Extinct : l’avis de la rédac’ sur la saison 1 !

Série de science-fiction post-apocalyptique et dystopique, Extinct s’est terminée le 19 novembre dernier par un double épisode final sur la chaîne américaine de satellite BYU Television, dont elle est une création originale. Pour rappel, voici le pitch : 400 ans après l’extinction de la race humaine suite à une invasion extraterrestre, deux hommes et une femme sont génétiquement recréés (“reborn”) par une civilisation inconnue afin de faire renaître notre espèce. Tous trois sont confrontés à la triste réalité : leurs proches ont disparu depuis longtemps ainsi que le monde qu’ils ont connu. Ils vont pourtant devoir être solidaires pour rejoindre « la colonie » composée d’autres êtres humains recréés. Mais tout ne se passera pas comme prévu…

A la rédac’ nous avions été séduits par le pilote et nous avions donc continué la série. L’heure est désormais venue de faire le bilan de cette première saison.

 

  • Une histoire bien ficelée 

Le pilote posait clairement les bases de l’intrigue et la suite de la saison ne déçoit pas. C’est un univers à la mythologie bien développée dans lequel nous emmènent les scénaristes de la série. Notre curiosité est titillée à chaque épisode et nous avons le désir d’en savoir toujours plus sur ces mystérieuses renaissances d’humains, sur les commanditaires des drones (appelés “Originators”) ou encore sur les “Skin Riders”. Extinct est un show bien écrit et bien construit. Plus les épisodes avancent, plus l’histoire devient complexe en raison de l’arrivée de nouveaux personnages sur lesquels on veut en savoir plus et qui se trouvent être liés aux “reborn”. Par exemple, on découvre dans l’épisode 2, Brother’s Keeper, que [SPOILER] Duncan (Jake Stormoen), l’un des Skin Rider, n’est autre que le compagnon de Feena (Victoria Atkin), tout comme dans le pilote on apprenait que Silas (Jack DePew), le leader des Skin Riders, n’était autre que le frère d’Ezra (Chad Michael Collins) [FIN DU SPOILER]. De plus, la plupart des épisodes nous laissent sur notre faim et nous donnent envie d’enchaîner directement avec le suivant. Les twists et révélations ne sont pas en reste et pullulent à chaque épisode, en raison du format de la série. En effet, le format court oblige les scénaristes à nous donner de la matière sans étendre le suspense sur plusieurs épisodes comme d’autres shows d’une vingtaine d’épisodes peuvent le faire. Seule l’identité des commanditaires de la renaissance des humains tarde à être dévoilée. La saison se finit par ailleurs sur d’étonnantes révélations qui laissent le téléspectateur avec bien plus de questions que de réponses !

 

  • Un hommage aux séries du genre

Abordant des thèmes classiques du genre tels que le virus mortel qui décime tout un peuple dans l’épisode 2, ou plus largement celui de l’invasion extraterrestre suivie de l’extinction de la race humaine, Extinct s’inscrit dans la lignée des shows de science-fiction populaires. Certains évoqueront les séries Farscape, Falling Skies d’autres les films The HostFirst Wave ou La Cinquième Vague mais on pense principalement à Stargate SG-1 pour diverses raisons : l’arche aperçue dans le pilote, l’obélisque et ses symboles aliens, la forme des armes, les cristaux qui sont une forme de vie extraterrestre et surtout les parasites implantés dans la nuque des Skin Riders. Ainsi, les drones Red (Kirby Heyborne) et Yellow (Anna Vocino) sont ici des personnages à part entière et se montrent assez flous avec nos protagonistes et semblent cacher leurs réelles intentions… Mais peut-on réellement parler d’intention pour des intelligences artificielles créées pour obéir ? Comme le dit par ailleurs Yellow à Ezra, les intelligences artificielles étaient peut-être tenues d’obéir aux humains à son époque mais ce n’est plus le cas depuis longtemps… La thématique de l’identité est également abordée via la lutte des hôtes humains possédés par le cristal parasite. Ainsi, là où [SPOILER] Duncan semble avoir retrouvé le contrôle, Jax (Matthew Bellows) s’avère bien plus complexe et malgré les apparitions de sa femme, il ne fléchit pas et dans l’épisode 6, True or False, bien que The Ancestor (les cristaux parasites, ndlr) lui expliquent qu’il faut avoir une relation symbiotique avec son hôte, lui parle de dominer l’humain. Silas en paiera les frais également dans l’épisode 7, Of Two Minds, libéré temporairement de l’emprise de son parasite par Red mais condamné à mourir [FIN DU SPOILER]. Quant à l’Obélisque, elle est un outil de communication entre les Originators et les humains dont l’interprète n’est autre qu’Abram (Yorke Fryer). Ainsi, s’il y a évocation d’autres productions de science-fiction, la série a sa propre identité et l’histoire reste tout à fait originale.

