Contact (TF1) : l’avis de la rédac’ sur la saison 1 !

La première saison de la série française Contact vient de s’achever, deux ans après la diffusion du double épisode pilote. L’histoire, la voici : Thomas Adam (Thomas Jouannet), doué de psychométrie (un don qui lui permet de voir les souvenirs des gens à travers les objets qu’ils touchent, ndlr) décide de venir en aide à son frère Eric (Alexis Loret), Lieutenant de la brigade criminelle d’Aix-en-Provence, dans ses enquêtes. Les deux hommes vont alors tenter de retrouver l’assassin de leurs parents, dix ans après les faits. Mais à la fin du pilote, Eric est victime d’une tentative de meurtre et se retrouve à l’hôpital. La seconde partie de la saison a débuté le jeudi 12 octobre et s’est terminée ce jeudi 26 octobre. Voici l’avis de la rédac’ sur l’intégralité de cette première saison.

 

  • Une série basée sur une relation fraternelle

Fait original pour une série policière : les deux enquêteurs et protagonistes principaux sont frères. Les tandems policiers sont pour la plupart composés de simples équipiers, le plus souvent un homme et une femme et ce, afin de créer une tension amoureuse tout au long de la série (à l’instar de Bones ou Castle par exemple). Or ici il n’en est rien et la série préfère s’appuyer sur une relation fraternelle, plutôt complexe dans un premier temps mais qui s’apaise au fil des épisodes. Thomas, le frère aîné, est le plus tête brûlée des deux puisqu’il n’a pas hésité à tuer l’assassin de leurs parents, un dénommé Fournier, 15 ans auparavant. Il a donc été emprisonné aux Etats-Unis, lieu du crime, puis relâché par le FBI grâce à son don et travaille désormais comme consultant, ce qui n’est pas sans rappeler White Collar. Cependant l’expérience de Thomas au FBI n’est aucunement montrée et n’est évoquée uniquement que pour situer le contexte présent : il a regagné la France clandestinement car son frère avait été menacé de mort par le complice présumé de Fournier. Quant à Eric, Lieutenant de la brigade criminelle, il est l’opposé de Thomas puisqu’il est ancré dans une stabilité familiale et professionnelle, et rentre davantage dans les normes que son grand frère. D’abord réticent à croire Thomas concernant les menaces reçues, il se fera pourtant tirer dessus en fin de pilote. Dès lors, la relation entre les deux va évoluer de façon positive et Eric ira même jusqu’à [SPOILER] pleurer son frère lorsque celui-ci se fera arrêter dans l’épisode final, Dans les murs. Par ailleurs, Thomas n’hésitera pas à sacrifier sa liberté personnelle par amour, comme le lui fait remarquer la Capitaine Louise Martel (Sara Mortensen) dans ce même épisode. 

Solidaires face à leur ennemi commun, les frères Adam connaissent également des moments de tension en raison de leurs désaccords sur la marche à suivre, Thomas étant moins conformiste qu’Eric, notamment dans l’épisode Romain, où Thomas utilise le chantage pour parvenir à ses fins. Mais les moments d’émotion ont également la part belle dans la série, notamment dans le double épisode pilote où Eric exprime toute sa rancœur envers son frère qui l’a abandonné pour suivre sa vendetta. On remarquera par la même occasion que les scènes d’émotion sont souvent délivrées par le biais du personnage d’Eric, que ce soit avec sa femme (L’homme sans visage), avec son frère (Romain) ou avec sa fille (Tatouages) De plus, chose étonnante, le héros n’a aucune relation sentimentale et n’est défini qu’à travers sa relation avec son frère et sa nièce, Maya (Louvia Bachelier). La dynamique entre Thomas et Maya est d’ailleurs l’un des bons points de cette saison, mais on regrettera cependant que la jeune fille ait plus d’interactions avec son oncle qu’avec son père. Ne parlons pas de la femme d’Eric, Nathalie (Amélie Remacle), qui est malheureusement complétement inutile à l’intrigue. En bref, la série se concentre principalement exclusivement sur la relation entre les frères Adam et sur leur quête de vérité et de justice.

