The 100 : l’avis de la rédac’ sur la saison 4 !

La quatrième saison de la dystopique série The 100 vient de s’achever sur The CW et nous laisse dans l’inconnu total quant au sort des protagonistes, six ans après les événements du dernier épisode. Alors, que vaut cette saison 4 ? Voici notre avis !

*** Cet article contient des spoilers ! ***

 

  • Un show en perte de vitesse

Après trois saisons quasi sans fautes, la série s’essouffle fortement dans cette saison 4 et a bien du mal à se réinventer. La première erreur des showrunners aura été de faire du fan service en gardant le personnage de Jasper (Devon Bostick), qui devait initialement se suicider dans le final de la saison 3. Très apprécié des fans, Jasper a donc survécu, alors que dans les saisons précédentes, les producteurs ont prouvé qu’ils n’avaient pas peur de sacrifier leurs personnages principaux, tels que Lexa (Alycia Debnam-Carey), Lincoln (Ricky Whittle) ou Finn (Thomas McDonell). L’idée de voir un personnage gérer ses émotions différemment de Clarke (Eliza Taylor) ou Bellamy (Bob Morley) en sombrant dans la dépression n’était pas mauvaise, toutefois, la storyline du personnage était terminée et son suicide apparaissait dans la continuité de son développement et aurait apporté une bonne conclusion à son histoire. C’est pourquoi la sous-intrigue liée à Jasper (pourtant très attachant dans les trois premières saisons) s’est révélée ennuyeuse au possible et ne présentait aucun intérêt concret qui fasse avancer la trame principale, surtout qu’elle se termine par… son suicide, dans l’épisode 11, The Other Side. Dans son sillon, Jasper entraîne d‘autres jeunes arkadiens dont Harper (Chelsey Reist), ce qui décidera son compagnon, Monty (Christopher Larkin), à rester auprès d’eux pour leur servir de chaperon, plombant ainsi les storylines des deux personnages, jusqu’à l’épisode 12, The Chosen, où Monty et Harper rejoignent l’action principale. En prémisse de ce scénario fadasse, l’épisode 7, Gimme Shelter, semble n’être qu’un bouche-trou et cumule les sous-intrigues inintéressantes. Seul bon point : le personnage d’Emori (Luisa D’Oliveira) est enfin quelque peu développé.

De plus, le début de saison souffre de twists à répétition. Rappelons l’intrigue : la fin du monde approche (sous forme de vague radioactive, la Primfaya) et nos héros doivent trouver un moyen d’y survivre. Ainsi, la plupart des premiers épisodes se terminent sur des twists, indiquant aux spectateurs que chaque solution de survie échoue : Bellamy choisit de sauver Riley (Ben Sullivan) -un personnage sorti de nulle part- et d’autres dans l’épisode 2, Heavy Lies the Crown, en dépit de l’appareil qui pourrait les sauver tous de l’apocalypse ; Arkadia, devenue solution de secours, explose dans l’épisode 5, The Tinder Box ; le baril dont a besoin Raven (Lindsey Morgan) pour une autre solution de survie dans l’épisode 6, We Will Rise, s’avère vide… Autant de retournements de situation téléphonés qui sont clairement là pour compliquer l’intrigue et retarder le dénouement. Le show fait même pire, en utilisant des ressorts scénaristiques trop faciles et peu crédibles, tels que dans l’épisode 8, God Complex, où Clarke devient une nightblood comme Luna (Nadia Hilker) à l’aide d’une simple transfusion sanguine. Pour rappel, les nightblood sont une lignée de personnes rares héritant génétiquement du sang noir et seuls ceux possédant ce sang particulier peuvent revendiquer le titre de Commandeur (ou Heda, ndlr). La supercherie va encore plus loin dans l’épisode 11, où Raven est miraculeusement sauvée de sa maladie au cerveau incurable grâce à l’apparition hallucinatoire de Sinclair (Alessandro Juliani), sorte de deus ex machina venu de nulle part. Raven se guérit donc elle-même (!) en réalisant une procédure médicale qui implique sa mort… et donc sa réanimation, qu’elle gère seule bien évidemment ! Ne cherchez pas plus loin, les showrunners n’ont simplement pas pu se résoudre à tuer ce personnage, lui aussi très apprécié des fans… En conclusion, c’est à cause de tous ces faux pas qu’on peut affirmer que la saison 4 est bien en-dessous des précédentes, mais le show n’en perd pas pour autant son essence, et c’est tant mieux.