 

  • De l’action constante

L’action est omniprésente dans les 10 épisodes de cette première saison. On ne s’ennuie jamais, malgré des moments un peu plus mous que d’autres. L’action se passe en deux temps : le présent, et les flashbacks, chaque fois centrés sur un protagoniste différent et qui nous permettent de comprendre le passé des personnages ainsi que l’extinction de la race humaine. On comprend alors dans l’épisode 7 que tous sont liés par une personne : [SPOILER]. Eleanore (Anne Sward), la mère d’Ezra et Silas qui travaillait avec Duncan pour la survie de l’humanité [FIN DU SPOILER]. On ignore cependant si cette même personne contrôle l’Obélisque mais cet artefact sert de prétexte à l’action dans les premiers épisodes. En effet, dès l’épisode 3, The Contract, l’Obélisque passe une sorte de contrat avec Ezra, Feena et Abram, qu’ils doivent accepter s’ils souhaitent que d’autres humains soient recréés afin de repeupler la Terre. C’est ainsi que nos trois protagonistes partent en missions ponctuelles, qu’ils n’arriveront pas toujours à mener à bien, mais qui permettront à l’intrigue d’avancer. Les combats ont également la part belle dans le show puisque l’on assiste à des bribes de la guerre humains/aliens dans les flashbacks, et au conflit entre les Reborn et les Skin Riders dans le présent. Ezra ressemble donc à un Robin des Bois moderne avec son arc et ses flèches, tout comme [SPOILER] sa fille Kylie (Bailee Michelle Johnson), toujours vivante, tandis que Lynn (Jaclyn Hales), recréée dans l’épisode 4, Reunion, préférera une lance [FIN DU SPOILER] et les Skin Riders leurs armes technologiques de pointe. Seul Abram, (auto-)désigné prêcheur s’avère pacifiste et ne lèvera qu’occasionnellement la main sur l’ennemi. C’est par conséquent lui qui nous offre les moments les plus posés et parfois longuets de la saison, comme dans l’épisode 5, Broken, qui explore son passé, ou le 9ème, Wounds, où il rend visite à Silas plusieurs fois dans une église. Certains passages ne sont au final pas nécessaires mais n’entachent ni l’action, ni l’intrigue dans leur ensemble.

 

  • Un manque regrettable de moyens

Malheureusement, malgré toutes ses qualités, le show souffre d’un manque regrettable de budget. Bien qu’on puisse applaudir l’initiative des showrunners d’avoir choisi de tourner en décors naturels (ou une post-production sur fond vert aurait-elle coûté davantage ?), le rendu est assez simpliste et les effets spéciaux restent relativement basiques. La bande-son aurait également gagné à être plus travaillée afin de retranscrire une atmosphère globale bien particulière. On se montrera tout de même séduits par certaines scènes, notamment dans l’épisode 5 avec de jolis paysages enneigés -qui changent des décors en carton-pâte avec des bouts de polystyrène blancs !- ou l’épisode 6 lorsque Jax va rendre visite à The Ancestor (cf. image ci-dessous). Du côté des acteurs, aucun d’entre eux n’est populaire, et ils sont pour la plupart totalement inconnus au bataillon des séries. Certains pèchent donc par un manque de charisme ou de conviction dans leur jeu, ce qui impacte leurs personnages et les rend fades. Malgré tous ses défauts, la série se laisse pourtant regarder et nous embarque avec elle dans ses péripéties !

 

  • En conclusion

Points positifs :
– la mythologie créée autour de la série
– le générique
– les personnages de Duncan et Jax, les plus complexes de tous

Points négatifs :
– le manque de charisme de certains acteurs
– les effets spéciaux assez basiques

Note : 3,5/5. Malgré un manque évident de moyens et certains personnages plus fades que d’autres, Extinct est une honorable série de science-fiction, qui délivre action, rebondissements et mythologie développée où l’on ne s’ennuie pas une seconde. On sent que les scénaristes savent où ils vont et cela fait plaisir à voir ! La saison 1 s’étant terminée sur d’importantes révélations, il ne reste plus qu’à espérer qu’une seconde saison sera bientôt mise en chantier par BYU Television… 

Setsuna

Setsuna

Passionnée de séries américaines depuis toute petite, je suis tombée dans la marmite avec Beverly Hills 90210 et Lois & Clark. Ont suivi Buffy, Charmed, Le Caméléon, Roswell… Assez éclectique, je peux aussi bien regarder Sex and the City que Stargate SG-1. J’ai toutefois une préférence pour le genre fantastique, le quotidien réaliste m’ennuyant quelque peu… Les séries représentent beaucoup pour moi : on s’identifie aux personnages, ils nous font grandir en nous inspirant leur force (Sydney Bristow, Alias) et certains moments qu’ils vivent nous aident à traverser nos propres épreuves. Voilà donc pourquoi je tenais à leur rendre hommage en participant à ce site !

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