L’Art du Crime : l’avis de la rédac’ sur la saison 3 !

C’est une saison étonnamment courte qu’a proposé France 2 pour sa troisième salve d’inédits de L’Art du Crime. Diffusés les vendredis 25 octobre et 1er novembre, ce sont en effet deux petits épisodes qui ont constitué cette nouvelle saison. Le capitaine Antoine Verlay (Nicolas Gob) et l’historienne de l’art Florence Chassagne (Eleonore Gosset-Bernheim) reprennent du service et nous emmènent à la découverte de l’Opéra de Paris et du mythe d’Osiris. Voici notre avis sur la saison 3, actuellement disponible en replay sur le site de France Télévisions (lien vers l’épisode 1 ici et vers l’épisode 2 ici).

***Attention, cet article contient des spoilers***

 

  • Un nouveau format déstabilisant

De série, il semblerait que L’Art du Crime soit en passe de se transformer en une collection de téléfilms. La raison ? Le changement de format opéré pour cette nouvelle saison, alors que nous avions été habitués à 6 épisodes de 50 minutes lors des précédentes sessions. Désormais, nous devons nous contenter de deux épisodes de 90 minutes. Le show revient donc au total pour 180 minutes à la place des 300 habituelles, pas de grand écart de différence en terme de temps à l’écran certes, mais seulement deux enquêtes au lieu de six ! Par conséquent, un format qui propose trois fois moins d’intrigues et qui nous donne l’impression d’avoir été quelque peu floués… Cependant, tout n’est à jeter dans cette nouvelle formule. En effet, ce changement permet davantage de libertés : un approfondissement plus détaillé de l’enquête tout d’abord, et surtout des relations entre les personnages plus poussées. Par ailleurs, lors de notre entretien avec Nicolas Gob, nous avions demandé à l’interprète du capitaine Verlay son avis sur la question. Il nous avait alors confié que ce format 90 minutes tendait à resserrer l’intrigue et apportait un côté plus classieux à L’Art du Crime. Deux points pertinents qui s’avèrent exacts, et pourtant, nous restons sur notre faim après le visionnage des épisodes… Si France Télévisions souhaite garder cette formule, il serait peut-être bon de proposer quatre épisodes et non deux, afin de mieux équilibrer le show. L’essai de transformer la série en collection de téléfilms est donc pour le moment déstabilisant et pas complétement réussi, le droit à l’erreur étant très limité…

 

  • Un premier épisode en demi-teinte…

Après visionnage du premier épisode, nous ne pouvons nous empêcher de ressentir une pointe de déception… La faute au risque pris par les scénaristes de redistribuer les cartes quant au duo phare de la série, ainsi que celui de s’adapter au nouveau format, reléguant l’art au second plan. Explications. Suite à une erreur qu’elle a commise sur une scène de crime, Florence Chassagne n’est plus autorisée à travailler à l’OCBC en tant que consultante et doit donc être remplacée. C’est la jeune fliquette Juliette Mariton (Dounia Coesens) qui est choisie pour former un duo 2.0 avec le capitaine Verlay. Le hic : celui-ci ne fait aucun effort pour accepter la nouvelle venue, se montrant particulièrement hostile à son égard, et va même jusqu’à revoir Florence en cachette afin qu’elle l’aide sur son enquête. S’instaure ici un parallèle évident avec une relation de couple officielle et une officieuse pour Antoine Verlay, pris entre ses deux collègues féminines. Cette comparaison est d’autant plus accentuée par la jalousie clairement exprimée par l’historienne de l’art lors de ses usuelles séances chez sa psy. Un pas est même franchi scénaristiquement parlant du côté de l’héroïne puisqu’elle s’avoue enfin être amoureuse d’Antoine. Un bon point donc.

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De plus, l’humour est de mise dans cet épisode puisque ce sont des codes empruntés au vaudeville qui sont utilisés pour dépeindre les rencontres secrètes des deux anciens collègues, notamment lorsque Florence se cache -ou pas justement- dans la chambre quand Juliette découvre le pot aux roses. Le problème étant que le duo originel nous manque, le personnage interprété par Dounia Coesens n’étant pas assez développé pour que l’on s’y attache. Pis encore : la scène finale de baiser dont est témoin Florence tombe comme un cheveu sur la soupe, semblant venir de nulle part et s’avérant improbable au vu du mépris ambiant dégagé par le capitaine à l’encontre de sa désormais ex-collègue. Il s’agit là d’une -trop- grosse ficelle scénaristique destinée à retarder le moment où Florence avouera son amour à Antoine, ressort dramatique classique sans grande originalité qu’un téléspectateur averti peut voir venir quelques minutes auparavant. En outre, l’enquête ne paraît être qu’un prétexte à ce trio farcesque et nous y accordons au final malheureusement peu d’importance -alors que le contexte de l’opéra était prestigieux et aurait pu mener à une intrigue mieux travaillée. L’art est ainsi relégué au second plan, alors qu’il est un ingrédient essentiel au succès de la série. En bref, avec une enquête sans recherches poussées et sans son duo iconique, le tout étiré sur 90 minutes, L’Art du Crime semble se dénaturer et perdre son essence-même dans ce premier épisode…

