Liar : l’avis de la rédac’ sur la saison 1

Il y a peu, ITV nous annonçait l’arrivée de Liar, une mini-série dans laquelle s’affrontent Joanne Froggatt (Downton Abbey) et Ioan Gruffudd (Les Quatre Fantastiques), un thriller opposant un homme et une femme chacun défendant sa vérité. Le résultat est-il à la hauteur des promesses ainsi faites ? On vous le dit tout de suite.

  • Un début qui laisse présager du très très bon

C’est au lendemain d’un rendez-vous galant tout ce qu’il y a de plus classique que la vie de Laura Nielson et Andrew Earlham tourne au cauchemar. Laura se réveille, choquée, appelant à l’aide sa sœur Katy, certaine d’avoir été violée. Andrew, chirurgien de renom et père exemplaire, apprend depuis son travail qu’il est accusé du pire.

Lequel des deux est un menteur ? Lequel des deux manipule tour à tour sa famille, ses amis et les autorités compétentes dans ce genre d’affaire ? Puisqu’il n’existe aucune preuve d’un quelconque crime, ce sera la parole de l’un contre celle de l’autre, associé aux fouilles qui seront menées dans leur passé qui peut leur porter à chacun préjudice, mais est-ce bien là que se cache la vérité ?

Le thème ici traité est loin d’être anodin mais aussi tristement d’actualité. Qu’importe que les faits soient ou non avérés, le spectateur se trouve face à un troublant constat résultant certainement d’une petite manipulation voulue par les scénaristes : dans cette situation où une femme accuse un homme de viol, sa parole est très rapidement mise en doute. Lui, homme intelligent exerçant une profession honorable, bien malheureusement veuf mais un homme charmant, souriant et somme toute un père aimant. Face à lui une femme, professeure au lycée, venant tout juste de se séparer, n’en semblant que peu affectée et aux antécédents de dépression nécessitant la prise de médicaments. Ils ont passé la soirée ensemble, elle lui a proposé d’entrer chez elle et son corps de présente aucune marque de violence. Tous, qu’il s’agisse de son entourage, de la police ou des médias vont mettre en doute sa parole sur un simple état des lieux de leur vie à chacun. Car si son esprit a été troublé par le passé, il l’est certainement encore à ce jour et cela est une raison amplement valable pour disculper ce brave homme qui n’a finalement rien demandé.

Dans sa quête de la vérité – sa vérité? – Laura va traquer Andrew sans relâche sur internet, au travail, au cœur de ses relations actuelles ou passées et cela ne fera qu’amplifier ce malaise persistant : est-elle saine d’esprit ? Tout ceci n’est-il pas le fruit de son imagination, une véritable obsession ? Ou bien est-ce tout simplement une femme qui n’a d’autre moyen que de faire justice elle-même en partant à la recherche de preuves permettant d’inculper son agresseur par ses propres moyens ? Durant trois épisodes, le spectateur aura bien du mal à se décider, se faire une véritable opinion. Comme s’il suivait une affaire par le biais des médias dans laquelle de nouvelles pistes contrediraient sans cesse les précédentes.

La mise en scène de Liar est sobre, alimentée par une sorte de filtre bleuté qui laisse constamment cette impression d’être en apnée, dans l’attente d’une vérité qui surgirait enfin à l’écran. Les acteurs principaux sont tout simplement parfaits dans leurs rôles respectifs : Joanne Froggatt en femme brisée et déterminée à faire éclater la vérité et Ioan Gruffudd dans le rôle du père bafoué et accablé par des accusations innommables qu’il ne sait comment affronter.

ATTENTION : la suite de cet article contient des spoilers.

  • Une seconde partie mi-figue mi-raisin

Alors que l’on s’attend à mener l’enquête encore quelques épisodes, le menteur est dénoncé bien rapidement. Dès lors que le spectateur en a pris connaissance, il révèle son véritable visage à sa victime et joue avec elle et d’autres, toujours en arborant un sourire à vous glacer le sang. Cette révélation peut sembler, pour certains, finalement trop évidente. S’en suit la question du « Comment ?« . Cela aussi est révélé par la suite. La véritable victime, Laura, découvrira d’autres crimes commis par Andrew par le passé mais aussi après elle. Laura saura alors qu’elle ne pourra poursuivre son existence tant qu’elle n’aura pas stoppé les agissements d’Andrew en le mettant hors d’état de nuire.

La solution arrive lors du dernier épisode, quelques temps après les récents évènements, comme un miracle. Il s’agit d’une hypothèse qui se révèle exacte et lesdites preuves sont récupérées et remises aux autorités avec une facilité déconcertante. C’en est même un peu décevant voire lassant.

On regrette de ne pas avoir trouvé l’occasion de s’attacher à Laura, qui, traversant l’une des pires périodes de son existence se révèle, à juste titre, froide et tourmentée, dans l’incapacité de créer le moindre lien avec quiconque et prompte à rompre ceux qu’elle avait avec les personnes qu’elle aimait et qui lui ont fait du tord (une accumulation d’événements désastreux qui sont peut-être même de trop dans la vie de notre héroïne).

On aurait pu s’attendre à plus de mystère, des retournements de situation plus farfelus. Finalement, Liar conte un fait qui pourrait s’être produit sans peine dans la réalité, inspiré de tant de situations où des victimes ont dû se battre pour faire valoir leur droit. La série laissant présager une toute autre volonté au départ et même si l’investissement est abouti et pourrait se vouloir dénonciateur d’une injustice, on est en droit de se sentir freiner par la tournure qu’ont pris les événements.

  • Une ouverture possible vers une toute nouvelle intrigue

Était-ce prévu dès le départ ou ce revirement est il le fruit d’une audience plus que satisfaisante ? Toujours est-il que Liar, au début de sa diffusion annoncée comme une mini-série, aura droit à une saison 2 dont le début du tournage est prévu pour janvier 2019. En effet, le sixième et dernier épisode de la saison s’est conclu par un cliffhanger plutôt inattendu. Une suite qui portera sur une toute autre intrigue dont on sait qu’elle comprendra la recherche du tueur présumé d’un des protagonistes principaux.

En conclusion : Liar est un thriller intriguant, qui questionne mais qui se révèle au final moins original et surprenant que le premier épisode l’avait laissé présager. Elle n’en reste pas moins une série de qualité avec un duo d’acteurs dont la confrontation et les jeux de manipulation ne peuvent que captiver le spectateur. Reste à savoir si la saison 2 saura offrir un nouveau souffle à l’intrigue déjà essoufflée en cours de route. Notre note : 3,5/5

Littlepoppy

Littlepoppy

Marie, 26 ans, infirmière en région parisienne qui se prend au choix pour Sybil Grantham ou Anne Shirley. Mon quotidien s’organise autour du travail, des sorties et de mes passions comme la lecture, le cinéma, les séries TV et la couture. Je fonctionne au coup de cœur et malgré son succès je ne me force pas à poursuivre une série qui ne me passionne pas (mes excuses à Game of Thrones et The Walking Dead). Je n’ai donc pas vraiment de genre préféré, ayant suivi avec bonheur tant Downton Abbey que American Horror Story, Once Upon A Time que True Blood… Je tiens un petit blog avec amour dont le titre rend hommage à l’un de mes grands classiques cinéma des années 90 : Bangarang Daily.

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