American Gothic : L’avis de la rédac’ sur la saison 1 !

American Gothic, la série estivale produite par Steven Spielberg, s’est achevée ce mercredi 7 septembre sur CBS. Retour en détails sur une saison déroutante.
Petite particularité de la série : chaque titre d’épisode -y compris le titre-même de la série- est le nom d’un tableau, et ce tableau prend vie sous forme d’une scène de l’épisode.

 — Cet article contient des spoilers ! —

 

  • Un Cluedo grandeur nature

Dès le pilote (Arrangement in Grey and Black), nous voici plongés dans une atmosphère mystérieuse aux accents hitchcockiens et ce, pour notre plus grand plaisir. Avis aux amateurs de Cluedo : American Gothic s’annonce comme en être un grandeur nature ! A première vue, l’enquête semble très simple : le fameux tueur en série SBK « Silver Bell Killer » (le tueur à la cloche d’argent, ndlr) ne serait autre que le patriarche de la famille Hawthorne, Mitchell (Jamey Sheridan), qui décède en fin d’épisode, aidé par sa très énigmatique épouse Madeline (Virginia Madsen) qui n’hésite pas à tuer son mari de sang froid pour garder enfoui de précieux secrets … Affaire bouclée. Mais à première vue seulement car le jeune détective Brady Ross (Elliot Knight), qui n’est autre que l’époux de Tessa Hawthorne (Megan Ketch), la fille du tueur présumé, continue de creuser afin de dénoncer le VRAI coupable. En effet, il a des raisons de penser que Mitchell Hawthorne n’était pas réellement SBK … Nous voici donc lancés dans un Cluedo géant, au sein même de la famille Hawthorne ! Qui du père, de la mère, des deux sœurs ou des deux frères a du sang sur les mains ? 

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  • Des personnages hauts en couleur

A commencer par le petit Jack (Gabriel Bateman), fils du plus jeune des frères Hawthorne, Cam (Justin Chatwin) et de son épouse Sophie (Stephanie Leonidas). En partant du principe que ses deux parents sont toxicomanes, on s’étonne moins de voir le goût prononcé du petit Jack pour le morbide. Dire que l’enfant est un psychopathe en devenir n’est pas très éloigné de la vérité puisqu’il tente quand même de noyer une de ses cousines (dans l’épisode The Gross Clinic), « juste pour voir quand l’oxygène quitterait le cerveau » … Son oncle, Garrett (Antony Starr), soulève quant à lui de nombreuses interrogations: de fils prodigue sur le retour à coupable tout désigné, quelle personnalité se cache réellement sous son masque de bourru antisocial ? Une chose est sûre : il sait quelque chose et sa mère fait tout pour l’empêcher de parler. Et que dire de la politicienne Alison (Juliet Rylance) ? Trompant son mari Tom (Dylan Bruce) avec son assistante Naomi (Maureen Sebastian), elle s’avérera être une redoutable candidate face à son opposant, le Maire Bill Conley (Enrico Colantoni) et n’hésitera pas à cruellement faire chanter la journaliste Jennifer Windham (Sarah Power). Tous cachent donc bien leur jeu et semblent tous suspects, Garrett bien davantage que les autres. 

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  • Une réalisation irréprochable

L’atmosphère pesante traduit la pression qui pèse sur les Hawthorne et le déchirement de la famille elle-même. Le suspense s’installe et le téléspectateur commence à suspecter tout le monde. La réalisation et la façon dont les acteurs sont dirigés sont les clés de cette ambiance. Par exemple, dans l’épisode The Chess Players, tout est fait pour nous faire douter des intentions de Garrett envers sa compagne Christina (Catalina Sandino Moreno), qui en réalité n’est autre que la fille de la dernière victime de SBK. Du camping nocturne dans les bois à l’enquête de Brady en parallèle, nous sommes plongés dans l’angoisse de ce qui pourrait arriver à Christina, mais les scénaristes ont plus d’un tour dans leur sac, et c’est Garrett qui finit poignardé ! De manière plus générale, les plans choisis et les jeux d’ombre et lumière nous immergent dans une ambiance digne des livres d’Agatha Christie !

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  • Des scénaristes qu’ils savent où ils vont

Comme le prouve le season finaleWhistler’s Mother, avec flashbacks à l’appui pour montrer aux téléspectateurs les indices parsemés tout le long de la saison sur l’identité du tueur. Il est clair que l’intrigue a été pensée sur la longueur, de l’épisode 1 à 13 et que les scénaristes savaient parfaitement où ils nous amenaient dès le départ ! Même les sous-intrigues sont en réalité liées à l’intrigue principale pour nous faire douter de tout et surtout de tout le monde. L’assassin est présent depuis le début dans cette famille déchirée et les révélations des épisodes 11, Freedom from Fear, et 12, Madame X, redistribuent toutes les cardes et font effondrer toutes nos théories pensées depuis le départ. Entre twists, révélations, retournements de situation, aucun répit dans cette première saison ! Seuls bémols : des facilités scénaristiques tels que des grossesses qui tombent à pic, un coupable tout désigné, ou un super flic qui a plus d’intuition que Columbo … La palme revenant au happy end du flash forward … Toutefois, dans l’ensemble, American Gothic est une série qui ne laisse pas de marbre : soit vous êtes complètement plongés dedans, soit vous passez votre chemin !

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  • En conclusion

Points positifs :
– l’atmosphère
– le choix des acteurs (mention spéciale au jeune Gabriel Bateman et à ses parents à l’écran, Stephanie Leonidas et Justin Chatwin)
– l’intrigue
– la réalisation

Points négatifs :
– le traitement du personnage de Garrett : de fils prodigue à coupable tout désigné …
– Brady super flic qui devine tout un peu trop facilement
– la grossesse sortie de nulle part de Christina qui donne un côté soap opera à un show qui n’en a pas besoin

Note : 4/5. Un petit bijou dans un écrin ! American Gothic est une série très bien ficelée, très bien écrite, très bien réalisée et très bien jouée. Que demander de plus ?

Setsuna

Setsuna

Passionnée de séries américaines depuis toute petite, je suis tombée dans la marmite avec Beverly Hills 90210 et Lois & Clark. Ont suivi Buffy, Charmed, Le Caméléon, Roswell… Assez éclectique, je peux aussi bien regarder Sex and the City que Stargate SG-1. J’ai toutefois une préférence pour le genre fantastique, le quotidien réaliste m’ennuyant quelque peu… Les séries représentent beaucoup pour moi : on s’identifie aux personnages, ils nous font grandir en nous inspirant leur force (Sydney Bristow, Alias) et certains moments qu’ils vivent nous aident à traverser nos propres épreuves. Voilà donc pourquoi je tenais à leur rendre hommage en participant à ce site !

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