The End of the F***ing World : l’avis de la rédac’ sur la saison 1 !

The End of the F***ing World, c’est la dernière série anglaise qui a débarqué sur Netflix. Adaptation de la BD du même nom, elle a d’abord été diffusée sur la chaîne E4 au Royaume-Uni. La plateforme de streaming Netflix a repéré la série afin de la diffuser à l’international dès le 5 janvier dernier. Composée de 8 épisodes de 20 minutes, la série nous raconte l’histoire d’Alyssa, jeune fille au langage vulgaire ennuyée par la vie, et James, psychopathe auto-proclamé. Quand les deux personnages se rencontrent, Alyssa tombe amoureuse et James, lui, ne pense qu’à la tuer.

Retour sur la première saison d’une comédie dramatique singulière. Attention spoilers !

  • Bonnie and Clyde

Lorsqu’Alyssa et James volent la voiture du père de ce dernier, un road trip qui prend rapidement des allures de cavale commence pour les deux protagonistes de la série. Parfois à pied et souvent au volant d’une voiture volée, James et Alyssa nous embarquent dans une aventure à leur image. Impossible de ne pas penser aux célèbres couples/duos de hors-la-loi : Bonnie et Clyde sous plusieurs aspects, mais aussi Alabama et Clarence du film True Romance (Tony Scott). Avec le changement de look des personnages en milieu de saison, la série affirme clairement ce parallèle avec les hors-la-loi célèbres des années 90.

L’écriture des personnages de James et Alyssa était un pari risqué. James, lui, affirme dès le premier épisode être un psychopathe, avoue avoir tué des animaux, et n’éprouver aucune empathie. Il a même en tête pendant plusieurs épisodes de tuer Alyssa, et il le pense sérieusement. Alyssa est, quant à elle, une jeune fille très solitaire, sans gêne et ennuyée par la vie. C’est ensemble que les deux personnages évolueront pour le meilleur, mais aussi pour le pire. Jamais ennuyants, les personnages se complètent et le duo se renouvelle dès que cela devient nécessaire. Dans le quatrième épisode de la série, James et Alyssa se séparent brièvement. Nous avons alors l’occasion de voir les deux personnages évoluer l’un sans l’autre pour la première fois. Cet épisode marque un véritable tournant pour Alyssa et James mais aussi pour le spectateur qui apprendra à mieux connaître les personnages individuellement. L’épisode redynamise le duo au moment propice afin que le spectateur ne se lasse pas des personnages particuliers mais attachants de la série. Après cet épisode, le duo retrouvera une force nouvelle et inédite encore dans la série. Par exemple, lors du sixième épisode de la série, James et Alyssa décident de braquer une station essence. Il sera désormais clair que les deux personnages sont bien complémentaires et plus forts ensemble. Cette séquence est en opposition totale avec celle de l’épisode 2 alors qu’ils sont ramassés par un homme après avoir fait de l’auto-stop. A cet instant, leur relation est encore superficielle et tous les deux vivront très mal cette rencontre.

  • 8 épisodes de réflexions

La série décrite comme une comédie aborde des thématiques sensibles avec subtilité. Sans jamais trop en faire, The End of the F***ing World aborde bien sûr les problématiques de l’adolescence avec notamment la famille recomposée d’Alyssa qui vit avec un beau-père exécrable et une mère effacée. Un schéma basique vécu par un personnage sensible qui souffre, comme beaucoup d’adolescents, de la solitude. James, lui, vit au quotidien avec la mort de sa mère sur la conscience et un père démuni qui ne comprend pas et ne comprendra probablement jamais son fils. Nous voyons peu les parents à l’écran, mais bien assez pour réfléchir à leur sujet. Il est clair que leur comportement en tant que père et mère joue un rôle dans la fugue de leurs enfants.

Même si la série prend volontairement le parti de rendre ses personnages atypiques, impossible de ne pas les voir pour ce qu’ils sont vraiment : des adolescents, perdus, et démunis face à une société qui ne leur convient pas. D’ailleurs, dès le premier épisode, Alyssa se montre différente des camarades de sa classe, tous accros au téléphone portable. Agacée, elle cassera le sien de façon délibérée. Un acte presque militant qui nous prouvera dans le reste de la série qu’un portable n’est qu’un gadget : James et Alyssa s’en passent parfaitement bien.

La série fait également réfléchir au sujet de la pression sociale que vivent les femmes à travers le personnage d’Alyssa. Dès le début avec son beau-père et ensuite tout au long de la série, le personnage est renvoyé à son physique. Alyssa, à 17 ans, doit apprendre à gérer sa féminité sous tous ses aspects. Une fois encore, un côté de l’adolescence qui est une épreuve difficile.

