Ramy : l’avis de la rédac’ sur la saison 2 !

Ce 6 août, Starzplay a mis en ligne les 10 épisodes tant attendus de la saison 2 de Ramy. Diffusée aux États-Unis en mai dernier sur Hulu, la série est considérée comme la première sitcom américaine dédiée à un personnage musulman. Ramy suit les des aventures de Ramy Hassan, incarné par le co-créateur, réalisateur, producteur exécutif de la série Ramy Youssef. Dans cette seconde saison, l’Égyptien-Américain trentenaire du New Jersey de confession musulmane poursuit sa quête spirituelle et identitaire, initiée en saison 1. L’occasion de retrouver le superbe casting composé de Mohammed Amer, Hiam Abbass (Succession), Amr Waked, May Calamawy, Dave Merheje, Laith Nakli, Steve Way ainsi que l’oscarisé Mahershala Ali (connu sur le petit écran à travers True Detective, House of Cards et Treme) et MaameYaa Boafo, les deux nouveaux de cette saison.

***Attention, cet article contient des spoilers***

  • Une quête spirituelle et identitaire

À l’instar de la première saison, Ramy continue sa quête quête spirituelle et identitaire pour essayer d’être un « bon » musulman malgré ses désirs charnels et ses défauts. Après ses échecs et ses erreurs passées (qui incluent coucher avec une femme mariée pendant le Ramadan et avec sa cousine), il décide de reprendre sa vie en main, change de mosquée et rejoint une communauté soufiste, dirigée par la charismatique cheikh interprété par Mahershala Ali. Le fils d’émigrés égyptiens essaie petit à petit de trouver sa place dans cette communauté, de s’investir et de combler le vide qu’il ressent à l’intérieur de lui et qu’il remplit avec… du porno et des bonbons. Si les premiers épisodes démarrent lentement, ils permettent d’introduire comme il se doit un nouveau personnage, et pas des moindres, le cheikh Ali, mentor de Ramy, et de montrer les rites et les croyances de cette branche mystique de la religion.

Comment être un homme bon ? Comment échapper à ses pulsions ? Tout au long de la saison, Ramy va essayer de devenir meilleur. L’altruisme, la fraternité, la bienveillance, la générosité… Le trentenaire touche à ses valeurs mais sombre fréquemment dans l’égocentrisme et les mensonges, ce qui le rend beaucoup agaçant et moins attachant.

  • Les minorités à l’écran

Outre la représentation des musulmans à l’écran et les états d’âme de Ramy, la série prend le temps de représenter à l’écran d’autres minorités. Que ce soit le temps d’un épisode ou tout au long de la saison, Ramy montre la diversité de notre société, en partant de celle qui entoure le personnage principal dans le New Jersey, ainsi que les obstacles que les minorités doivent surmonter. La justification de l’identité des personnes non-binaires, le sexisme et le racisme des arabes face aux femmes musulmanes noires, le tiraillement des homosexuels entre la religion et l’amour, la sexualité des handicapés, les difficultés que rencontrent un émigré dans sa recherche d’emplois… En partant de tabous ou de clichés, la série déconstruit avec humour et émotion les idées reçues et les préjugés.

  • Une galerie de portraits de personnages imparfaits mais très attachants

Face à un Ramy plus égocentrique, superficiel et blessant, difficile de compatir. Un mal pour un bien. Ce détachement du héros permet aux téléspectateurs de prendre le temps de découvrir les personnages secondaires. Avec des épisodes anthologiques, la série explore l’histoire des membres de la famille de Ramy tels que sa soeur, son père, sa mère et son oncle. On découvre ainsi un père dépassé et déprimé par la perte de son emploi et l’émancipation de ses enfants, une soeur indépendante et fragile, une oncle antisémite, macho, homosexuel non-assumé et boulimique et une maman poule sans filtre qui cherche à bien faire. Mention spéciale pour cette dernière, interprétée par la superbe Hiam Abbass, qui offre au téléspectateur non seulement le plus beau monologue lors de son discours anti-Trump mais également la scène la plus touchante lorsque Maysa Hassan apprend qu’elle blesse ses proches malgré elle.

Dans la saison 1, on avait déjà adoré ces moments au plus près des proches de Ramy et cette façon de montrer que, derrière des personnages détestables et pénibles, peut se trouver en réalité des personnes imparfaites, humaines et très attachantes. Peut-être, le téléspectateur apprend lui aussi à être plus bienveillant et à regarder autrement les générations précédentes, voire ses aînés, qui peuvent sembler irritantes et intolérantes, mais qui doivent elles aussi faire face à un monde qui les dépasse.

En conclusion, difficile de ne pas devenir addict à Ramy. Aussi intelligente que divertissante, la série traite avec justesse autant de sujets légers que profonds. Appuyée par une mise en scène soignée, la sitcom aborde des situations peu probables tout en leur injectant de réelles émotions et de l’authenticité. Il ne nous reste plus qu’à attendre sagement la saison 3 pour avoir le plaisir de découvrir où les aventures de Ramy Hassan nous emmèneront cette fois-ci ! Note : 5/5.

AgatheBaie

AgatheBaie

Agathe, 25 ans, ex-sorbonnarde et ex-étudiante en journalisme culturel à l'ESJ Paris. Je suis à la fois passionnée par le cinéma hollywoodien - que ce soit celui qui nous met des étoiles plein les yeux ou celui qui nous fait réfléchir - et fan de séries ! J'aime énormément de genres différents : science-fiction et fantastique, super-héros, drames, historiques, horreur... Mes plus gros coups de cœur : Game of Thrones, Glee, Ally McBeal, Buffy contre les vampires, Outlander et Sweet/Vicious. Elles ont un point commun : des personnages féminins forts et charismatiques, avec du caractère et traitent de sujets culturels ou de société qui nous touchent tous et toutes.

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