 

  • Ne s’improvise pas leader qui veut

La question du leadership a toujours été un thème omniprésent dans l’univers de The 100 et cette saison ne déroge pas à la règle. L’an passé, la mythologie des Commandeurs nous était expliquée, mais cette fois il n’y a plus personne en charge chez les Trikru depuis la mort de Lexa, Luna ayant refusé le titre. Dans l’épisode de reprise, Echoes, l’alliance entre les 12 Clans est si fragilisée qu’aucun accord n’est trouvé, laissant le Chancelier Marcus Kane (Henry Ian Cusick) dans une position délicate, lui qui souhaite absolument trouver un terrain d’entente de manière pacifique. Son principal adversaire politique, le roi Roan d’Azgeda (Zach McGowan) et sa seconde Echo (Tasya Teles), lui donneront du fil à retordre mais Roan saura faire preuve d’intelligence pour la survie de son peuple, condamné également à disparaître sous le nuage radioactif. Au final, Roan s’avère être un chef juste et Kane un chancelier pacifiste. Cependant, bien que Kane soit le meneur officiel des Arkadiens, c’est officieusement Clarke, la Wanheda, qui a jusqu’ici toujours pris les décisions sur les questions de vie ou de mort des siens. Mais dès le début de saison, son leadership est mis à mal par Jasper puis Monty, entraînant un soulèvement de la foule, en désaccord avec ses choix. La jeune femme doit en effet prendre à nouveau des décisions difficiles, telles que la liste des 100 à établir dans l’épisode 3, The Four Horsemen (oui 100, comme le titre, le show souffrant à se réinventer comme vu dans le point précédent); ou les négociations avec Roan dont elle reprend le flambeau dans l’épisode 5, The Tinder Box. Seul Jaha (Isaiah Washington) la soutiendra car il est l’une des uniques personnes à la comprendre. Jaha sait qu’être un bon leader pour la survie de son peuple implique des sacrifices, ce que Clarke n’a jamais hésité à faire. Dans l’épisode 9, DNR, elle dépasse pourtant les limites en dupant les Grounders sur leurs croyances ancestrales et devient presque le nouveau Commandeur avant d’être stoppée par sa mère, Abby (Paige Turco). Elle fera par la suite preuve d’un comportement radical en prenant la décision de condamner tous les autres clans au profit du sien dans l’épisode 11, The Other Side, décision contestée par Bellamy et qui marque la fin de son leadership, la place incombant désormais à Octavia (Marie Avgeropoulos)…

 

  • L’atout majeur de cette saison : Octavia Blake, un personnage en pleine ascension

Du statut de petite sœur à protéger en saison 1, Octavia est depuis devenue une redoutable guerrière et son développement ne cesse de croître, au point que le personnage s’affirme clairement comme l’atout majeur de cette quatrième saison. En effet, en fin de saison 3, on avait entrevue une Octavia vengeresse, n’hésitant pas à tuer de sang froid Pike (Michael Beach), responsable de la mort de Lincoln. Dans l’épisode d’ouverture, elle fait à nouveau justice elle-même en décidant d’exécuter ceux qui s’opposent à l’alliance des 12 Clans, et ce, sans l’aval de Kane. Le surnom que lui ont donné les Grounders témoignent de sa violence : Skairipa, issu de « sky reaper » en anglais, ce qui signifie « la tueuse (venue) du ciel ». Dans l’épisode 4, A Lie Guarded, Kane s’inquiète de l’évolution meurtrière de la jeune femme et lui impose une discussion sur la nécessité de tuer ou non, -ce que Lincoln lui avait pourtant enseigné-, mais il apparaît clairement qu’Octavia n’arrive pas à faire le deuil de son ancien compagnon et que c’est sa manière à elle de gérer ce décès. En fin d’épisode, les scénaristes nous font croire à sa mort, scène qui n’est pas sans rappeler celle avec Aragorn (Viggo Mortensen) et son cheval dans Le Seigneur des Anneaux: Les deux tours. 

