Man in an Orange Shirt : l’avis de la rédac sur la mini-série !

Mini-série en deux épisodes seulement, Man in an Orange Shirt est un projet pas comme les autres. Diffusée sur la BBC, la série aborde le thème de l’homosexualité sur deux époques différentes : la seconde guerre mondiale et la notre. Préjugés, homophobie, mal être… des thèmes importants dont il faut parler, abordés grâce à des personnages merveilleusement développés et interprétés par des acteurs fabuleux. On vous en parle !

Man in an Orange Shirt est la toute première série de Patrick Gale, diffusée dans l’optique de la Gay Britannia qui célèbre les 50 ans du Sexual Offences Act de 1967. Pour le petit cours d’histoire et histoire de resitue les faits, il s’agit d’un acte du Parlement Anglais qui dépénalise partiellement les actes homosexuels entre deux hommes, s’ils ont tous les deux dépassé l’âge de 21 ans. L’acte n’a fait effet qu’en Angleterre et au Pays de Galles et ne concernait pas l’armée. Ce n’est venu qu’en 1980 en Ecosse avec le Criminal Justice Act et en Irlande du Nord en 1982 avec le Homosexual Offences Order. Pour l’occasion, la BBC a décidé de mettre en place toute une série de programmes, que ce soit à la télévision, à la radio ou dans les rues grâce à une campagne d’information et de soutien par les associations LGBT+.

Man in an Orange Shirt est une série de seulement deux épisodes qui nous racontent deux histoires d’amour. Le premier épisode se déroule pendant et après la seconde guerre mondiale, tandis que le second se déroule à notre époque. Mais les personnages sont bel et bien liés…

En 1944, Michael Berryman (incarné par Oliver Jackson-Cohen) rencontre Thomas March (incarné par James McArdle) et c’est le coup de foudre. Malgré le danger dans lequel ils se mettent à entretenir une relation, ils tentent de trouver le bonheur. Jusqu’à ce que la vérité éclate et que Michael n’avoue à Thomas qu’il a une fiancée, Flora (incarnée par Joanna Vanderham), son amie d’enfance, qui a attendu la fin de la guerre pour pouvoir l’épouser. Michael ne peut rompre sa promesse et va finalement épouser la jeune femme, allant même jusqu’à demander à Thomas d’être son témoin. La vie se poursuivra doucement, Michael n’oubliant cependant jamais totalement Thomas, jusqu’au jour où Flora découvrira les lettres que les hommes se sont écrites pendant la guerre… des lettres d’amour qui ne laissent aucun doute sur leurs sentiments. Flora, après avoir explosé de colère, sera finalement bien obligée d’accepter la situation, à la seule condition que les hommes ne se fassent jamais surprendre.
Le second épisode nous présente Adam (incarné par Julian Morris), le petit-fils de notre Flora du premier épisode, maintenant plus âgée (et incarnée par la fabuleuse Vanessa Redgrave). Lui aussi essaie tant bien que mal de vivre une relation amoureuse épanouie avec Steve (incarné par David Gyasi. Célibataire, Adam a une petite routine, il travaille en tant que vétérinaire dans une clinique, rencontre des hommes grâce à des applications de rencontres, mais ne les revoit jamais. Jusqu’à ce qu’il rencontre Steve, venu à la clinique pour faire euthanasier son chat. Après deux rencontres, Adam l’invitera finalement dans le cottage que vient de lui léguer sa grand-mère, le même cottage que celui où Michael et Thomas avaient passé toute une semaine dans le premier épisode. Steve étant architecte, Adam a trouvé le prétexte parfait pour passer du temps avec lui. Ce petit séjour les rapprochera, mais Adam ne sait pas entretenir une relation, il ne rencontre des hommes que pour avoir des relations sexuelles. Et sa rencontre avec Steve va l’amener à tout remettre en question.

