Absentia : l’avis de la rédac’ sur la saison 2 !

La seconde saison d’Absentia, nouvelle série de Stana Katic (Castle), s’est achevée le 28 mai dernier sur la chaîne européenne AXN. L’an passé, nous vous faisions part de notre avis sur la saison 1, voici désormais notre critique de cette nouvelle salve d’épisodes inédits dans lesquels Emily Byrne reprend du service.

*** Attention, cet article contient des spoilers ***

 

  • De thriller noir à série policière

Alors que la première saison nous plongeait d’emblée dans une ambiance sombre et lugubre, la seconde saison nous égare quelque peu… De thriller noir, nous passons progressivement au genre policier -sur fond sentimental, il faut bien le dire. En effet, le début de saison 2 reprend l’atmosphère anxiogène que nous avions précédemment connue, cependant, au fur et à mesure que les épisodes avancent, le ton devient, non pas plus léger, mais plus formel, comme si la série n’assumait plus sa noirceur qui la définissait jusqu’alors. Pire même, les scènes glauques et morbides nous paraissent désormais gratuites (l’autopsie de la mère d’Emily sous ses yeux lors de l’épisode 3, le crâne explosé aux pieds d’Emily dans l’épisode 7…) et n’apportent rien à l’histoire, si ce n’est l’illusion de vouloir ressembler à la première saison… De plus, les relations amoureuses des personnages sont bien plus mises en avant, quitte à parfois empiéter sur l’intrigue principale.

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La faute à une volonté de se populariser ? Il est tout à fait possible qu’afin de toucher une cible d’audience plus large, le show se soit dirigé vers le genre policier par défaut… et ainsi perdre ce qui le rendait unique. L’explication pourrait venir de l’acquisition de la série par Amazon Prime Video, plateforme de streaming américaine, qui donne à Absentia une visibilité mondiale, bien loin de la première saison plus confidentielle tournée et diffusée en Europe de l’Est.

 

  • Un fil rouge indéfini

D’une saison parfaitement construite qui va du point A au point B, nous voici plongés dans une (absence d’) intrigue qui nous laisse dubitatifs… Emily semble entrer dans l’action « par accident » puisque, se sentant stalkée, elle va découvrir l’existence de sa mère biologique -aussitôt assassinée- dont le meurtre va la mettre sur la piste d’un tueur en série. D’ennemie publique n°1 et potentielle tueuse, Emily revient donc à son statut d’agent du FBI à mi-saison pour le bien de sa vendetta personnelle : venger sa mère. Nous avons ainsi l’impression qu’au lieu de reprendre le fil rouge défini en fin de saison 1 (à savoir : Emily est-elle vraiment la marionnette d’un serial killer après avoir été enlevée, torturée et lobotomisée par celui-ci durant ses 6 années de captivité ?), la piste s’éloigne de plus en plus et semble totalement inexplorée dans ces nouveaux épisodes…

Patrick Heusinger and Cara Theobold in Absentia (2017)

Cette saison 2 est par conséquent plus lente et même plus ennuyeuse par moment, surtout lorsqu’elle développe les personnages secondaires uniquement par le biais de leurs relations sentimentales. On devine donc facilement dès le début de saison la liaison naissante entre deux protagonistes, qui semble tout droit sortie d’un soap opera puisqu’il s’agit d’Alice (Cara Theobald), l’épouse de Nick (Patrick Heusinger) alias l’ex-mari d’Emily, et Jack (Neil Jackson), le frère d’Emily… Vous suivez toujours ? Parce que ce n’est pas tout ! Nous avons également droit aux histoires de couple du supérieur du FBI de Nick et Emily, ainsi qu’au flirt entre Nick et sa collègue profiler, et surtout aux amourettes d’Emily, allant de Tommy (Angel Bonanni), en passant éventuellement par Nick, pour arriver -très probablement- à Cal (Matthew Le Nevez), son nouveau partenaire du FBI. Fort heureusement, la série parvient à redresser la barre en fin de saison pour se concentrer sur l’intrigue principale, reliée à Emily par un rebondissement de dernière minute et à nous offrir un twist inattendu concernant l’un des personnages présents depuis le début du show !

 

  • Emily Byrne ou le syndrome du stress post-traumatique

C’est LE point fort de la série : Stana Katic, actrice principale et également productrice d’Absentia. Elle incarne parfaitement la très borderline Emily Byrne, qui doit vivre et composer avec son trauma et les conséquences de celui-ci dans sa vie quotidienne, que ce soit avec son fils Flynn (Patrick McAuley), dans ses relations sociales ou encore dans son travail lorsqu’elle est prise de soudaines crises de panique. Emily est auto-destructrice et toxique, et contamine tous ceux qui se rapprochent d’elle. C’est le cas de Tommy, policier présent depuis la saison 1, qui va l’aider dans son enquête personnelle jusqu’au point de rupture où Emily partira en total délire psychotique et agressera -presque mortellement- celui qui était son compagnon du moment. Ce dernier s’éloignera d’elle et connaîtra un funeste sort… Le personnage étant intéressant, c’est une lourde perte pour la série et nous ne pouvons que nous sentir lésés face à ce pseudo-suicide qui semble n’avoir été écrit que pour aggraver l’état de fragilité psychologique d’Emily afin qu’elle se sente coupable et subisse à nouveau le poids du décès d’un proche… De plus, cette mort laisse la porte ouverte à un nouveau love interest pour elle, en la personne de son collègue Cal.

Comme toujours, le personnage n’est présenté que dans les ténèbres, à l’image de son état d’esprit, et très rares sont les fois où Emily est vue à la lumière du jour. On le voit notamment dans l’épisode 1 de la saison, où elle fuit la luminosité de son appartement en fermant les volets, que son père tente de rouvrir malgré tout. En bref, Stana Katic campe toujours à la perfection le personnage et est toujours très juste dans la partition qu’on lui demande de composer, comme par exemple en fin d’épisode 8 lorsqu’elle réalise que le psychothérapeute de son fils n’est autre qu’un de ses ennemis.

 

En conclusion, cette seconde saison d’Absentia est beaucoup moins intense que la première et nous laisse parfois confus face à son changement de ton qui s’éloigne de l’essence même du show. En délaissant la storyline de son héroïne pour se consacrer aux relations sentimentales des personnages secondaires, la série tente de toucher un public plus large en s’assagissant. Toutefois, elle parvient en fin de saison à renouer avec elle-même, en offrant un dénouement aussi sombre qu’inattendu. Cette nouvelle saison est dispensable mais offre tout de même de bons épisodes, portés par une Stana Katic toujours aussi juste et touchante. Note : 3/5.

Setsuna

Setsuna

Passionnée de séries américaines depuis toute petite, je suis tombée dans la marmite avec Beverly Hills 90210 et Lois & Clark. Ont suivi Buffy, Charmed, Le Caméléon, Roswell… Assez éclectique, je peux aussi bien regarder Sex and the City que Stargate SG-1. J’ai toutefois une préférence pour le genre fantastique, le quotidien réaliste m’ennuyant quelque peu… Les séries représentent beaucoup pour moi : on s’identifie aux personnages, ils nous font grandir en nous inspirant leur force (Sydney Bristow, Alias) et certains moments qu’ils vivent nous aident à traverser nos propres épreuves. Voilà donc pourquoi je tenais à leur rendre hommage en participant à ce site !

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