La Forêt : l’avis de la rédac’ sur la saison 1 !

Véritable succès d’audience pour France 3, la mini-série française La Forêt s’est achevée le 5 décembre dernier sur la révélation du meurtrier qui terrorisait le village de Montfaucon. Après vous avoir livré notre avis sur le pilote, voici notre critique de la première saison de la série dans son intégralité.

*** Attention, cet article contient des spoilers ***

 

  • Une atmosphère envoûtante

Dès le pilote, nous sommes plongés dans l’univers brumeux et envoûtant de La Forêt. Seulement voilà : le show n’est pas sans nous rappeler BroadchurchZone Blanche ou Jordskott, la forêt des disparusMais là où la mini-série se distingue, c’est qu’elle parvient à faire de la forêt bien plus qu’un décor : c’est un réel personnage. Elle semble garder des secrets, notamment celui du passé d’Eve Mendel (Alexia Barlier), et terrifie les habitants de Montfaucon, petit village des Ardennes où se déroule l’action. La Forêt est un polar sombre, parfois même glauque, qui n’est pas sans rappeler les séries policières nordiques comme The Killing. L’aspect brumeux, la palette de couleurs sombres et les ressorts dramatiques confèrent à la série une atmosphère unique et envoûtante. On sent l’application de la créatrice, Delinda Jacobs, quant au choix de l’esthétique, de la réalisation, de la scénographie et de la photographie. Alors qu’on pourrait penser que la forme prévaut sur le fond, il n’en n’est rien car l’intrigue nous tient en haleine sur les 6 épisodes que la mini-série propose. Basée sur la disparition d’une adolescente, l’histoire prendra d’autres tournants comme nous allons l’aborder dans le point suivant.

 

  • Des sujets de société divers

La disparition d’enfant est un thème banal et de plus en plus commun des séries policières. Comment une série peut alors se différencier d’une autre? Eh bien, comme nous venons de le voir dans le point précédent, par le choix de l’esthétique mais également en abordant d’autres sujets de société plus délicats. La Forêt arrive ainsi à traiter de la prostitution infantileà travers les personnages de Maya (Martha Canga Antonio), Jennifer (Isis Guillaume) et Océane (Inès Bailly) de manière assez juste sans trop en faire dans le mélodramatique ni sans tomber dans le cliché non plus. Tout cela apporte de la crédibilité au récit. Autre thème abordé à travers le personnage de Vincent, interprété par Frédéric Diefenthal : le détournement de mineur, qui est en plus un adultère. L’acteur trouve le ton juste pour incarner ce personnage qui nous inspire pourtant du dégoût… Frédéric Diefenthal arrive à nous montrer les failles et les faiblesses du personnage qu’il incarne, le rendant au final humain à nos yeux, bien que fautif et non excusable. On regrettera cependant que l’histoire soit parfois fantaisiste, notamment avec Eve, le loup blanc et le mystère tordu de son passé. Le côté sauvage avec le récit d’une enfant qui a grandi dans la forêt, qui plus est amnésique, prise au sous l’aile d’un asocial, et dont la mère se fait tuer par un serial killer quasi sous ses yeux nous donne l’impression de trop en faire. Et pourtant c’est sans doute la storyline d’Eve Mendel qui réussira à captiver le plus les téléspectateurs grâce à son aspect mystérieux et quelque part impossible. Eve Mendel est probablement le personnage qui suscite le plus l’empathie nous allons le voir dans notre dernier point.

 

  • Des personnages à l’intérêt inégal

À commencer par l’horripilante Virginie Musso (Suzanne Clément) : mauvaise gendarme qui se laisse guider par ses émotions, qui ne sait pas être impartiale, qui vomit sur la scène de crime et qui menace même un suspect. Cependant, ces aspects du personnage lui apporte de la crédibilité et nous change des séries américaines classiques avec les super policiers qui n’ont peur de rien, qui ont tout vu et qui sont blasés ! Virginie apporte de l’humanité là où son capitaine Gaspard Deker (Samuel Labarthe) représente tout le contraire : un peu bourru, et justement blasé par son métier (comme il l’avouera à sa fille, il “n’aime pas cette enquête”). De plus, on a beaucoup de mal à croire au couple que Virginie forme avec son mari Vincent, en raison d’un manque d’alchimie entre les acteurs. Frédéric Diefenthal est ici à contre emploi dans le rôle d’un homme qui trompe sa femme avec une jeune fille de 16 ans et l’acteur s’avère convaincant. Comme évoqué précédemment, nous sommes davantage séduits par le personnage d’Eve que par celui de Virginie. Le personnage est mystérieux, une vraie fille de la forêt avec un lourd passé mais qui l’ignore complètement et dont le passé est 100 % lié à l’enquête en cours. On remercie les scénaristes de ne pas avoir fait terminer Eve avec le capitaine Deker – bien qu’on sente une attirance des personnages l’un envers l’autre – car cela aurait été trop cliché et surtout trop rapide. Mais pourquoi pas les rapprocher dans une seconde saison, s’il y a. Quant aux personnages secondaires, Manoa (Gaëtan Lejeune) réussit à capter notre attention bien qu’on aurait aimé que le personnage soit un peu plus exploré. Toutefois sa mort relance l’enquête. Comme dans tout bon polar, chacun semble avoir quelque chose à cacher (comme par exemple la pharmacienne). Cependant, tous les personnages ne retiennent pas toute notre attention de manière égale, soit en raison du manque de charisme de l’acteur soit parce que celui-ci n’est pas convaincu ni transcendé par son personnage et nous offre alors une prestation basique, soit tout simplement car le personnage est mal écrit ou inintéressant. Cela ne nous empêche toutefois pas d’apprécier la série à sa juste valeur.

  • En conclusion

Points positifs :
– l’atmosphère mystérieuse et intrigante
– l’importance donnée à la forêt

Points négatifs :
– le personnage de Virginie Musso
– des épisodes à l’action parfois lente

Note : 4/5. Premier essai concluant pour La Forêt malgré des ressemblances avec des séries existantes. La mini-série trouve malgré tout son identité et nous embarque avec elle dans ses mystères, que nous suivrons dans une seconde saison en cas de renouvellement par France 3. On comprend donc parfaitement pourquoi cette création originale française a raflé le Prix de la Meilleure Série (format 52′) au dernier Festival de la Fiction TV de La Rochelle !

Setsuna

Setsuna

Passionnée de séries américaines depuis toute petite, je suis tombée dans la marmite avec Beverly Hills 90210 et Lois & Clark. Ont suivi Buffy, Charmed, Le Caméléon, Roswell… Assez éclectique, je peux aussi bien regarder Sex and the City que Stargate SG-1. J’ai toutefois une préférence pour le genre fantastique, le quotidien réaliste m’ennuyant quelque peu… Les séries représentent beaucoup pour moi : on s’identifie aux personnages, ils nous font grandir en nous inspirant leur force (Sydney Bristow, Alias) et certains moments qu’ils vivent nous aident à traverser nos propres épreuves. Voilà donc pourquoi je tenais à leur rendre hommage en participant à ce site !

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