 

  • Un aspect paranormal qui gagnerait à être davantage exploité

Outre le duo de frères enquêteurs, la deuxième particularité de la série tient dans son aspect paranormal. Cependant, le don de psychométrie de Thomas est sous-exploité puisqu’il semble ne servir que de raccourci au déroulement des enquêtes. Dans la même veine, nous n’avons aucune explication sur l’origine de son don ni sur son fonctionnement. On sait juste que les objets laissent une empreinte psychique, qui permettent à Thomas de lire les souvenirs de la personne ayant touché cet objet. Mais s’il touche une deuxième fois cet objet, verra-t-il quelque chose ? Si oui, autre chose ? Et s’il touche un autre objet appartenant à la même personne, voit-il les mêmes souvenirs ou d’autres ? Beaucoup de questions non-exploitées qui gagneraient à être répondues dans une éventuelle saison 2. On apprend tout de même que Thomas ressent les émotions liées aux souvenirs qu’il lit dans les objets, et que sa nièce Maya semble elle aussi « sentir » des choses. Ces deux points aussi gagneraient à être développés en cas de renouvellement du show. L’aspect paranormal est donc un point positif mais entaché par son manque d’approfondissement. C’est ainsi que Thomas n’a toujours que des bribes d’images et jamais d’images nettes des souvenirs qu’il voit, et ce car il serait évidemment trop facile de retrouver le coupable, mais cet élément est tourné en dérision via le personnage d’Eric, qui fait remarquer à son frère de façon humoristique : « Dommage que tu ne vois pas directement un numéro de téléphone ou une adresse ». Le pouvoir de Thomas, bien qu’intéressant, semble au final n’être qu’une facilité scénaristique et demanderait à être exploré en cas de saison 2.

 

  • Un fil rouge haletant

Contrairement à d’autres séries policières françaises, Contact se distingue par son fil rouge, à l’instar de The Mentalist. En effet, bien que chaque épisode nous emmène vers une enquête indépendante de la précédente, la trame principale reste de mise tout au long des 8 épisodes : retrouver l’assassin des parents des frères Adam et chercher à savoir si Isabelle, la petite sœur disparue présumée morte, serait toujours vivante. Dans le double pilote, le tueur refait surface en tirant sur Eric puis à la fin de l’épisode L’homme sans visage, l’un des personnages principaux se fait assassiner par ce même tueur. A noter la prise de risque énorme d’évincer si rapidement un pilier de la série. Par la suite, l’enquête avance rapidement puisqu’elle est officiellement rouverte et qu’un suspect est même placé en garde à vue. Toutefois, on arrive à souhaiter que l’enquête « ordinaire » de chaque épisode soit vite expédiée afin de voir le fil rouge progresser. L’arrivée de Louise Martel relance la donne et amène du piment à l’intrigue puisqu’elle met des bâtons dans les roues de l’équipe, bien décidée à continuer l’enquête. Cela mènera nos protagonistes à un ultime rebondissement dans le dernier épisode, laissant le téléspectateur sur sa fin.

 

  • Une réalisation soignée

De très belles images, une bande-son adéquate, une dose de suspense… La réalisation de Contact est particulièrement soignée, notamment grâce aux splendides paysages qui servent de décors naturels à l’intrigue. Mais ce n’est pas tout : les visions de Thomas sont parfaitement retranscrites à travers un voile flou, des bruits indistincts et des bribes d’images qui permettent au téléspectateur de se mettre dans la peau du psychomètre. De plus, les choix sont parfois osés notamment dans l’épisode 3 où l’on nous montre un homme qui s’est fait ôter le visage ou la fin de ce même épisode où l’on découvre le sort réservé à l’un des personnages principaux. On appréciera également la bande-son. La plupart des épisodes se terminent en effet sur une note finale triste, et la musique accompagne cette sensation de mélancolie ou d’injustice que l’on peut ressentir.

 

  • En conclusion

Points positifs :
– le format court
– le fil rouge
– les multiples rebondissements

Points négatifs :
– l’identité du tueur, trop prévisible
– la rapidité avec laquelle sont résolues les enquêtes, décrédibilisant quelque peu la série

Note : 3,5/5. Contact est une série policière atypique, qui se distingue par son duo de frères enquêteurs et son aspect paranormal. Divertissante, prenante et haletante, la série mériterait une saison 2, notamment suite au cliffhanger final, qui permettrait de développer davantage les points intéressants inexplorés de cette première saison. 

NB : A l’occasion du lancement de la saison, Alexis Loret, l’interprète d’Eric Adam, a accordé une interview à Just About TV. Vous pouvez la retrouver ici.

Setsuna

Setsuna

Passionnée de séries américaines depuis toute petite, je suis tombée dans la marmite avec Beverly Hills 90210 et Lois & Clark. Ont suivi Buffy, Charmed, Le Caméléon, Roswell… Assez éclectique, je peux aussi bien regarder Sex and the City que Stargate SG-1. J’ai toutefois une préférence pour le genre fantastique, le quotidien réaliste m’ennuyant quelque peu… Les séries représentent beaucoup pour moi : on s’identifie aux personnages, ils nous font grandir en nous inspirant leur force (Sydney Bristow, Alias) et certains moments qu’ils vivent nous aident à traverser nos propres épreuves. Voilà donc pourquoi je tenais à leur rendre hommage en participant à ce site !

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