 

  • … heureusement compensé par le second

Quelle agréable surprise que ce second épisode ! C’est avec soulagement que nous découvrons cette suite de la saison 3 après un mélange d’impatience et d’appréhension… Cet ultime épisode s’éloigne du premier et en compense largement toutes les lacunes. Cette fois, la recette prend car tous les ingrédients sont réunis : l’enquête reprend le dessus, l’action est présente, la relation entre les deux personnages principaux évolue, et en bonus : une touche éventuelle de surnaturel -ou du moins, c’est ce qu’on aimerait nous faire croire ! Un dosage idéal, que l’on aurait aimé trouvé dans l’épisode précédent, mais qui nous incite davantage à savourer chaque minute de nouvel inédit ! Suite à une ellipse temporelle, l’intrigue débute plusieurs semaines après le baiser entre Antoine et Juliette, évitant intelligemment un écueil transitionnel inutile. Encore mieux : Florence s’est elle aussi trouvé quelqu’un… Nous apprécions par avance les situations cocasses que ces deux nouveaux couples vont engendrer ! A noter également que la présence des guest-stars Clémentine Célarié et Samuel Labarthe (Les petits meurtres d’Agatha Christie) ajoute une plus-value à ce savoureux inédit.

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Du côté de l’enquête, nous voici plongés dans l’égyptologie avec une série de meurtres liée au mythe d’Osiris et à la malédiction qui en incombe. Les auteurs nous proposent un scénario dans l’air du temps grâce à l’insertion d’un escape game mortel dans l’intrigue, sans oublier des clins d’œil plus classiques, comme la référence à la saga Indiana Jones, et nous pensons même par moment à l’univers d’Agatha Christie lors des flashbacks en Egypte. La touche de mysticisme confère une atmosphère unique à l’épisode, qui est définitivement l’un des plus réussis de la série, voire même le plus abouti. En effet, contrairement à l’épisode précédent qui semblait subir le format 90 minutes, celui-ci s’en trouve desservi. Pour ce qui est des relations entre personnages, nous sommes également gâtés : Florence et son père (Philippe Duclos) nous offrent une très jolie scène chargée d’émotion, et nos deux héros se questionnent chacun sur leurs sentiments l’un pour l’autre -Antoine inconsciemment à travers ses rêves, Florence plus explicitement chez sa psy… Mais la série retombe dans ses vieux travers en choisissant de nouveau la facilité avec un dénouement de dernière minute à la deus ex-machina… Dommage !

 

En conclusion, L’Art du Crime propose cette année une saison très inégale. Un premier épisode qui n’arrive pas à trouver son équilibre mais dont les défauts sont rattrapés par le second. Attention cependant à ne pas dénaturer la série, en raison du changement de format, de la prise de risque du changement de duo principal et de jouer -un peu trop- avec les attentes du téléspectateur concernant le couple phare. De plus, quelques épisodes supplémentaires auraient été les bienvenus car nous restons sur notre faim… Note : 3/5.

 

Crédits photos : Caroline Dubois / France Télévisions

Setsuna

Setsuna

Passionnée de séries américaines depuis toute petite, je suis tombée dans la marmite avec Beverly Hills 90210 et Lois & Clark. Ont suivi Buffy, Charmed, Le Caméléon, Roswell… Assez éclectique, je peux aussi bien regarder Sex and the City que Stargate SG-1. J’ai toutefois une préférence pour le genre fantastique, le quotidien réaliste m’ennuyant quelque peu… Les séries représentent beaucoup pour moi : on s’identifie aux personnages, ils nous font grandir en nous inspirant leur force (Sydney Bristow, Alias) et certains moments qu’ils vivent nous aident à traverser nos propres épreuves. Voilà donc pourquoi je tenais à leur rendre hommage en participant à ce site !

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