude, 24 ans et apprentie libraire sur Paris. Je divise mon temps libre entre les séries et la lecture. Mon genre de prédilection reste de loin les séries en costumes et historiques, majoritairement anglaises, appelées aussi period drama. Je regarde aussi beaucoup de séries fantastiques, mais j’ai beaucoup de mal avec les comédies. J’aime pleurer et voir mes personnages préférés en baver avec la vie. Mes séries préférées vont des Tudors à Game of Thrones en passant par The White Queen et Outlander, avec un petit détour par Vikings et Peaky Blinders.

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