Indian Summers : L’avis de la rédac’ sur la saison 2 !

Indian Summers est une série britannique créée par Paul Rutman dont la première saison servait surtout à nous présenter l’ambiance de l’Inde dans les années 1930, les personnages et le contexte politique dans lequel ils allaient évoluer. Qu’en est-il de la deuxième et dernière saison ?

  • Des audiences en souffrance, une intrigue trop lente ?

Indian Summers est le programme le plus cher jamais financé par Channel 4, et les audiences n’ont cessées de chuter depuis le premier épisode de cette saison 2 (menant à l’annulation de la série) en dépit de l’engouement des critiques à propos des différents secrets des personnages principaux et de l’intrigue principale. Il semblerait que le public présent pour la saison 1 ne soit tout simplement pas revenu pour la saison 2. Initialement prévue pour 5 saisons, la série n’en comptera finalement que deux. La chaîne a préféré arrêté la série avant que les audiences ne deviennent catastrophiques et que les coûts ne deviennent trop élevés pour la production. Le but de cette saison en dix épisodes était de présenter l’été 1935, trois ans après la première saison. La saison présente le « dernier été » du vice-roi et tout un jeu politique qui vise à étouffer l’indépendance.
Ces audiences en baisse peuvent sans doute s’expliquer par l’intrigue parfois « bloquée ». En effet, la première saison servait à présenter les personnages, l’époque et le lieu où se déroulait la série. La seconde saison devait donc démarrer à fond les ballons et ce, dès les premiers épisodes. Cependant, cette saison 2 a été lente dans sa première partie, comme si elle servait encore d’introduction aux personnages et à la situation politique. Rien n’avait vraiment pris son envol et les personnages n’avait pas de réel dialogue, pas de « punchline ». C’était encore très gentillet et il faut le dire, parfois un peu mollasson.

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  • Des personnages plus approfondis et plus développés

Alors que la première saison semblait survoler les histoires de chaque personnage, cette saison 2 nous présente chaque personnage plus en détail et plus en profondeur. Chaque personnage principal à droit à son propre axe narratif, qu’il soit axé dans le passé ou dans le présent. Les personnages prennent plus de profondeur : Ralph, secrétaire privé du vice-roi, est à la recherche de son passé et découvre la sombre histoire de son père. Aafrin commence la saison en tant qu’agent double nationaliste au sein du bureau du vice-roi, ce qui ne cessera pas de lui donner des sueurs froides. La relation entre Aafrin et Alice prend beaucoup plus d’ampleur et devient l’un des piliers de cette seconde et ultime saison, alors qu’elle était très timide dans la saison 1. Sooni est un des personnages qui d’après moi évolue le plus dans cette saison, en plus de prendre de l’ampleur en tant que personnage elle évolue en tant que femme. La situation de la femme en Inde est compliquée à cette période et Sooni permet d’aborder la question du mariage, de la religion et de la liberté de choix. Le retour du mari d’Alice est également un élément important de cette saison, tout comme le fait qu’il est violent avec elle.
Les violences conjugales sont rarement abordées dans les séries historiques et c’est un thème très bien traité dans cette saison Indian Summers : Alice est impuissante face à son époux, elle décide de prendre la fuite en Inde (c’est là que nous la retrouvons dans la première saison) mais il finit par la retrouver. C’est une fuite sans issue. Les réactions de leur entourage sont très différentes, alors que Cynthia décide d’aider Alice et Aafrin à vivre leur histoire, Ralph prétend ne rien voir face aux violences de Charlie… Il aime sa sœur et sera toujours de son côté, mais il lui est difficile d’intervenir. Il veut la garder près de lui, la violence de Charlie est un mal pour un bien.
Les scénaristes n’ont pas non plus hésité à tuer l’un des personnages principaux de la première saison : Dougie Raworth (incarné par Craig Parkinson), lors d’un attentat à la bombe. Il s’agit de l’un des événement marquant de la saison par sa violence et par la réalisation et la mise en scène qui fait monter le spectateur en tension tout au long de l’épisode.
Je regrette simplement que certains personnages passent au second plan, comme Madeleine qui n’est plus qu’un accessoire pour faire avancer Ralph.

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  • Un casting mené avec brio par Julie Walters

Le véritable atout de cette série, après le scénario (parfois un peu lent), les décors, les costumes et l’originalité du contexte historique, est sans conteste son casting. Menés par une Julie Walters absolument brillante dans le rôle de Cynthia Coffin, les acteurs apportent tous une petite touche à la série, mais il faut reconnaître que sans Julie Walters, la série ne serait sans doute pas la même. C’est pourquoi son rôle est si bien développé et si important à la série malgré le peu de développement que son personnage obtient. Dans la première saison, elle n’était que la femme à la tête du club Shimla (ainsi que quelques petits développements secondaires), dans cette seconde saison, elle prend plus d’importance : elle a un rôle dans l’histoire du père de Ralph et prend également place dans la relation entre Aafrin et Alice.
Saluons également les prestations des acteurs qui ont pris plus d’ampleur dans cette saison et qui permettent de sauver l’intrigue parfois lente et qui ne semble pas avancer : Jemima West dans le rôle d’Alice, Nikesh Patel dans le rôle d’Aafrin et Aysha Kala dans le rôle de Sooni. Ce sont pour moi les trois acteurs qui se sont réellement révélés dans cette seconde saison. Je connaissais déjà Jemima West pour son rôle dans Maison Close (si vous ne connaissez pas la série, courrez vous la procurer) mais Nikesh Patel et Aysha Kala sont de vraies révélations et j’espère que ces rôles auront permis de les faire un peu plus connaître au milieu de la télévision.

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Note : 4/5 Je lève donc mon verre au club Shimla, dont j’aurais adoré suivre les aventure trois ans de plus mais la dure loi des audiences a prononcé son verdict. La fin n’est pas une réelle fin en soit, elle laisse place à l’imagination des spectateurs mais nous permet de ne pas dire complètement au revoir aux personnages. Une très bonne série qui souffrait de quelques lenteurs donc, mais qui aurait sans doute mérité une autre chance.

Owlhazel

Owlhazel

Aude, 24 ans et apprentie libraire sur Paris. Je divise mon temps libre entre les séries et la lecture. Mon genre de prédilection reste de loin les séries en costumes et historiques, majoritairement anglaises, appelées aussi period drama. Je regarde aussi beaucoup de séries fantastiques, mais j'ai beaucoup de mal avec les comédies. J'aime pleurer et voir mes personnages préférés en baver avec la vie. Mes séries préférées vont des Tudors à Game of Thrones en passant par The White Queen et Outlander, avec un petit détour par Vikings et Peaky Blinders.

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