Beyond : l’avis de la rédac’ sur la saison 1 !

Diffusée sur Syfy France depuis le 27 février dernier, la première saison de Beyond s’est achevée et laisse déjà sa place à la seconde saison du show chaque mardi dès 20h55. Créée par Adam Nussdorf (Tron) et produite par Tim Kring (Heroes) et David Eick (Battlestar Galactica), la série explore le thème du surnaturel et des dimensions parallèles et suit l’histoire de Holden Matthews (Burkely Duffield), un jeune homme qui se réveille de 12 ans de coma dont il ne garde aucun souvenir. Il se découvrira alors d’étranges pouvoirs et sera la cible d’un complot qui le dépasse totalement. Après vous avoir fait la critique du pilote, voici notre avis sur l’intégralité de la saison.

*** Attention, cet article contient des spoilers ***

 

  • Holden Matthews, un Candide moderne

Figure de proue de la série, Holden est le gentil garçon par excellence : fils et frère aimant, il est innocent d’âme, honnête, et veut toujours bien faire. Pour couronner le tout, il est relativement naïf et pas très dégourdi… Un héros somme toute assez transparent et linéaire dans la lignée des Clark Kent de Smallville ou Dawson dans la série éponyme. Son interprète Burkely Duffield fait visiblement tout ce qu’il peut mais manque peut-être de prestance pour faire oublier l’ennui que suscite son personnage… Plutôt spectateur de ce qui lui arrive pendant les trois premiers quarts de la saison, Holden prend enfin conscience de ses pouvoirs à la fin, rendant le personnage plus intéressant. En effet, voir “l’élu” en pleine possession de ses moyens pimente davantage l’épisode que de la voir passif et perdu. N’oublions tout de même pas que le protagoniste se réveille de douze années de coma et qu’il doit s’adapter au monde dans lequel il vit et tout réapprendre. Cependant, à notre grand étonnement, Holden collectionne les relations amoureuses et change de petite amie tous les trois épisodes. En effet, d’abord embarqué dans une amourette avec Jamie (Emilija Baranac), une copine de fac de son frère,  il se rappellera de ses sentiments pour Willa (Dilan Gwyn) dans le Royaume et courra la retrouver pour la délaisser aussi vite, puis il se tournera vers Charlie (Eden Brolin), première fille avec qui il passera la nuit, pour ensuite revenir vers Willa ! Toutefois, en présence du personnage de Charlie, Holden s’avère bien plus développé et attachant, puisqu’on le voit sourire quasiment pour la première fois ! L’attirance de Holden pour Charlie s’étant épanouie après son réveil tandis que celle pour Willa date de son voyage dans le Royaume de l’au-delà, on pourrait donc affirmer que sa relation avec Charlie est ancrée dans la réalité mais que celle avec Willa s’apparente plus à un fantasme venant d’un monde fictif. Ces deux visions opposées représentent également le dilemme de Holden : vie réelle ou Royaume ? Holden devra probablement faire un choix entre les deux en seconde saison… En bref, Holden est un Candide moderne, plutôt lisse et ennuyeux qui ne gagnerait qu’à être développé, étant donné le potentiel du personnage. Cependant, Holden ne pénalise pas notre visionnage, Beyond ayant d’autres qualités nous donnant envie de regarder.

 

  • Une mythologie qui gagnerait à être développée

Beyond a du potentiel, comme son personnage principal, mais ne semble pas l’exploiter entièrement. En effet, beaucoup de questions sont soulevées tout au long de la saison mais restent pour la plupart sans réponses. A commencer par une question toute simple : Holden est l’élu certes, mais l’élu de quoi ? Quelle est sa mission ? Il en est de même pour ses pouvoirs : quels sont-ils réellement ? Est-il psychokinésiste, télékinésiste ou contrôle-t-il les éléments (puisque dans un flashaback de l’épisode 8, il contrôle le feu, tandis que dans l’épisode 10, il contrôle la glace…) ? Parmi les autres questions que l’on se pose : quel est le lien entre Charlie et Arthur (Alex Diakun) ? Pourquoi celui-ci s’est-il finalement réveillé ? Quant au Royaume, nous en savons au final très peu sur cet endroit mystérieux qui témoigne d’un plan d’existence parallèle et nous le voyons principalement sous forme de flashbacks où les décors diffèrent à chaque fois (jungle, glace, ville futuriste, temple à la Indiana Jones…) sans être particulièrement exploités. Les dangers que le Royaume regorge nous laissent également interrogatifs puisqu’on ne cesse de se demander ce que veut le loup que l’on aperçoit toute la saison et qui se transforme au final en homme sans visage ainsi que les ombres qui traversent le pont dans le dernier épisode… Concernant la réalisation, elle pèche fortement lorsque les scènes se déroulent dans le Royaume : fonds verts, décors en carton-pâte, jeux de lumières pour pallier un manque de décors, effets spéciaux à petit budget… A l’inverse, le slow motion dédié aux pouvoirs de Holden dans le monde réel (comme dans le pilote ou l’épisode 7) montre un travail beaucoup plus soigné. On appréciera également les références à Stranger Things : la scène de la course poursuite en voiture du pilote avec Holden en deux-roues la nuit, Holden saignant du nez en utilisant ses pouvoirs, la voiture renversée dans l’épisode final comme le fait Eleven.

