Girlfriends : l’avis de la rédac’ sur la saison 1

Créée, produite, écrite et réalisée par Kay Mellor, Girlfriends est une série dramatique britannique dont la diffusion démarrée le 3 janvier 2018 a laissé les téléspectateurs de ITV sur une fin surprenante laissant penser à l’éventualité d’une suite. Voici notre avis sur la première saison !

  • Quelques bons points…

Girlfriends s’ouvre sur la disparition en pleine mer de Micky, le mari de Linda (Phyllis Logan). Cette dernière retrouve très vite ses amies Sue (Miranda Richardson) et Gail (Zoë Wanamaker) ainsi le reste de sa famille qui l’aident à affronter cette tragédie. L’intrigue est centrée sur trois femmes d’une soixantaine d’année qui mènent chacune leur propre combat du quotidien.

La mise en scène nous offre bon nombre de péripéties présentées, l’air de rien, comme des faits très anecdotiques auxquelles nos héroïnes doivent faire face mais toujours épaulées par le reste du trio. Cela aurait pu rendre chaque épisode long et ennuyeux, pourtant la série s’en retrouve plutôt allégée et apaisante alors que notre drame familial finit par virer au feuilleton policier.

Malgré tous ces revirements, il est impossible de passer à côté d’un évident message féministe relayé à travers chacune de ces trois femmes. L’une va devoir se battre pour être professionnellement reconnue au même titre que son associé qui pense pouvoir la mettre de côté sous prétexte d’un âge avancé, l’autre va devoir apprendre à choisir ce qu’elle souhaite faire passer en premier dans sa vie et ne plus se laisser manipuler à tort et à travers tandis que la dernière s’est libérée d’elle-même des années passées à subir la violence et le chantage d’un homme infidèle.

On doit le dynamisme de la série au trio d’actrices bien connues qu’on a plaisir à retrouver en copines soudées envers et contre tout. Autour de ces femmes gravitent tous les membres de leur famille aux profils variés et intéressants qui offrent bon nombre de possibilités quant aux histoires annexes à l’intrigue principale avec des thèmes importants disséminés ici et là.

 

  • …qui ne suffisent pas.

Beaucoup de choses intéressantes sont glissées dans les épisodes de Girlfriends mais restent bien peu exploitées. Seule l’histoire entre Sue et le père de son enfant semble réellement creusée, le reste meuble entre deux révélations sur l’enquête. Les autres personnages, enfants et parents, auront droit à leur petite histoire sans qu’on ne puisse véritablement en tirer quoi que ce soit de réellement consistant. De plus, l’alternance entre anecdotes du quotidien et révélations policières ne permet pas de s’accrocher à l’un ou l’autre des versants de cette histoire et il est difficile de savoir lesquelles de toutes ces informations a réellement de l’importance, ce qui entache le rythme du récit et l’attention du spectateur.

Concernant l’enquête, nos trois sexagénaires semblent rapidement s’y habituer tant elle font face avec brio aux évènements qui se succèdent à folle allure lors de ces six épisodes. Elles apparaissent à la rigueur quelque peu surprises mais rien qui ne les terrassent. On pourrait penser que le jeu des actrices en est responsable mais il doit s’agir du flegme britannique si connu, certainement annoté dans le scénario.

Cette série aurait pu rester sympathique quoiqu’un peu banale s’il n’y avait pas eu ce dénouement d’une moralité clairement douteuse et délivrant un message à contre courant de ce que l’on aurait attendu au départ.

* La suite contient des spoilers *

Linda révèle assez rapidement à ses amies que oui, elle a bien poussé volontairement son mari par dessus bord. La raison? Après qu’elle ait été de nombreuses fois victime de violences de sa part, elle a ensuite compris que ce dernier entretenait une relation extra conjugale, ce qui la mis hors d’elle et l’a conduit à accomplir le geste auquel elle n’avait fait jusqu’alors que penser. On découvre ensuite que Micky n’est pas mort, ce dernier réclamera l’argent de l’assurance en menaçant Linda de la dénoncer pour tentative de meurtre. Cette tentative sera réitérée, cette fois-ci par Linda et ses amies qui l’aideront dans sa démarche.

On est face à une femme démunie, battue et humiliée, cela se doit d’être dénoncé. En revanche, on se trouve aussi confronté à un meurtre avec préméditation qui semble cautionné tant par les amies de Linda que par les créateurs de la série elle-même. La violence conjugale est présentée comme un motif valable, pourtant c’est afin d’éviter la prison, garder l’argent et se débarrasser d’un problème envahissant que Linda assassinera son mari – pour la deuxième fois. Aucune autre alternative n’est envisagée et le crime commis en semble presque légitime. Reste à savoir, si une suite venait à voir le jour, comment les scénaristes se saisiraient à nouveau de ces éléments.

* Fin des spoilers *

  • En conclusion 

Une série dont les qualités sont vite écrasées par une enquête hasardeuse et un dénouement qui peut clairement mettre mal à l’aise selon ses propres convictions. Drame, comédie ou enquête, difficile de savoir ce qu’ont véritablement voulu transmettre les créateurs de cette série qui ne tient la route que grâce aux personnalités affirmées de ces trois femmes perdues dans un scénario au rythme inégal. Cela aurait pu être un fiasco mais l’ensemble reste plaisant à regarder car si l’on peine à s’attacher réellement à nos héroïne, on prend tout de même plaisir à suivre leur périple incongru vers la vérité. Notre note : 3/5

Littlepoppy

Littlepoppy

Marie, 26 ans, infirmière en région parisienne qui se prend au choix pour Sybil Grantham ou Anne Shirley. Mon quotidien s'organise autour du travail, des sorties et de mes passions comme la lecture, le cinéma, les séries TV et la couture. Je fonctionne au coup de cœur et malgré son succès je ne me force pas à poursuivre une série qui ne me passionne pas (mes excuses à Game of Thrones et The Walking Dead). Je n'ai donc pas vraiment de genre préféré, ayant suivi avec bonheur tant Downton Abbey que American Horror Story, Once Upon A Time que True Blood... Je tiens un petit blog avec amour dont le titre rend hommage à l'un de mes grands classiques cinéma des années 90 : Bangarang Daily.

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