La série est entièrement portée par les performances des acteurs qui sont à couper le souffle. Le ton est toujours juste, jamais forcé, avec un bon équilibre. On saluera bien sûr le jeu des acteurs qui incarnent les quatre rôles principaux : Oliver Jackson-Cohen, James McArdle, Julian Morris et David Gyasi. Sans oublier l’incroyable prestation de Vanessa Redgrave dans le second épisode, toute en émotions. Flora est le personnage qui permet de créer un lien entre les deux épisodes, la performance de Vanessa Redgrave dans le second pousse les téléspectateurs de ressentir de la compassion pour elle, malgré le fort sentiment de rejet qu’elle peut exprimer envers Michael ou Adam, et l’homosexualité en général.
Pour compléter ce casting cinq étoiles, on retrouve également des têtes connues pour les rôles secondaires : Laura Carmichael, Angel Coulby, Frances de la Tour, Adrian Schiller… qui ont tous leur importance dans l’évolution du scénario et dans la représentation pro ou anti LGBT. Ces personnages secondaires nous permettent d’ancrer les événements dans la perception globale et historique des faits, surtout en ce qui concerne le premier épisode. Quand Flora constate l’homosexualité de Michael, elle ne peut même pas en parler avec sa sœur qui voit ça comme une erreur de la nature. Et ce sont des choses qui sont encore valables aujourd’hui. L’évolution des personnages principaux et leurs échanges avec les personnages secondaires, ainsi que le parallèle entre les deux épisodes et les deux histoires d’amour qui nous sont présentées, nous permettent de constater que les choses ont beau avoir évolué au niveau de la loi, les inégalités persistent…

Man in an Orange Shirt nous fait voir l’évolution de l’homosexualité au fil des années : la société a changé, les lois ont changées, les mentalités également, mais malgré cela, d’autres problématiques se sont installées. Dans le premier épisode, le côté illégal de l’homosexualité nous était présenté, avec tout ce que cela engendrait : l’obligation de vivre cacher, de maintenir les apparences, de refouler ses sentiments et ce que l’on est, devoir vivre dans le faux pour éviter de mettre sa vie ou celle de ses proches en danger. Avec Adam, on perçoit l’une des facettes de notre société telle qu’elle est de nos jours : l’omniprésence de la sexualité (et sa possible addiction), la difficulté à s’installer en couple, les rencontres via les applications et la technologie mise au service des relations intimes, le regard des proches, mais également la progression d’une relation.

Conclusion, Man in an Orange Shirt est une mini-série utile et réellement nécessaire, touchante et incroyable, un scénario tout en justesse porté par des acteurs fabuleux et des performances à couper le souffle. Ce n’est que deux heures de votre vie, jetez-y un coup d’œil. Notre note : 5/5

Owlhazel

Owlhazel

Aude, 24 ans et apprentie libraire sur Paris. Je divise mon temps libre entre les séries et la lecture. Mon genre de prédilection reste de loin les séries en costumes et historiques, majoritairement anglaises, appelées aussi period drama. Je regarde aussi beaucoup de séries fantastiques, mais j'ai beaucoup de mal avec les comédies. J'aime pleurer et voir mes personnages préférés en baver avec la vie. Mes séries préférées vont des Tudors à Game of Thrones en passant par The White Queen et Outlander, avec un petit détour par Vikings et Peaky Blinders.

Une pensée sur “Man in an Orange Shirt : l’avis de la rédac sur la mini-série !

  • 12 août 2017 à 16 h 21 min
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    Une magnifique mini-série tout en émotion avec des acteurs talentueux et une belle écriture malgré quelques raccourcies temporels . Le premier épisode qui se déroule en 1944 est juste sublime peut-être aussi parce que c’est une période que j’aime tout particulièrement . J’aime cette romance caché qui à mon sens est souvent la plus passionner au vue de la période et de la société à cette époque . la deuxième partie m’a aussi beaucoup parlé du fait des rencontres via les applications et les difficultés qu’on as aujourd’hui à trouver à cause de cela entre autre . Ce second épisode décrit à merveille notre époque et notre  » peur  » de s’ouvrir aux autres….

    Ce qui n’a rien à voir mais Aude je souhaite reprendre mes études et devenir libraire donc j’aimerais quelques infos en privé ( du moins si tu le souhaites ) . merci

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