Love 101 (Netflix) : l’avis de la rédac’ sur la saison 1 !

Les productions made in Turquie ont le vent en poupe sur Netflix ! Après le film événement 7 Koğuştaki Mucize, c’est au tour de Love 101 (Aşk 101 en VO), troisième série originale turque de la plateforme, de débarquer ! Signée Deniz Yorulmazer et Ahmet Katiksiz, elle met en scène des lycéens rebelles qu’un objectif commun et inattendu va rapprocher : la quête de l’amour pour l’une de leurs professeures. Voici notre avis sur la première saison.

*** Attention, cet article contient des spoilers ***

  • Entre teen-show et dramédie…

Love 101 reprend tous les codes du teen-show : l’intrigue se déroule dans un lycée, les protagonistes sont des adolescents tourmentés, le proviseur est le stéréotype du méchant de service et il y est bien évidemment question de relations amoureuses compliquées. Le pitch ne déroge pas à cette règle : pour ne pas être virés de l’école, quatre élèves turbulents font alliance avec la première de la classe pour empêcher la mutation de la seule professeure s’opposant à leur exclusion en lui trouvant l’amour auprès d’un autre enseignant. Néanmoins, il s’agit avant tout d’une histoire d’amitié et au final, les personnages se feront grandir mutuellement. On découvrira petit à petit que la série aborde des thèmes plus sérieux qu’il n’y paraît et tend alors vers la dramédie.

  • … des sujets plus adultes qu’il n’y paraît

En effet, derrière ces élèves rebelles se cachent des adolescents en souffrance. Mais la sage Isik (Ipek Filiz Yazici) va chambouler leur vision pessimiste du monde et leurs convictions et leur apporter une lueur nouvelle : l’espoir, bien que Kerem (Kubilay Aka) estime qu’une telle chose n’existe pas. Sinan (Mert Yazicioglu), délaissé par ses parents, émet quant à lui la réflexion suivante en référence au professeur Kemal (Kaan Urgancioglu) : ceux qui ont l’air gentils en apparence sont les plus méchants sous la surface et cachent leurs vraies personnalités par de bonnes actions et c’est pour cela que les vrais gentils perdent toujours. De plus, on assistera entre autres à une jolie discussion entre Isik et Eda (Alina Boz) sur la réussite sociale où la première demandera notamment à la seconde pourquoi elle est toujours en colère. Par ailleurs, la question de la pression sociale liée à la condition féminine sera également évoquée via le personnage d’Eda et ses troubles anorexiques soulignés par Sinan qui lui reproche de vivre uniquement pour le regard des autres, ce à quoi elle rétorque que le surpoids est jugé comme une faiblesse dans notre société encline à critiquer tout et tout le monde. Le sujet sera aussi défendu par le biais du mariage de Burcu (Pinar Deniz) et du déshonneur qu’elle cause à sa famille. La professeure comprendra alors, pour elle et ses parias d’élèves, qu’il est difficile de se plier à une société uniforme quand on est différent.

  • La peur d’aimer et d’être aimé

L’amour, thème universel et intemporel, est ici abordé sous un angle différent : la peur d’aimer et de l’être en retour. Les trois couples de la série ont tous un point commun, à savoir que l’un des partenaires craint de dévoiler ses sentiments à l’autre, et surtout à soi-même. Toutes les histoires d’amour se ressembleraient-elles au final ? On pourrait penser que le jeune âge des personnages entre en jeu mais comme le confirme Burcu, même avec de l’expérience, on ne sait jamais sur quel pied danser quand il est question d’amour. Pour certains comme Sinan, l’amour est une fragilité ; pour Eda, il fait tellement « flipper » qu’on préfère rester enfermés dans sa bulle ; selon Burcu, ouvrir son coeur à quelqu’un est un manque d’amour propre, tandis qu’au contraire pour Isik il faut être soi-même et s’aimer avant d’aimer une personne, ce qui corrobore la vision de Kerem pour qui savoir lâcher prise n’est pas une mauvaise chose… Seule la storyline d’Osman (Selahattin Pasali) partira dans une direction différente. Alors certes, le show fait parfois dans la psychologie de comptoir et les phrases bateaux, et on pourrait lui reprocher cet aspect niais mais ce sont pourtant des vérités qui nous concernent tous à échelle personnelle pour la plupart…

  • Une atmosphère envoûtante

Que ce soit pour les yeux ou les oreilles, le charme de la série opère ! La réalisation nous offre de très beaux plans d’Istanbul et du Bosphore, et nous entraîne dans le pittoresque de cette ville, telle une gravure vivante que l’on souhaite alors visiter. On note par ailleurs le paradoxe entre la beauté du cadre de vie de ces adolescents et leur souffrance intérieure. Petit détail poétique : la symbolique des oiseaux qui représentent les couples (sur la terrasse de Sinan ou au lycée sur le mur). Mais la série doit aussi beaucoup à sa bande-son, le plus souvent pop rock ou typiquement turque. On retiendra notamment la jolie scène sous-marine sur fond de « Where is my mind ? » des Pixies. Une musique parfois nostalgique, à l’instar du générique de fin d’épisode qui nous laisse sur une note mélancolique… En effet, les personnages nous renvoient à notre propre image passée et il se pourrait bien qu’après visionnage du show, vous risquiez de faire une petite introspection sur vos 10, 20 ou 30 dernières années en vous demandant si vous avez vraiment pris la voie que vous pensiez suivre à 17 ans… et ce qu’est devenu votre amour de jeunesse ! La série parlera probablement davantage à la génération Y qu’à la génération Z et vous laissera sur un sentiment doux amer… la nostalgie.

En conclusion, Love 101 fait partie de ces séries dont nous n’avons aucune attente spécifique mais qui nous séduisent par leur atmosphère, leur bande-son ou encore leurs personnages attachants. Avec son format court (8 épisodes de 35 minutes), elle se regarde facilement en ce temps de confinement et nous permet de nous évader l’espace de quelques heures. Note: 4/5.

Crédits photos : NETFLIX.

Setsuna

Setsuna

Passionnée de séries américaines depuis toute petite, je suis tombée dans la marmite avec Beverly Hills 90210 et Lois & Clark. Ont suivi Buffy, Charmed, Le Caméléon, Roswell… Assez éclectique, je peux aussi bien regarder Sex and the City que Stargate SG-1. J’ai toutefois une préférence pour le genre fantastique, le quotidien réaliste m’ennuyant quelque peu… Les séries représentent beaucoup pour moi : on s’identifie aux personnages, ils nous font grandir en nous inspirant leur force (Sydney Bristow, Alias) et certains moments qu’ils vivent nous aident à traverser nos propres épreuves. Voilà donc pourquoi je tenais à leur rendre hommage en participant à ce site !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.