  • Comédie dramatique très dramatique

Même si The End of the F***ing world se présente comme une comédie, il est évident dès le trailer que l’humour ne conviendra pas à tout le monde. Nous ne sommes pas plongés dans une sitcom qui ressemble à une autre, mais bien à une création originale et surprenante. L’humour est très terre à terre, froid et sombre. Rien d’étonnant lorsqu’un des personnages principaux est un apathique et psychopathe auto-déclaré, mais même sachant cela, la série saura nous surprendre. Nous à la rédac’, nous pensons que la faculté qu’a la série de toujours aller plus loin et de se placer là où nous ne l’attendions pas est une des plus grosses qualités de la série.

La série perd cependant un peu de son humour en deuxième partie de saison. De manière plus générale la série est divisée en deux parties. Alors que les 3 premiers épisodes restent encore légers (dans une certaine mesure bien sûr), la relation d’Alyssa et James est encore bancale, les sautes d’humeurs de l’un et de l’autre restent drôles. Les épisodes suivants perdent en humour et gagnent en dramatisme. Le dernier épisode est un très bon exemple d’épisode devant lequel nous nous imaginons mal rire aux éclats. L’aspect dramatique est amené de façon subtile, le changement de ton est préparé dès le départ et n’est donc pas choquant.

  • Une série travaillée

Ce n’est pas un secret, les séries destinées au rire et au format court sont rarement les plus travaillées. Toutefois, The End of the F***ing World a su se montrer consciencieuse quant à sa réalisation. La série est très bien construite, notamment en terme de structure et de rythme. Les épisodes s’enchainent à merveille, difficile de s’arrêter ! Le format 20min est parfait pour ne pas se lasser du ton froid de la série qui ne perd pas de temps avec des scènes superficielles. Tout au long de la saison, les mises en scènes sont très bien pensées, la photographie est maîtrisée et le tout est entièrement raccord avec le scénario et les personnages. De plus, la série est également sublimée par une bande son qui attirera forcément l’attention du spectateur avec notamment des morceaux de The Buzzcocks ou encore Soko. La musique est un élément de la série qui est très important et qui est toujours en harmonie parfaite avec l’intrigue et la réalisation de la série. D’ailleurs la saison se clôture avec le morceau de Julie Landon The End of the World.

The End of The F***ing World, c’est aussi une série menée par des acteurs d’exception. Jessica Barden, interprète d’Alyssa, fait un travail incroyable dans la peau de cette adolescente perdue et en pleine quête de soi. Nous l’avions déjà aperçue dans la série Penny Dreadful aux côté notamment d’Eva Green. Le duo qu’ils forment avec Alex Lawter fonctionne à merveille. Ce dernier, qui incarne James, réalise un travail juste que nous avions déjà pu apprécier dans l’épisode Shut Up and Dance de Black Mirror. Le couple est bel et bien au centre de la série, mais cette dernière n’oublie pas pour autant ses autres personnages. Nous retrouvons Gemma Whelan (Game of Thrones) dans la peau d’une inspectrice pleine d’empathie. Même si c’est typiquement le genre de personnage que nous sommes amenés à moins voir à l’écran, de vraies storylines tournent autour de chacun d’entre eux, aussi secondaires qu’ils soient.

Pour conclure, The End of the F***ing World est une série singulière, qui, en 8 épisodes seulement traite de sujet d’actualités qui sont importants en mettant en scène deux personnages exceptionnels. Son humour froid ne plaira pas à tous, et le ton changeant de la série en surprendra d’autres, mais nous à la rédac’, nous avons tout simplement été charmés par cette série qui ne ressemble à nulle autre. Notre note : 5/5.

Lizzie

Lizzie

Je suis Lizzie, j’ai 22 ans, et bien évidemment je suis passionnée de séries ! Je crois que cette passion s’est manifestée grâce à la diffusion de Prison Break lorsque j’étais toute petite, mais c’est la série True Blood qui m’a fait avoir le déclic et qui m’a rendu totalement accro au genre. Depuis, je suis à la recherche de série de qualité et qui sortent du lot telles que Breaking Bad, Sherlock ou encore Sons of Anarchy. Dernière pépite en date : Vikings. Si je privilégie les séries de grande qualité je ne rechigne tout de même pas devant une série sans prétention, sans prise de tête puisque tous les genres me plaisent. Humoristique, fantastique, historique, science-fiction, aucun genre n’est a jeté chez moi. En dehors des séries je suis une grande passionnée de littérature et de cinéma qui font tous deux parties de mon quotidien. Je suis également une énorme fan d’Aaron Paul, mais surtout de Heath Ledger (et si, il a bien joué dans quelques séries !).

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