Sex Education : l’avis de la rédac’ sur la saison 2 !

La deuxième saison de Sex Education a été mise en ligne sur la plateforme de streaming Netflix il y a plusieurs semaines maintenant. Après une première saison plébiscitée, la deuxième saison était attendue au tournant par tous les fans… Verdict ?

  • Une série importante…

Dans la droite lignée de sa saison 1, Sex Education continue à aborder la thématique de la sexualité sans aucun complexe. Alors que beaucoup de séries l’aborde avec des pincettes ou ne parle que de sexualité hétérosexuelle, il est clair que, a contrario, Sex Education est dans une démarche inclusive. L’une des scènes les plus marquante de cette saison n’est pas très longue mais a été largement relayée sur les réseaux sociaux : celle abordant l’asexualité. C’est Jean elle même qui en parle avec Florence, une lycéenne qui pense « être cassée » car elle ne ressent aucune attirance envers qui que ce soit. Les représentations de ce genre sont très rares, voir inexistantes à la télévision (exception faite de la série animée BoJack Horseman qui contient un personnage principal asexuel). Nous ne parlerons jamais assez de l’importance des représentations dans la culture de manière générale, et c’est pour cette raison que Sex Education est une série qui est importante. La série nous parle d’asexualité, mais aussi d’homosexualité et aborde également la bisexualité ou encore la pansexualité. Des termes qui sont clairement évoqués dans la série, ce qui n’est pas négligeable, principalement lorsque l’on sait que le public visé est jeune.

La série vise visiblement un public majoritairement jeune, mais pour autant, les adultes ne sont pas délaissés dans cette saison 2. Au travers du personnage de Jean, Sex Education montre qu’il n’est jamais trop tard pour apprendre ou réapprendre à se connaître. Personnage qui n’a pas fait l’objet d’une grande évolution en saison 1, Jean est beaucoup plus présente cette année et se découvre un peu plus à nous. La dynamique créée entre elle et Mme Groff n’est probablement pas ce qui a le plus marqué les esprits, pourtant elle doit être ce qu’il y a de plus émouvant pour les femmes dans la même situation que Mme Groff au début de la série.

Sex Education pointe du doigt que parler de sexualité, ce n’est pas simplement parler du plaisir des hommes cisgenres et hétérosexuels. Dans le show, il n’est plus question de simplement montrer des couples pratiquer le sexe, mais bien d’en parler ouvertement, voire même dans les détails. On pensera notamment à la séquence dans laquelle Rahim (Sami Outalbali) explique à l’aide d’un schéma comment s’utilise une poire à lavement. Une fois encore, lorsque l’on sait que le public auquel s’adresse la série est principalement jeune, nous ne pouvons qu’approuver la démarche. D’ailleurs, la série n’hésite pas à dénoncer l’ignorance effarante de certain.es adultes eux-même en charge de l’éducation des plus jeunes. Sex Education s’attaque notamment au système scolaire dépassé et plus à la page depuis très longtemps. Système représenté par l’un des seuls personnages détestables de la série : le Principal Groff.

Le show n’aborde pas simplement des questions de sexualité et l’avait déjà montré en saison 1 : les réflexions féministes sont également mises sur le devant de la scène. C’est avec le personnage d’Aimee et ce, tout au long de la saison, que la série aborde la question du harcèlement de rue et des agressions qui s’en suivent. De l’importance d’aller porter plainte, d’en parler jusqu’au besoin d’être entourée/soutenue suite à ces agressions, tout est là pour nous faire passer par tous les stades d’émotions. De la révolte à la tristesse, à la compassion et enfin, à l’espoir. Parce que, n’en déplaise à Mrs Sands : la solidarité féminine, ça existe.

  • Qui n’oublie pas de rester divertissante

Comme nous venons de le voir, Sex Education est une série qui a une démarche très inclusive qui possède un panel de personnages très varié. En plus des déjà connus de la saison 1, cette année, l’un des petits nouveaux n’est autre qu’Isaac (George Robinson), un jeune homme qui deviendra le voisin de Maeve et qui se trouve également être en fauteuil roulant. Si la place des personnes handicapées dans les séries (ou même au cinéma) est déjà très restreinte, la plupart est, en plus, pourvue d’une écriture assez pauvre et réduit à subir le validisme qui les entoure. S’il est certes très important de parler de validisme (discrimination envers les personnes handicapées), réduire une personne aux simples discriminations qu’elle subit est loin de dépeindre de la réalité. Une erreur que Sex Education évite avec brio. Isaac est certes en fauteuil, et les problématiques d’accessibilités sont abordées, mais il possède également une vie, des émotions et des sentiments en dehors de son handicap.

L’écriture d’Isaac est très symptomatique de l’écriture globale de la série qui se décrit par un équilibre parfait entre problématiques éducatives voire militantes et scénarisation. Même si le show aborde des thématiques importantes et difficiles tout au long de ses épisodes, il n’oublie pas de nous divertir et de nous offrir des histoires à la fois drôles et émouvantes. Nous pensons bien sûr à l’histoire qui lie Maeve (Emma Mackey) et Otis (Asa Butterfield), une histoire que nous avons hâte de voir se concrétiser contrairement aux scénaristes qui ont l’air de beaucoup apprécier jouer avec les nerfs des spectateurs concernant ce couple… Pour autant, rien ne paraît forcé, et tout se déroule de façon assez naturelle.

Certes, certaines choses nous paraissent évidentes, comme l’échec du couple entre Ola et Otis ou encore le fait que Ola s’intéresse de près à Lily. Tout n’est pas ultra crédible dans Sex Education, mais c’est aussi ce qui nous fait aimer la série. Ce côté décalé, comme la scène du dernier épisode entre Adam et Eric sur scène, font le charme de la série et ne décrédibilise jamais son propos. On note donc un vrai travail sur l’écriture et une rigueur bienvenue quand à l’usage de l’humour. Il est plaisant de compter, dans le paysage sériel actuel, au moins une série dite pour adolescents qui prend au sérieux à le fois son scénario et son propos.

Pour conclure, Sex Education est une série unique qui ne peut évidemment pas plaire à tout le monde mais qui est indéniablement excellente dans son genre. Parfaitement équilibrée, cette série convient aussi bien aux adolescents qu’aux adultes. Chez Just About TV, nous sommes sous le charme. Notre note : 4.75/5.

Lizzie

Lizzie

Moi c'est Lizzie, accro au cinéma, aux séries, et à la littérature. Il paraît que je suis un mélange étrange de Monica Geller, et Jesse Pinkman. Perso je pense que je suis la dernière sœur Gallagher cachée.

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