The Politician : l’avis de la rédac’ sur la saison 2

Diffusée sur Netflix depuis le 27 septembre 2019, la comédie noire, dramatique et satirique The Politician de Ryan Murphy est composée de 15 épisodes. L’intrigue tourne autour de Payton Hobart, interprété par Ben Platt, un jeune homme capricieux et ambitieux, à la limite de la sociopathie qui rêve de devenir Président des États-Unis d’Amérique. La série traite de la façon de faire de la politique ainsi que de sujets très importants actuellement que nous développerons plus tard. Que vaut alors cette seconde saison, sortie le 19 juin dernier ?

Avant toute chose, nous souhaitons revenir sur la première saison. Elle nous montre Payton Hobart en pleine campagne dans son lycée pour devenir Président du conseil des élèves. La concurrence est rude puisqu’Astrid Sloan (Lucy Boynton) devient sa concurrente suite au décès de River Barkley (David Corenswet), petit-ami d’Astrid et amant de Payton. Afin de servir ses ambitions, Payton décide de prendre Infinity (Zoey Deutch) comme Vice-Présidente, profitant de son état de santé. Mais cela ne se passe pas comme prévue puisque celle-ci n’est en faite pas malade mais empoisonnée par sa grand-mère. Dans cette saison, nous avons eu l’occasion de découvrir l’ensemble des personnages clés de la série. Une série ambitieuse dès le pilot par l’utilisation de la politique et de ses manœuvres dans un cadre (le lycée) plus insouciant. Toutefois cette saison laisse le téléspectateur sur sa faim, notamment sur l’intrigue lycéenne et ses tourments, bien que trop souvent utilisée par Netflix actuellement.

***Attention, cet article contient des spoilers***

  • L’utilisation de la politique par Ryan Murphy élevé à un niveau supérieur

Cette seconde saison nous permet de passer un cap important dans l’univers politique puisque Payton, après ses déboires dans la première saison, revient en force en tentant de prendre le poste de Sénateur de l’État de New-York à Dede Standish (Judith Light), une politicienne de grande expérience qui pense que tout lui est acquis. Ryan Murphy nous montre de manière satirique et avec un grand talent tous les travers de la politique, à savoir le chantage, les coups bas, y compris contre son propre camp, comme l’illustre le cas de la photo de Payton en slip et arborant une coiffe de Geronimo). Cette série, à la fois noire et colorée, montre aussi quelques aspects pertinents comme la prise en compte de l’abstention et l’incitation d’inscription sur les listes électorales à destination de la jeunesse. Mais ce qui est choquant et hilarant, c’est la façon dont se règle l’égalité de voix entre les deux candidats à la fin de la saison, à savoir le bon vieux « Pierre, papier, ciseaux », comme si le destin des administrés pouvait se régler comme la question « Qui aura la dernière part de gâteau ? ». De ce point de vue, la seconde saison est nettement plus aboutie que la première.

  • La relation Payton-Dede : d’ennemis à alliés

La véritable force de la seconde saison de The Politician est bel est bien la relation entre les deux antagonistes Payton et Dede. Cette relation commence très mal puisque Payton souhaite prendre la place de Dede au poste de sénateur. Mais, au fil des épisodes, nous pouvons nous rendre compte que les coups bas interposés sont en réalité le reflet d’une profonde marque de respect entre les deux, puisqu’au final, Dede réalise que Payton est un homme avec un réel potentiel et le voit comme son successeur et plus comme son ennemi. Le discours dans lequel celle-ci renonce au poste de Sénateur au profit de Payton est d’une émotion intense et interprété à la perfection par Judith Light. Nous avons eu du mal à retenir nos larmes. L’évolution du personnage de Dede est d’une perfection rare et mérite d’être relevée. Enfin, la fin de la saison nous fait prendre conscience que, si saison trois il y a, leur relation pourrait évoluer vers bien plus qu’une simple relation politique mais vers une profonde amitié.

  • Des sujets d’actualité forts

Ryan Murphy, outre l’utilisation de la politique comme sujet principal, en aborde d’autres de manière très différente. En premier lieu, la sexualité, à travers plusieurs relations. Nous pouvons voir deux trouples (Dede/Marcus/William et Payton/Astrid/Alice) mais également de la relation entre Hadassah (Bette Midler) et William (Teddy Sears). Le showrunner nous montre qu’il ne faut pas résumer la sexualité à une relation entre deux personnes et que l’amour n’a pas d’âge. Ces sujets ne sont pas nouveaux, surtout chez Netflix, mais leur traitement n’en reste pas moins intéressant puisque traité à travers le prisme de la politique et du « quand dira-t’on ». En second lieu, l’écologie, à travers les personnages d’Infinity, qui s’est reconvertie dans ce domaine et Georgina Hobart (Gwyneth Paltrow), la mère de Payton. L’écologie est devenue le principal thème de la campagne de Payton et c’est ce qui a contribué au succès de sa campagne. Les faits marquants à ce sujet sont la liste d’Infinity pour devenir un « bon écologiste zéro-déchet » et la douche froide prise par Payton le jour de l’élection, deux faits abordés de manière légère mais efficace. En troisième et dernier lieu, la place des femmes dans la société. Nous ne savons pas si l’on peut parler de féminisme, mais Ryan Murphy aborde plusieurs thématiques liées à l’émancipation de la femme, comme l’avortement d’Astrid, l’envie d’Alice de trouver sa voie et de s’émanciper de l’emprise que Payton a sur elle ainsi que le fait qu’une femme puisse devenir Présidente des États-Unis (Georgina Hobart dans ce cas précis) et Vice-Présidente (Dede Standish). Une belle image à l’heure où cela n’est toujours pas arrivé dans ce pays (et aussi en France).

En conclusion, la seconde saison The Politician est de loin bien meilleure que la précédente. La qualité est là et la relation entre Dede et Payton est LE point fort de celle-ci. Il faut également noter que le rythme ainsi que l’éclairage sont en parfaite adéquation avec le script, lui aussi bien mené et cohérent du début à la fin ! Nous regrettons le fait que cette saison ne soit composée que de 7 épisodes et croisons les doigts pour en voir davantage ! Note : 4/5.

Slayer

Slayer

Je me présente : Slayer, 27 ans et mordue de Séries TV. J'ai commencé à découvrir le monde merveilleux des séries avec Buffy contre les vampires à l'âge de 9 ans. Ce n'est que quelques années plus tard que cet intérêt s'est transformé en passion dévorante. Je suis également une Potterhead, une grande fan de Marvel et des sagas proposées par Rick Riordan. Ma série phare du moment : This Is Us. Ce drame familial me permet de ressentir toujours plus d'émotions, épisode après épisode, et j'en redemande.

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