Dans l’épisode 6, We Will Rise, elle commence enfin à faire son deuil en pleurant Lincoln et semble s’adoucir au contact du Grounder Ilian (Chai Hansen) dans les épisodes suivants mais elle est rattrapée par sa vraie nature dans l’épisode 9 où elle tue à nouveau et déclare : « C’est ce que je suis ». C’est la raison pour laquelle elle retournera auprès de son peuple pour le défendre lors d’un tournoi dans l’épisode 10, Die All, Die Merrily, épisode qui évoque la saga Hunger Games puisqu’un représentant de chaque clan est choisi et seul l’un d’entre eux survivra au jeu de massacre. Octavia triomphera et réalisera que sa force vient de Lincoln, qui lui a appris à se battre pour les bonnes raisons, et c’est ainsi que la Skairipa offre à tous les clans de partager le bunker, ce qui rend fière sa mentor et figure maternelle, Indra (Adina Porter), qui l’a toujours soutenue. Assagie, Octavia fera également la paix avec son frère Bellamy qu’elle blâmait pour la mort de Lincoln. Malgré ses doutes, Octavia devient donc la leader des 12 Clans et sur les conseils d’Indra dans le season finalePraimfaya, elle réalise que le règne des Commandeurs est révolu et que son temps à elle est arrivé. Elle manifeste alors clairement sa volonté d’abolir les clans afin de rassembler tous les survivants en un seul et unique peuple, le Wonkru. L’évolution de son personnage tranche avec celui de Clarke, qui s’apprêtait au contraire à sacrifier tous les clans sauf le sien dans l’épisode 11, comme l’avait fait Lexa en fin de saison 2. Alors qu’Octavia est en pleine ascension, Clarke perd son statut de leader au profit de la Skairipa. En définitive, Octavia éclipse complètement Clarke cette saison, et bien que les deux femmes n’aient pas le même rôle (l’une se bat, l’autre prend des décisions difficiles), elles finissent par être comparées sur le même pied d’égalité, à savoir diriger leur peuple.

 

  • « From the ashes, we will rise », une ode à la survie

« Des cendres, nous renaîtrons », tel est le leitmotiv de cette saison 4. En effet, la survie a toujours été le fil rouge de la série. Que ce soit dans l’arche, sur Terre, au Mont Weather ou dans le bunker anti-radiations, nos protagonistes sont toujours confrontés au même problème. C’est ce que fait pertinemment remarquer Jasper avant de commettre son suicide : sur Terre, les arkadiens n’ont fait que survivre, alors que lui désirait simplement vivre, chose qui s’est avérée impossible au vu de toutes leurs aventures. Fatigué de lutter, il a décidé de mettre fin à sa (sur)vie en choisissant sa mort, entraînant un suicide collectif d’autres jeunes qui pensaient comme lui. A l’opposé, Emori est prête à tout pour survivre -ce qui lui fait un point commun avec son compagnon, John Murphy (Richard Harmon)- et le prouve dans l’épisode 7, où elle piège un homme qu’elle ne connaît pas afin de ne pas être victime de l’expérience d’Abby (Paige Turco). Cette expérience entre en ligne de compte puisqu’elle soulève la question suivante : jusqu’où est-on prêt à aller pour survivre ? Abby et Clarke rechignent toutes deux à répondre au « complexe de Dieu » (traduction du titre de l’épisode, « God Complex », ndlr) et à tester leurs pratiques sur des humains, ce qui aura la conséquence suivante : Clarke testera le sang sur elle et deviendra une nighblood