On dénote cependant d’autres soucis de réalisation : les incohérence liées à la rencontre entre Holden et Willa dans le Royaume puisqu’ils sont tous deux adultes alors que Holden est censé être un adolescent et Willa aussi puisqu’ils ont environ le même âge, tout comme la photo de Holden diffusée à la télévision lorsqu’il sort du coma, alors qu’il est techniquement impossible qu’une photo de lui adulte ait été prise avant son réveil… Cette inégalité dans la réalisation se ressent également dans tous les aspects de la série en général  (que ce soit pour l’acting, l’intrigue ou la qualité des épisodes) qui méritent d’être approfondis, Beyond contenant de nombreuses bonnes idées, qui partent parfois dans tous les sens. On a ainsi du mal à comprendre quel est vraiment le fil rouge et où les scénaristes veulent nous emmener mais la série reste divertissante. Vers la fin de saison, l’histoire semble se perdre en chemin et nous propose des épisodes qui digresse de l’intrigue principale, à l’instar du huitième qui s’avère être une sorte de huis clos dans une pharmacie oscillant entre flashbacks et références cinématographiques. Malgré une mythologie du Royaume assez floue qui mériterait d’être davantage développée, la première saison de Beyond foisonne de pistes intéressantes (un plan d’existence parallèle, un élu, des ennemis qui veulent en profiter lucrativement parlant) et s’achève sur un cliffhanger qui devrait nous permettre d’en découvrir plus sur le monde de l’au-delà en seconde saison…

 

  • Une série de science-fiction axée sur les relations humaines

Bien que Beyond soit une série de science-fiction, elle n’en reste pas moins un show familial. Dès le pilote, on observe Holden reprendre ses marques dans un contexte familial -tendu- notamment grâce à l’aide de son frère Luke (Jonathan Whitesell). La relation fraternelle est désormais inversée puisque Luke passe de petit frère à grand frère protecteur pour Holden qui a passé quasiment la moitié de sa vie dans le coma et qui ignore tout de la vie d’adulte. Le personnage de Luke prend part à l’action tout au long de la saison, alors qu’il ne sait même pas de quoi il retourne mais comme il le dit à son frère dans l’épisode final, “ce qui t’arrive m’arrive aussi parce que tu es mon frère”. Les parents des deux jeunes hommes, Diane (Romy Rosemont) et Tom (Michael McGrady), bien que plus effacés n’en sont pas moins présents et restent concernés par les problèmes de chacun de leurs enfants. Du côté de la famille de Willa, on a du mal à cerner le lien qu’entretient son grand-père Arthur avec Holden, de même qu’on se demande toujours ce qui unit Arthur et Charlie… Le père de Willa, Isaac Frost (Martin Donovan) s’avère être quant à lui l’antagoniste de la saison, dont le sort est laissé en suspens dans l’épisode final. Même les relations familiales de celui qui serait le “vrai méchant” du show, l’Homme à la Veste Jaune (Peter Kelamis), nous sont présentées. Une manière de nous dire qu’un père aimant peut être un tueur de sang-froid ? Parmi les alliés inattendus de Holden, on compte Jeff (Jeff Pierre), frère du défunt meilleur ami du héros, Kevin (Jordan Calloway), que l’on aurait pourtant aimé voir davantage. Jeff apporte une touche d’action et ses interactions avec la pharmacienne de l’épisode 8 nous ont donné envie d’apprendre à connaître davantage le personnage. Cependant, d’ordre général, on regrettera le coté Feux de l’Amour ou “Holden et ses drôles de dames” (cf. premier paragraphe) de la série, surtout que l’alchimie entre Luke et Willa aurait pu résulter d’une idée à creuser (triangle amoureux ou relation entre les deux personnages) et il aurait peut-être été plus intéressant de partir dans ce sens mais qui sait ce que nous réserve la seconde saison ! Au final, l’aspect humain aurait tendance à parfois prendre le dessus sur l’aspect surnaturel du show mais l’un ne va pas sans l’autre et Beyond arrive à trouver son équilibre dans ce mélange.

 

  • En conclusion

Points positifs :
– les personnages de Luke et Charlie, de loin les plus intéressants de la série
– la mythologie du Royaume

Points négatifs :
– le héros, ennuyeux au possible, et son interprète, manquant de prestance
– beaucoup de questions qui restent sans réponses

Note : 3/5. Bien que l’on ne comprenne pas toujours où nous emmènent les scénaristes tant les pistes divergent, la première saison de Beyond reste un bon divertissement qui touche un public familial. L’acting et la réalisation pèchent parfois mais l’ensemble reste agréable et la seconde saison comblera peut-être les lacunes de la première. Cependant, la série a été annulée et ne connaîtra pas de saison 3. Espérons donc que les aventures de Holden auront droit à une conclusion dans la saison 2, diffusée chaque mardi soir sur Syfy France dès 20h55.

Setsuna

Setsuna

Passionnée de séries américaines depuis toute petite, je suis tombée dans la marmite avec Beverly Hills 90210 et Lois & Clark. Ont suivi Buffy, Charmed, Le Caméléon, Roswell… Assez éclectique, je peux aussi bien regarder Sex and the City que Stargate SG-1. J’ai toutefois une préférence pour le genre fantastique, le quotidien réaliste m’ennuyant quelque peu… Les séries représentent beaucoup pour moi : on s’identifie aux personnages, ils nous font grandir en nous inspirant leur force (Sydney Bristow, Alias) et certains moments qu’ils vivent nous aident à traverser nos propres épreuves. Voilà donc pourquoi je tenais à leur rendre hommage en participant à ce site !

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