Mais la survie implique une autre notion : celle du sacrifice. Dès l’épisode 4, Raven se retrouve isolée dans la laboratoire de Becca (Erica Cerra) et comprendra rapidement qu’elle est atteinte d’une maladie au cerveau liée à la puce d’ALIE la saison dernière. Se sachant condamnée, elle poursuivra malgré tout ses efforts pour sauver les siens et ce geste démontre à nouveau que le sens du sacrifice individuel pour la survie collective l’emporte sur le désir de vivre. Mais elle sera sauvée in extremis de manière improbable (cf. paragraphe 1). Et c’est au final Clarke qui se sacrifie pour le bien de tous dans le dernier épisode… mais qui survit elle aussi, les showrunners étant devenus frileux à l’idée de se séparer de leurs personnages principaux. Plus que le sacrifice individuel, la survie entraîne aussi le sacrifice des autres, que ce soit avec la liste des 100 que doit rédiger Clarke en début de saison, le départ de Bellamy et des autres arkadiens qui laissent derrière eux Jasper et les autres, ou les 100 (à nouveau) qui seront choisis pour survivre dans le bunker. Ainsi dans l’épisode 7, Bellamy apprend par Kane que le besoin de sacrifier est parfois nécessaire, et comprend mieux les choix que Jaha avait dû faire sur l’Arche. Cependant, Jaha semble avoir oublié ses principes puisqu’il refuse de sacrifier les siens dans l’épisode 12, The Chosen, lors d’un tirage au sort, et sera raisonné par Kane. Tous deux trouveront une pénible solution : ils endormiront leur peuple pour choisir eux-mêmes les 100 survivants… Dans le season finale, la boucle est bouclée avec le retour sur l’Arche de Bellamy, Raven, Murphy, Monty, Harper et les Grounders Echo et Emori ; et de son côté, Clarke a survécu au Primfaya, « le feu des ancêtres », prouvant ainsi que « Des cendres, nous renaîtrons » tel un phénix…

 

  • En conclusion

Points positifs :
– l’épisode 10, qui redonne au show ses couleurs d’antan
– l’évolution du personnage d’Octavia
– le bond de 6 ans en avant en fin de saison, qui laisse présager de nouvelles bases

Points négatifs :
– les sous-intrigues inintéressantes, notamment celle avec Jasper
– le manque d’originalité
– des twists téléphonés

Note : 2,5/5. Sans aucun doute la moins bonne des saisons de The 100 jusqu’à présent. Malgré tout, on sent une volonté des scénaristes de boucler la boucle (le chiffre symbolique 100 revient à deux reprises cette saison ; Bellamy, Raven etc. retournent sur l’arche…). Peut-être est-il temps de la refermer définitivement et d’apporter une conclusion à la série avant qu’elle ne s’essouffle trop ? C’est en tout cas vers des bases radicalement différentes que se dirigent les scénaristes l’an prochain, suite au twist du bond en avant de 6 ans. Sauront-ils profiter de ce renouveau pour redresser la barre ? C’est tout le mal qu’on leur souhaite !

Setsuna

Setsuna

Passionnée de séries américaines depuis toute petite, je suis tombée dans la marmite avec Beverly Hills 90210 et Lois & Clark. Ont suivi Buffy, Charmed, Le Caméléon, Roswell… Assez éclectique, je peux aussi bien regarder Sex and the City que Stargate SG-1. J’ai toutefois une préférence pour le genre fantastique, le quotidien réaliste m’ennuyant quelque peu… Les séries représentent beaucoup pour moi : on s’identifie aux personnages, ils nous font grandir en nous inspirant leur force (Sydney Bristow, Alias) et certains moments qu’ils vivent nous aident à traverser nos propres épreuves. Voilà donc pourquoi je tenais à leur rendre hommage en participant à ce site !

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